Dans le cadre d’une récente étude, des chercheurs britanniques ont affirmé que la baignade sauvage en eau douce présente des risques accrus pour la santé. Ceci peut également être le cas dans des zones conformes aux actuelles normes européennes. Quels sont ces risques ?
Gastro-entérites et problèmes de peau
Alors que la rentrée scolaire a déjà eu lieu, les températures restent encore assez estivales, poussant certaines personnes à se baigner dans les lacs et les rivières. Cependant, une récente étude publiée dans l’International Journal of Hygiene and Environmental Health appelle à la prudence. Les chercheurs de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni) ont affirmé que plonger dans ces eaux douces présentait des risques sanitaires accrus.
Les auteurs ont analysé la santé de 2 368 personnes invitées à se baigner dans des lacs et rivières en Hongrie. Les participants devaient s’immerger une dizaine de minutes et mettre la tête sous l’eau à trois reprises. Selon les résultats, 2,1% des nageurs ont contracté une gastro-entérite contre 1,9% chez les non-nageurs restés sur la berge. Par ailleurs, 2,7% ont développé des problèmes de peau – rougeurs, démangeaisons, ulcères cutanés – contre 1,3 % chez les non-nageurs.
« Ces travaux apportent à ce jour l’une des preuves les plus convaincantes que la contamination des sites de loisirs en eau douce peut se traduire par des maladies chez les baigneurs. », peut-on lire dans le communiqué relatant l’étude.
Des bactéries révélant une pollution fécale
Dans les faits, l’étude et le suivi des eaux de baignade a permis de souligner la présence de plusieurs facteurs biologiques invisibles à l’œil nu. Citons par exemple les fortes concentrations de bactéries telles que Escherichia coli, ainsi que les entérocoques provenant des sols, du fumier ou des eaux usées. Celles-ci sont directement en lien avec la hausse des cas de gastro-entérite. En ce qui concerne les problèmes peau – notamment la dermatite cercarienne – les auteurs suspectent la cercaire, une larve parasite capable de pénétrer la peau humaine et causer de fortes irritations.
« Nous avons également constaté que le risque de gastro-entérite augmentait avec la concentration d’E. coli et de virus infectant les bactéries intestinales humaines dans l’eau, ce qui est révélateur d’une pollution fécale. », ont précisé les chercheurs.
Évoquons également les cyanobactéries. Bien qu’absentes de l’étude, il faut savoir que ces dernières prolifèrent dans les eaux chaudes et stagnantes en été. Elles libèrent des toxines dangereuses pouvant provoquer des maux de tête et des atteintes hépatiques ou neurologiques.
©Philipimage/iStockSource: DR
Des tests pas assez fréquents ?
En règle générale, les autorités procèdent à des prélèvements à intervalles réguliers. Cependant, un orage soudain est capable de faire déborder les eaux usées ou ruisseler le fumier des champs;alors qu’une hausse rapide de la température peut accélérer la prolifération de micro-organismes. Les quatre sites hongrois testés dans le cadre de l’étude respectaient scrupuleusement les normes de l’Union Européenne au moment de l’expérience. Ainsi, les travaux démontrent que les critères de l’UE, bien qu’utiles, offrent un sentiment de sécurité parfois trompeur pour les eaux douces, qui sont logiquement plus instables que l’eau de mer.
Enfin, les auteurs de l’étude ont formulé quelques conseils, notamment privilégier les zones surveillées, où la qualité de l’eau est contrôlée très régulièrement par les autorités sanitaires. Il est également recommandé de ne pas mettre la tête sous l’eau et de se rincer après la baignade. Enfin, surveiller la température peut être judicieux, puisque toute eau trop chaude et stagnante est propice au développement des bactéries.


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