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Il a ouvert son garage à Gaillon en 1972. Depuis Michel Poupardin et ses dépanneurs viennent en aide aux automobilistes en panne sur l'A13, en ville et dans nos campagnes.
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Par Pierre Boissonnat Publié le 6 sept. 2026 à 5h40
Depuis un demi-siècle, nombreux d’automobilistes ont eu affaire à lui. Les naufragés de la route espèrent l’arrivée de ses camions jaunes comme une bouée de sauvetage. En ville, les récalcitrants du stationnement craignent davantage l’arrivée des gars de Poupardin qui envoient leurs voitures à la fourrière située dans la côte des Sables, à Gaillon (Eure). Michel Poupardin, 76 ans, a démarré en 1972. « J’ai commencé dans le sous-sol de la maison de mes parents », se souvient-il.
Avant de se mettre à son compte, ce chaudronnier de formation avait travaillé dans une entreprise de transports basée entre Gaillon et Louviers. « J’ai toujours été bricoleur. Dans un premier temps, je ne faisais que de la réparation de carrosserie » mais rapidement il s’est diversifié. Au bout de deux ans, « Poupou » se lance dans le dépannage et installe son garage dans la côte des Sables. Depuis, sa flotte de dix camions de dépannages n’a pas trouvé de meilleur port d’attache.
En 54 ans d’existence, l’entreprise a grandi petit à petit. Elle compte aujourd’hui dix salariés, dont huit réparateurs mécaniciens. Ces derniers prennent le volant pour venir en aide aux victimes d’accidents ou de pannes.
« Au départ, on n’était pas autant. On faisait des dépannages et on gérait les fourrières de Vernon, Gaillon et des Andelys. Puis rapidement, j’ai obtenu l’agrément pour intervenir sur l’Autoroute A13 »
Sur l’Autoroute A 13 depuis 1978
Le précieux sésame pour le dépanneur est obtenu dès l’année 1978. « Depuis on assure des astreintes sur le tronçon Vernon – Mantes-la-Jolie (Yvelines). » Et cela en alternance avec d’autres assistances automobiles. Pour ces missions, Ces jours-là, un équipage est stationné à Gargenville-Épône (Yvelines) ou à Douains pour « une intervention plus rapide ». Et avec les 60 000 à 80 000 véhicules qui empruntent l’autoroute chaque jour, il y a du boulot. « Surtout en période de grande affluence », entre les ponts du printemps jusqu’à la fin de l’été.
Ainsi, Michel Poupardin et son équipe ont été aux premières loges pour assister aux évolutions de l’autoroute. « J’étais à l’inauguration en 1991 du diffuseur de Saint-Aubin-sur-Gaillon », se souvient-il. Dernièrement, ses mécanos ont dû s’adapter au passage de l’autoroute géré par la SAPN en flux libre. « Il y a toujours plus de circulation. »
Ce qui est bon pour les affaires. De fait, si les usagers ne s’en rendent pas forcément compte car les frais de nombreux dépannages sont pris en charge par les assurances, cela chiffre. « Suivant l’heure de la journée, le type de dépannage et le lieu, on facture une intervention entre 150 € et 280 €», précise « Poupou ».

Leny Escudero, Pascal Légitimus et foire à tout
Déterminer le nombre d’automobilistes qui ont eu recours aux services des camions jaunes est une mission impossible. « En 54 ans, il y en a eu tellement. » Mais certains sont restés dans la mémoire de Michel Poupardin. Il cite entre autres le chanteur Leny Escudero, David du duo David et Jonathan mais aussi le journaliste Alain Jérôme. « Pascal Légitimus est venu tourner un court-métrage à la station-service dans les années 1990. »
L’Impartial a aussi dû faire appel à Poupardin, à maintes reprises. Et pas uniquement pour des dépannages… « À une époque, c’était plus simple », glisse le dépanneur.
C’était plus simple, mais les accidents étaient parfois aussi plus graves qu’aujourd’hui avec une meilleure sécurisation des véhicules. « J’ai souvenir de voitures en travers de la glissière de l’autoroute avec plusieurs morts… » Il y a des choses pour lesquelles on s’habitue, « mais, ça, ce n’est jamais facile ».
Attendus des automobilistes en détresse, les dépanneurs le sont beaucoup quand ils doivent retirer les véhicules mal stationnés. Ils officieront encore ce week-end à Fleury-sur-Andelle lors des fêtes Saint-Ouen. Là où les équipes de Poupardin étaient les plus craintes, c’était à la foire à tout des Andelys.
« À une époque, on enlevait entre 50 et 60 bagnoles sur le week-end. C’était du temps où les gendarmes géraient la circulation et le stationnement. Depuis que c’est la police municipale qui s’en occupe, ce n’est plus tout à fait pareil »

Ces cinq décennies ont été aussi émaillées par quelques coups durs. Et notamment deux incendies en 2007 et 2023. « La première fois, j’avais 200 bagnoles qui ont brûlé sur un parc de 1 000 m². On a perdu aussi pas mal d’archives… » La seconde fois, ce sont 40 voitures qui ont pris feu. « Dans ce métier, on ne se fait pas que des copains… », philosophe Michel Poupardin.
Succession assurée
Depuis quelques années, il ne sort plus en intervention. « Mais je gère l’intendance », explique celui qui a été particulièrement touché par le décès de son épouse en avril 2021. « Depuis que Fabienne est partie, ce n’est plus pareil. Elle m’a accompagné pendant tellement longtemps. »
S’il n’est pas encore prêt à prendre sa retraite, Michel Poupardin n’en prépare pas moins l’avenir. Père de trois filles, il est aussi grand-père de quatre petits-enfants. « Kilian, l’un de mes petits-fils, travaille avec moi depuis quelque temps. Il se verrait bien reprendre l’affaire. » De quoi rassurer les naufragés de la route qui circule dans le secteur.
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