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Rassemblement antiraciste à Saint-Denis : le gouvernement justifie son absence

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Politique 04/04/2026 11:51 Actualisé le 04/04/2026 14:19

Le maire (LFI) Bally Bagayoko organise un rassemblement antiraciste. Si la gauche se mobilise dans son ensemble, le gouvernement brillera par son absence.

Comment le gouvernement justifie son absence au rassemblement anti-raciste de Bagayoko.

LUDOVIC MARIN / AFP

Comment le gouvernement justifie son absence au rassemblement anti-raciste de Bagayoko.

EN BREF Le maire LFI Bally Bagayoko organise un rassemblement antiraciste à Saint-Denis, soutenu par la gauche et des associations.
Le gouvernement justifie son absence en affirmant que ce n’est pas le rôle de l’État d’être présent à une initiative citoyenne.
Bally Bagayoko regrette ce choix, malgré le soutien affiché contre le racisme.

La ville des rois morts et des ministres distants ? De nombreux responsables politiques participent ce samedi 4 avril au rassemblement antiraciste organisé par Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, cible d’une cabale intense depuis son élection (sur CNews et ailleurs).

En plus des cadres insoumis, la cheffe des écologistes Marine Tondelier répond présente, comme plusieurs associations ou syndicats, tandis que le Parti socialiste est de son côté représenté par une délégation d’élus. En clair, les partis de gauche se mobilisent dans leur ensemble. Mais ils semblent bien être les seuls.

Outre les formations de droite et du centre, qui n’ont pas répondu favorablement à l’appel de Bally Bagayoko, le gouvernement brillera par son absence. Ni la ministre en charge de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, ni aucun de ses collègues, n’ont prévu de faire le déplacement. Ils n’y ont pas leur place, indiquent-ils en substance, tout en affichant leur soutien à l’édile visé depuis deux semaines.

« Ce n’est pas le rôle de l’État que d’y être »

« Je n’y serai pas en tant que ministre. La place d’un ministre ce n’est pas d’être dans une manifestation citoyenne, d’initiative citoyenne », a ainsi expliqué Édouard Geffray ce samedi sur franceinfo, quelques heures avant le début du rassemblement. « En revanche, le combat est complètement partagé par le gouvernement et l’État », a encore assuré le ministre de l’Éducation nationale, dénonçant les « attaques abjectes » dont certains élus sont victimes.

La veille, sa collègue Aurore Bergé usait des mêmes arguments pour expliquer son absence. « Ce n’est pas le rôle de l’État que d’y être. C’est une mobilisation citoyenne à l’appel de la mairie de Saint-Denis, c’est très bien », avait-elle déclaré, vendredi sur France 2, réagissant pour la première fois aux attaques visant le maire. Et d’ajouter : « mon engagement est sans aucune ambiguïté sur la lutte contre le racisme ».

Dommage, pour Bally Bagayoko. « Sa place était clairement à nos côtés. S’il y a bien une ministre qui aurait dû être présente, c’est bien elle », a-t-il répondu sur franceinfo, ce vendredi, en remerciant toutefois la membre du gouvernement de l’avoir appelé pour lui apporter son soutien. « Elle a témoigné de sa solidarité pleine et entière », a-t-il expliqué, au contraire d’Emmanuel Macron qui, selon le maire, « se disqualifie à jamais » avec son silence.

Plus largement, le maire de Saint-Denis regrette l’attitude de ceux qui « réduisent cette marche à l’étiquette LFI. » « Ils ont tort et sont indignes de ce combat qui est contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de discriminations », a-t-il soufflé, toujours sur franceinfo. C’est là aussi que semble se jouer la question du casting, et l'impossibilité pour certains de reprendre le même esprit de concorde nationale qui avait animé la marche contre l’antisémitisme en novembre 2023 malgré la présence du RN.

Comment les élus du bloc central et les ministres pourraient-ils s’afficher avec la nouvelle figure de LFI, un mouvement qu’ils ont largement diabolisé ? Comment des élus LR, ou des responsables qui ont participé au même gouvernement, pourraient-ils se rendre aux côtés de Bally Bagayoko, quand Bruno Retailleau dépeint LFI en « parti séditieux » et juge la formation mélenchoniste plus dangereuse que les partis d’extrême droite ? C’est ainsi qu’une marche contre le racisme ne fait plus le plein chez les politiques.

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