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Pourquoi l’Arizona doit à nouveau mettre l’État à la diète

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Nouveau moment de vérité dans la vie politique belge. Le gouvernement fédéral s'apprête à vivre – au minimum – un mois et demi de négociations intenses pour redresser les finances publiques. La semaine prochaine, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) et le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem (CD & V) organiseront des échanges bilatéraux avec les cinq partis de la majorité pour tenter de dégager un plan d'économie qui recueille un consensus. Lorsque ce consensus semble pouvoir être atteint, l'équipe gouvernementale se réunira en conclave.

Une date est inscrite à l'agenda au marqueur fluo : le mardi 13 octobre, jour officiel de la rentrée du Parlement fédéral. Traditionnellement, le Premier ministre y fait son State of the Union et présente son programme de l'année. Après avoir échoué à obtenir un accord avant le 21 juillet, Bart De Wever en fait sa nouvelle échéance. Et cette date est davantage contraignante. La Commission européenne attend l'épure du gouvernement belge au maximum une semaine plus tard. S'il n'arrive pas à boucler son budget à la mi-octobre, l'Arizona entrera dans une séquence instable où sa propre survie sera mise en jeu.

Le contexte politique

Or, la situation financière est délicate et nécessitera immanquablement des négociations tendues. Voici pourquoi.

1. L'état de la situation

En juin, le Bureau du plan et le Comité de monitoring ont sorti leurs perspectives économiques à quelques jours d'intervalle. Les deux institutions allaient dans le même sens : la situation s'est dégradée. Le conflit au Moyen-Orient pèse sur la croissance économique qui ne dépasserait plus 0,7 % du PIB en 2026 au lieu des 1,1 % initialement estimé. Et l'inflation grimpe à nouveau. Ce mardi, le Bureau du plan a revu à la hausse sa prévision pour 2026 : cette année, les prix à la consommation augmenteraient en moyenne de 3,6 % alors qu'en février, l'organisme public de prévisions économiques tablait encore sur une hausse de 1,9 %.

Ces paramètres en berne ont forcément plombé des paramètres déjà bien moroses. Selon le bureau du plan, le déficit cumulé de toutes les autorités du pays (État fédéral et entités fédérées) s'établira à 6,4 % du PIB en 2031. En février, les estimations ne prévoyaient que 5,7 % du PIB de déficit, ce qui était déjà bien plus que l'objectif des 4,9 % fixé par le gouvernement lui-même.

L'Arizona fait valoir que le déficit serait encore bien plus élevé s'il n'avait pas entrepris ses réformes comme celle du chômage ou des pensions. Sans elles, glisse-t-on dans les cénacles gouvernementaux, le déficit public en 2031 serait supérieur de 12 milliards d'euros (environ 2 % du PIB). Mais il est évident que ces efforts ne suffisent pas.

L'Arizona revit son accouchement

2. La grande menace

La grande inquiétude, c'est la remontée des taux d'intérêt. Depuis le début des années 2000, les États ont pu emprunter de l'argent à peu de de frais. Ils bénéficiaient de taux d'intérêt bien inférieurs à la croissance économique, ce qui leur permettait de récupérer facilement leur mise par les impôts. La Belgique aurait pu en profiter pour alléger sa dette. Mais elle a préféré utiliser cette situation favorable pour augmenter ses dépenses publiques – singulièrement ses dépenses sociales.

Les chiffres du Bureau du plan sont clairs. En 2002, les administrations belges ont dépensé l'équivalent de 48,6 % du PIB pour les politiques publiques. En 2025, ce taux s'élevait à 54,2 %. Dans le même temps, les recettes fiscales et parafiscales sont restées assez stables, passant de 49,3 % du PIB en 2002 à 49 % en 2025.

Maintenant que les taux d'intérêt remontent, c'est la panique. Sous la pression de cette hausse, la charge que paye l'État pour financer sa dette ne cesse de grimper. Toujours selon le Bureau du plan, cette charge (2,8 % du PIB) sera supérieure au montant (2,4 % du PIB) qu'elle devra emprunter pour financer ses politiques. Le spectre des années 80, lorsque la dette publique était soumise à un effet "boule de neige", guette à nouveau. Selon les prévisions, les taux d'intérêt sur les marchés financiers dépasseront la croissance économique nominale (soit l'inflation et la croissance réelle additionnées) à partir de 2031 sans un changement de cap. Cela signifie que la dette belge s'alimentera d'elle-même. "Un vrai cauchemar", frissonne-t-on dans les cénacles gouvernementaux.

Pour éviter ce fameux "effet boule de neige", il faut soit améliorer la croissance soit réduire la dette. Mais les leviers dont disposent les gouvernements pour doper la croissance sont relativement limités. D'où la nécessité de limiter le déficit public au maximum.

La réforme fiscale de l'Arizona validée en première lecture en commission

3. L'objectif chiffré

En juin, le gouvernement s'est fixé pour objectif de réduire le déficit public de 10 milliards d'euros. Cet effort permettrait à la Belgique de revenir à un déficit limité à 4,5 % du PIB en 2031. C'est encore loin des 3 % contenus dans les traités européens. C'est encore plus loin des 2,1 % de déficit conseillé par le Fonds monétaire international pour remettre la Belgique sur une trajectoire budgétaire vertueuse. Mais cela satisfera, et avec une petite marge même, la norme de dépenses minimales prônée par l'Union européenne. Cela suppose cependant que le prochain gouvernement devra tailler à nouveau dans les finances publiques – probablement dans une proportion comparable, soit 10 milliards d'euros.

Bart De Wever face aux 10 milliards d'économies : "Tout le monde va sentir les conséquences"

4. L'exploration des pistes

Ce sont surtout les dépenses qui ont augmenté au cours des dernières décennies. C'est dans les dépenses que les partis de la majorité porteront principalement le fer. Le budget de la santé attise particulièrement les convoitises. Mais au moins 3 partis – le CD & V, les Engagés et Vooruit – défendront chèrement le département.

Il devrait aussi y avoir l'une ou l'autre mesure pour augmenter les recettes. Il s'avère en effet que la réforme fiscale imaginée par le gouvernement pour alléger le coût du travail conduise, quand elle prendra sa vitesse de croisière à partir de 2029, à une baisse nette des rentrées fiscales – à environ 48 % du PIB contre 49 % en 2025. Certains partis plaident pour que cette diminution soit compensée, en tout ou en partie, par des recettes sur des revenus autres que le travail. L'une des pistes les plus communément avancées, c'est une hausse de la TVA. Mais le MR y est radicalement opposé.

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