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Après trois ans de réflexions, le Club de motoneige Les Bolides de Ragueneau poursuit son projet de construction de deux passerelles sur la rivière aux Outardes. Pour le club, l’objectif est de trouver une solution permanente et sécuritaire pour la traversée des motoneigistes.
Si Les Bolides de Ragueneau veulent aller de l’avant avec des passerelles permanentes, c’est parce que le pont de glace devient de moins en moins fiable.
Pour les motoneigistes, les risques sont bien réels. Jean-René Martel, directeur du club et coresponsable du projet, raconte avoir traversé la glace avec son bolide. « Il y avait 14 pieds d’eau en dessous. J’ai eu peur de me noyer, c’est dangereux », témoigne-t-il.
« C’est arrivé il y a 20 ans, mais les gens ne s’en sont pas vraiment préoccupés. Il n’est plus question qu’on risque notre vie. Qui nous dit que l’hiver prochain, il n’y en aura pas un qui va caler ? »
Hydro-Québec déconseille d’ailleurs au club de construire à nouveau un pont de glace, en raison des conditions météorologiques et des variations du niveau de l’eau. Les passerelles permettraient de sécuriser le passage, et de maintenir un sentier fonctionnel face aux changements climatiques qui rendent la glace incertaine.
Où en est-on ?
D’après Jean-René Martel, une étude de faisabilité a été réalisée par l’Équipe Laurence, une firme de génie civil. Celle-ci a confirmé qu’il était possible de construire les passerelles envisagées. Des plans préliminaires ont également été conçus et soumis au ministère des Transports, qui les a acceptés.
Jean-René Martel affirme que les différentes autorisations nécessaires auprès des ministères ont aussi été obtenues. Le club a obtenu 500 000 $ du ministère des Transports pour avancer le projet, ainsi que 83 500 $ de la part de la MRC de Manicouagan pour mandater un chargé de projet, Robert Leblanc de l’Équipe Laurence.
Un enjeu de taille
Pour le club, le projet est également un enjeu touristique et économique pour la Côte-Nord. Des milliers de motoneigistes emprunteraient chaque année les sentiers régionaux et s’arrêtent dans différentes municipalités pour se nourrir, se loger ou faire le plein.
Le coresponsable estime que les retombées se chiffrent à plus de 10 millions de $ pour la Côte-Nord, selon des études réalisées dans le passé. Aucun pont de glace ne sera plus construit, et les motoneigistes devront passer sur la 138.
« Si tu manques ton coup pour traverser, tu peux rester pris en plein milieu de la route. Ce n’est pas tout le monde qui aime ça. Si elle est coupée ici, ça va mal, c’est des millions de dollars en ressources économiques qui partent en l’air. Le touriste qui ne pourra pas circuler de l’autre côté des deux rivières, il va dire “je ne viens pas”. »
Le projet de passerelles est toutefois loin d’être terminé. Évaluée entre 4 et 5 millions, la construction nécessitera d’importantes démarches de financement.
Passerelle Manicouagan
Rappelons que le pont H093-174, communément appelé « passerelle Manicouagan », est fermé pour des raisons de sécurité.
« Le pont est fermé en raison de défauts qui compromettent la sécurité des usagers. Le pont pourrait être rouvert si des travaux respectant la réglementation en vigueur permettent de rétablir la sécurité des personnes qui y circulent et la capacité portante requise », indique Marie-Joëlle Côté, conseillère en communication au ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
L’Association des motoneigistes Manicouagan répond par courriel au Journal qu’elle réfléchit actuellement à une « option alternative afin d’offrir un service de navette aux motoneigistes ».
Morgane Busson
Initiative de journalisme local


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