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EXCLUSIF - F1 Academy : «Nous sommes en train de faire tomber les stéréotypes», assure sa directrice générale Susie Wolff

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Publié le 06/09/2026 à 06:00 - Mis à jour le 06/09/2026 à 06:00

Lors de la quatrième manche du championnat du monde de F1 Academy, à Zandvoort, Susie Wolff, directrice générale de la compétition, a pris le temps de revenir sur l’essor de ce championnat 100% féminin. [Marcel van Dorst / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Lors de la quatrième manche du championnat du monde de F1 Academy, à Zandvoort, Susie Wolff, directrice générale de la compétition, a pris le temps de revenir sur l’essor de ce championnat 100% féminin. Modèles, parents, métiers du paddock, elle a expliqué à Europe 1 comment la discipline veut faire tomber les barrières et inspirer une nouvelle génération. 

À Zandvoort, la F1 Academy ne voulait pas seulement faire parler de ses performances en piste. Lors du Grand Prix des Pays-Bas, disputé du 21 au 23 août, le championnat réservé aux pilotes féminines a une nouvelle fois profité de la vitrine de la Formule 1 pour se mettre en avant et faire évoluer la place des femmes dans le sport automobile et susciter des vocations, au volant comme dans les garages. 

Grâce à Dirt Is Good, nouveau partenaire de la F1 Academy, Europe 1 a pu échanger avec Susie Wolff, la directrice générale de la compétition. Le groupe a signé cette saison un partenariat pluriannuel avec la F1 Academy. Pour Susie Wolff, ancienne pilote et figure majeure de la promotion des femmes dans le sport automobile, l’enjeu dépasse largement les 18 pilotes présentes sur la grille. 

Il s’agit aussi de rendre visibles les mécaniciennes, ingénieures et autres professionnelles du paddock, de convaincre les familles et de montrer aux plus jeunes que ces métiers leur sont accessibles. Pour Europe 1, elle raconte le chemin parcouru en trois ans et les barrières qu’il reste encore à faire tomber. 

Europe 1 : Aujourd’hui, une petite fille peut regarder les pilotes de la F1 Academy et se dire : "Moi aussi, je peux le faire". Est-ce finalement encore plus important pour vous que les résultats sportifs ? 

Susie Wolff : Nous avons toujours su que notre raison d’être allait bien au-delà du simple fait de soutenir 18 pilotes sur une grille pendant un week-end de course. Il s’agit de faire tomber les idées reçues, de créer des modèles et d’inspirer. Donc oui, absolument, nous ne sommes pas seulement un championnat automobile. Je pense que notre rôle est beaucoup plus large. Il existe encore un certain nombre de stéréotypes autour de ce sport et j’espère qu’à moyen et long terme, nous pourrons réellement changer la perception des gens sur ce qui est possible. 

Est-ce également important que les petites filles puissent s’identifier non seulement aux pilotes, mais aussi aux mécaniciennes ou aux ingénieures et comprendre que ces métiers leur sont accessibles ? 

Notre paddock est installé dans la fan zone et il est ouvert. Nous voulons vraiment que les petites filles ne voient pas uniquement une pilote enfiler sa combinaison et monter dans sa voiture, mais qu’elles puissent également voir les mécaniciennes et les ingénieures qui travaillent dans notre paddock. Cela contribue vraiment à faire tomber ces stéréotypes. Évidemment, nous sommes dans un environnement où seule la performance compte et seules les personnes les plus talentueuses peuvent réussir. Mais plus nous aurons de jeunes femmes qui tenteront d’entrer dans ce sport, en piste comme en dehors, plus nous aurons de chances de voir les meilleures parvenir au plus haut niveau. Et parfois, dans la vie, il faut le voir pour le croire. C’est pour cela qu’il est puissant de disposer d’une telle plateforme pour inspirer la prochaine génération. 

— F1 Academy (@f1academy) August 23, 2026

Vous avez vous-même dû franchir de nombreuses barrières au cours de votre carrière. Avec la F1 Academy, quelle est celle que vous êtes la plus fière d’avoir fait tomber ?

J’avais une grande ambition pour la F1 Academy et je pense que beaucoup de gens ne croyaient pas qu’il serait possible d’obtenir le soutien des équipes de Formule 1, de courir aux côtés de la F1 ou encore d’attirer de très grands partenaires commerciaux, comme Unilever avec Persil et la campagne Dirt Is Good. Mais nous avons démontré que c’était possible. Nous avons le soutien total de la Formule 1, de toutes les équipes de F1 et de partenaires commerciaux fantastiques qui nous permettent de porter notre message bien au-delà de la seule bulle du sport automobile. Je me souviens de mon arrivée en Arabie saoudite pour la première course. J’ai vu toutes ces voitures aux couleurs des équipes de F1 et de nos partenaires, l’équipe de Netflix était là pour nous filmer et nous avions une Saoudienne sur la grille. C’est vraiment à ce moment-là que je me suis dit : "D’accord, nous avons créé quelque chose de très spécial". 

Quand vous regardez tout ce qui a été accompli en trois ans, arrivez-vous parfois, avec votre équipe, à prendre le temps d’être fière du chemin parcouru ? 

Nous ne sommes pas très doués pour ça. Parce que dans ce monde, tout va très vite. On pense toujours à la prochaine étape, à ce qu’il faut encore accomplir. Mais à Las Vegas, lors de la finale l’an dernier, nous avons eu un moment où nous avons vraiment pris conscience du chemin parcouru. C’était un week-end très important pour nous, avec notre paddock juste à côté de celui de la Formule 1 et notamment la collaboration avec Hello Kitty. C’est peut-être quelque chose que nous devrions faire davantage à l’avenir : prendre le temps de regarder ce que nous avons déjà accompli. Mais nous essayons. 

Pensez-vous que la F1 Academy contribue aussi à changer le regard des parents ? À leur faire comprendre que le sport automobile ou ses métiers ne sont pas réservés à leurs garçons, mais peuvent aussi être une voie pour leurs filles ? 

Définitivement. Et nous ne devons surtout pas oublier les parents lorsque nous réfléchissons aux publics auxquels nous devons nous adresser. Comme je le disais encore récemment, un enfant de huit ans ne peut pas se rendre tout seul sur un circuit. Un enfant de huit ans ne peut pas non plus s’acheter lui-même un kart. Les parents ont donc évidemment une influence considérable. Mais nous avons beaucoup de chance : le sport devient tellement populaire que de plus en plus de parents prennent conscience des opportunités qui existent aussi pour les jeunes filles. 

Le Tour de France Femmes montre qu’avec les années, le nombre de pratiquantes augmente et le niveau sportif progresse rapidement. Ressentez-vous déjà le même phénomène avec la F1 Academy ? 

Oui, et c’est amusant que vous mentionniez le Tour de France Femmes parce que je suivais justement à quel point l’événement avait pris de l’ampleur. Je pense que le sport féminin dans son ensemble est aujourd’hui en pleine progression. Il faudra encore du temps, bien sûr, mais la dynamique est là. Et nous ressentons exactement la même chose ici. Quand on regarde le nombre de jeunes filles qui courent aujourd’hui et qui essaient d’intégrer la F1 Academy, il est déjà beaucoup plus important qu’il ne l’était il y a encore peu de temps. Cela me donne énormément de confiance sur ce qu’il sera possible d’accomplir à plus long terme. 

Au-delà du sport automobile, est-ce que la F1 Academy peut aussi apprendre aux jeunes filles qu’aucune carrière ne leur est interdite ? 

Je pense que c’est justement là que nous avons des parallèles très puissants avec beaucoup de nos partenaires. Le monde de la finance ou celui de la technologie, par exemple, sont encore considérés comme des univers très masculins. Mais nous montrons qu’à l’échelle mondiale, dans l’un des sports les plus populaires au monde, nous sommes en train de faire tomber ces stéréotypes. Et c’est là que nous pouvons travailler avec nos partenaires, dans leurs secteurs respectifs, pour porter le même message : c’est possible. Parfois, il suffit de remettre en question les habitudes et de bousculer les idées reçues pour tout changer. Cela peut suffire à inspirer une jeune fille et à lui donner envie de faire quelque chose de différent, quelque chose qu’elle ne pensait peut-être pas pouvoir faire auparavant. 

Les sportives expliquent souvent à quel point il est important d’avoir une femme à laquelle s’identifier. Pensez-vous que la F1 Academy est aujourd’hui en train de créer cette génération de modèles qui, à son tour, en inspirera une nouvelle ? 

Oui, absolument. Et ce n’est pas seulement grâce à nous. Il y a par exemple une ingénieure chez Haas et de nombreux autres modèles féminins dans le sport automobile. Mais nous pouvons braquer les projecteurs sur elles. Il est aussi très important que le sport montre qu’il existe ici une place pour les talents féminins. Je pense vraiment que les jeunes filles sont inspirées lorsqu’elles voient d’autres femmes réussir et aller de l’avant, que ce soit comme mécanicienne, ingénieure ou pilote. C’est l’une des façons les plus puissantes de leur montrer ce qui est possible.

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