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Ils étaient frères, profondément attachés à leur commune et tous deux passionnés par ce qui faisait la vie de Cerisy-Belle-Étoile (Orne). Qui étaient Jean et Gérard Caillebotte ?
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Par Rédaction Flers Publié le 6 sept. 2026 à 5h22
Une mémoire aujourd’hui précieuse, que leurs proches contribuent à préserver et à transmettre. Mardi 4 août 2026, rendez-vous était donné au domicile de Janine Caillebotte, épouse de Gérard et Yvette l’épouse de Jean, venue nous rejoindre. Deux belles-sœurs, pour évoquer les souvenirs de deux frères particulièrement investis dans la vie de Cerisy-Belle-Étoile (Orne) : Jean et Gérard Caillebotte.
Deux hommes qui, chacun à leur manière, ont consacré une partie importante de leur vie à leur commune. Leurs parcours sont différents, mais leur attachement à Cerisy est identique. L’un avait toujours une caméra à la main. L’autre avait les pinceaux. Tous deux ont ainsi laissé derrière eux une véritable mémoire du territoire.
Jean Caillebotte, la mémoire de Cerisy derrière sa caméra
Né à Cerisy-Belle-Étoile en 1937, Jean Caillebotte était profondément attaché à son village où il restera toute sa vie. Marié à Yvette en 1962, le couple aura un fils, Sylvain, né en 1969. Cette même année, Jean acquiert sa première caméra. Très vite, cette nouvelle passion prend une place importante dans sa vie.
Les Fêtes des rhododendrons filmées année après année
En 1970, Jean décide de proposer ses services au Comité des fêtes. La réponse est positive. Il commence alors à filmer les différentes manifestations et, notamment, les célèbres Fêtes des rhododendrons qui animaient chaque année le Mont de Cerisy.
À partir de 1982 et jusqu’en 1997, il prend ainsi l’habitude d’enregistrer chaque édition. Il filme la préparation, la vie des bénévoles la veille de la fête, les artistes et les vedettes le jour de la manifestation, sans hésiter à les interviewer, puis revient le lendemain pour immortaliser le rangement et les dernières heures de cette grande fête populaire. Une véritable chronique filmée de la vie du Mont.
Des projections pour les habitants
Mais Jean ne conservait pas ses films pour lui. Chaque année, il organisait une projection dans la salle des fêtes de Cerisy afin de permettre aux habitants de revoir les moments forts de la manifestation. Les habitants pouvaient ainsi retrouver les bénévoles, les artistes, les coulisses et l’ambiance de la fête. Ces projections étaient devenues un rendez-vous attendu chaque année. À travers sa caméra, Jean avait compris très tôt que filmer, c’était aussi transmettre. « Il faisait ses films, il était heureux », se souvient Yvette, son épouse.

Une passion interrompue brutalement
Le 7 décembre 1997, Jean décède brutalement à l’âge de 60 ans. Le hasard rend cette disparition encore plus douloureuse. Ce jour-là, il devait justement diffuser une vidéo consacrée aux témoignages sur la guerre de 1939-1945. Une projection qu’il ne pourra jamais présenter. Sa passion, pourtant, ne disparaîtra pas avec lui.
Sylvain prend le relais
Après le décès de son père, son fils Sylvain prend naturellement le relais. Il poursuit le travail entrepris par son père Jean et continue à filmer les Fêtes des rhododendrons et la vie du Comité des fêtes. Il conservera cette tradition jusqu’à la dernière édition de la manifestation, en 2014.
Ainsi, de père en fils, la caméra aura accompagné pendant plusieurs décennies la vie du Mont de Cerisy.
Gérard Caillbotte, le peintre de Cerisy
Né en 1940, Gérard Caillebotte était lui aussi un enfant du pays. Très investi dans la commune, il participera à de nombreuses activités locales. De 1969 à 1978, il est employé communal et garde champêtre sur le Mont de Cerisy. Son épouse, Janine, quant à elle, tient la buvette du Mont durant cette même période, de 1969 à 1978. Le couple aura deux enfants, Franck, né en 1967, et Laetitia, née en 1972.
Un homme engagé dans la vie municipale
Gérard ne se contente pas de travailler sur le Mont. Il s’investit également dans la vie municipale. Il est élu au conseil municipal pour deux mandats et participe activement à la vie de la commune. De 1978 à 2015, il poursuit également son implication au sein du Comité des fêtes. Son frère Jean peut compter sur lui, notamment pour transporter et installer le matériel nécessaire à ses tournages. Les deux frères travaillent ainsi souvent côte à côte.
La peinture, une passion née très tôt
Mais Gérard possède une autre passion : la peinture. Peintre en bâtiment de métier, il s’intéresse très tôt aux arts. Dès l’âge de 14 ans, il réalise ses premiers tableaux à la gouache et au fusain. La peinture restera ensuite une véritable passion tout au long de sa vie.
Les paysages de Cerisy sur la toile
En 1987, après avoir été victime d’un infarctus, Gérard reprend les pinceaux avec encore davantage d’assiduité. Il peint alors inlassablement ce qui l’entoure y compris sa 2 CV aux couleurs des rhodos avec le château. Cerisy-Belle-Étoile devient naturellement l’une de ses principales sources d’inspiration. Il peint le Mont, les rhododendrons, le château, l’abbaye de Belle-Étoile, la Maison familiale et rurale, l’église de Cerisy et celles des communes voisines.
Il représente les paysages du village au fil des saisons, mais également le bocage normand, ses chemins, ses prairies et ses animaux. Les vaches du bocage occupent notamment une place importante dans son œuvre. À travers ses tableaux, Gérard fixe lui aussi une époque et un territoire.
Des expositions pour partager son travail
Gérard ne peint pas seulement pour lui. Au fil des années, de nombreuses expositions permettent au public de découvrir son travail. Il rejoint notamment l’Association des peintres du Bocage, qui rassemble des artistes attachés à leur territoire. Cette association disparaîtra en 2019. Gérard continuera quant à lui à peindre jusqu’en 2018-2019, période où la maladie l’empêchera progressivement de poursuivre cette passion qui l’avait accompagné pendant tant d’années. Il décède le 9 août 2022.
Des archives précieuses pour la commune
Gérard laisse derrière lui de nombreux souvenirs, mais également une importante collection d’archives consacrées à Cerisy-Belle-Étoile. Des albums, des documents et plusieurs éléments de sa collection ont ainsi été donnés à la commune. Janine a contribué à cette transmission. Gérard avait pris soin d’anticiper cette volonté en effectuant les démarches nécessaires auprès de son notaire afin que ses archives puissent revenir à la commune qui lui était si chère. Quelques-uns de ses tableaux ont également rejoint ce patrimoine. Une manière pour lui de continuer, même après sa disparition, à participer à la mémoire de Cerisy.
Deux frères, deux passions, une même commune
Jean et Gérard avaient chacun leur manière de regarder Cerisy. Jean la filmait. Gérard la peignait. L’un captait les visages, les voix, les fêtes et les événements. L’autre fixait sur la toile les paysages, les bâtiments, les saisons et le bocage. Mais tous deux avaient le même point commun : leur attachement profond à leur commune. Ils étaient également présents dans la vie associative et municipale, participant aux activités du Mont et aux Fêtes des rhododendrons.
« Des passionnés de la commune, l’un comme l’autre. Nous ne les aurions pas fait déménager », résument Janine et Yvette avec affection. Une mémoire qui appartient désormais à tous
À travers Jean et Gérard Caillebotte, c’est finalement toute une génération de bénévoles qui apparaît. Des hommes et des femmes qui n’ont pas forcément recherché les honneurs, mais qui ont donné du temps, de l’énergie et leurs compétences pour faire vivre Cerisy-Belle-Étoile. Certains ont organisé les fêtes. D’autres ont construit, entretenu, peint, réparé, accueilli ou simplement donné un coup de main. Jean a filmé. Gérard a peint. D’autres ont photographié, écrit, raconté ou conservé les souvenirs. Tous ont contribué à constituer cette mémoire collective.
Une histoire humaine avant tout
Après les Fêtes des rhododendrons, les vedettes, les podiums et les milliers de visiteurs, il reste finalement quelque chose de plus précieux encore : les femmes et les hommes qui ont fait vivre le Mont de Cerisy.
Constant Lebrun, André Lucas, Jean et Gérard Caillebotte, mais aussi tous ceux et celles restés dans l’ombre pendant toutes ces années et qui ont tant donné à ce lieu. Le Mont de Cerisy n’a pas seulement été un site naturel ou une grande scène en plein air.
Il a été un lieu de rencontres, de travail, de convivialité et d’engagement.
Aujourd’hui, alors que le Mont connaît une nouvelle transformation avec les concerts des Bichoiseries et que Flers Agglo cherche à lui donner une vocation davantage touristique, ces témoignages prennent une valeur particulière.
Ils permettent de comprendre ce que fut ce lieu, mais surtout de mesurer combien son histoire repose sur une formidable aventure humaine.
Et si les vedettes ont marqué les affiches, ce sont bien les bénévoles qui ont écrit, année après année, l’histoire du Mont de Cerisy.
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