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Le groupe iranien de pirates informatiques Handala multiple les cyberattaques depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier. Vendredi, la police fédérale américaine, le FBI, a d’ailleurs confirmé que son directeur avait été ciblé. Qui est ce groupe et quels sont ses objectifs ? Le Devoir fait le point sur la situation avec Steve Waterhouse, consultant et conférencier en cybersécurité.
Le FBI a annoncé vendredi que son directeur, Kash Patel, a été victime d’une cyberattaque revendiquée par le groupe Handala. Ses membres auraient ont piraté une messagerie personnelle de M. Patel et ont publié des documents et des photos en ligne. La police fédérale américaine a assuré que les informations dérobées étaient bien antérieures à la nomination de M. Patel à sa tête en 2025 et n’avaient aucun caractère officiel.
« [Le groupe Handala] n’a pas un gros [groupe] historique. Mais jusqu’à présent, quelques coups les ont mis en avant-plan, côté publicité. [La société d’armement] Lockheed Martin en était un important ; là, d’avoir été vers le FBI, ça met le gouvernement américain dans l’embarras », note M. Waterhouse. La veille de la confirmation par le FBI de l’attaque, le groupe avait affirmé avoir publié les données personnelles de dizaines d’employés de Lockheed Martin au Moyen-Orient.
Handala a été repéré pour la première fois par les experts en cybersécurité peu de temps après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Il a ensuite été lié au renseignement iranien par plusieurs experts.
Très actif depuis le début des attaques israélo-américaines en Iran, le groupe a fait les manchettes le 11 mars après avoir revendiqué une attaque contre le fournisseur américain d’équipements médicaux Stryker, basée dans l’État du Michigan. Ces pirates informatiques ont affirmé avoir effacé les données de plus de 200 000 systèmes, serveurs et appareils mobiles de Stryker, entravant ainsi le traitement de ses commandes, sa production et ses livraisons.
De la « guerre psychologique »
« Ils ont réussi un coup de publicité. Dans le jargon militaire, on appelle ça de la guerre psychologique », dit l’expert en cybersécurité. « Dans ce contexte, faire croire qu’ils ont des capacités et des connaissances techniques [suffisantes] pour défier les Américains, ça va rallier beaucoup de gens derrière des actions similaires dans le futur. »
Selon M. Waterhouse, l’objectif principal des membres du groupe Handala est avant tout de semer le doute là où ils passent, de miner la confiance du public tout en disant agir en réaction aux actions israélo-américaines, et d’en profiter pour ébruiter leurs cyberattaques au nom de la République islamique d’Iran. « Comme d’autres cyberpirates, [notamment] russes, ils vont s’adonner à des coups d’éclat médiatiques », note-t-il.
L’expert souligne d’ailleurs que bien que le gouvernement iranien ne s’empêche pas de couper l’Internet à sa population lorsque cela lui convient, les pirates informatiques « ont des moyens de s’organiser ». Forbes a ainsi récemment rapporté que Handala s’était servi de satellites de Starlink pour rester en ligne.
Protéger ses données
Handala ne va pas s’arrêter là, affirme sans détour Steve Waterhouse. Tant que le conflit en Iran se poursuivra, les cyberattaques du groupe feront de même — et le Canada pourrait être une de ses cibles, selon lui. Dès que le gouvernement canadien fera une déclaration ou prendra des mesures contre l’Iran, les citoyens canadiens deviendront « des cibles potentielles pour ce genre d’actions », affirme l’expert en cybersécurité.
« S’ils sont capables d’aller pirater le compte de courrier électronique de n’importe qui, la population peut devenir anxieuse », résume-t-il.
Face à cette « guerre d’influence », l’expert en cybersécurité conseille donc à tous de mettre en place des mesures pour mieux protéger leurs données personnelles, comme l’utilisation de techniques d’authentification à double facteur.
Avec l’Agence France-Presse et Reuters


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