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De retour dans les conversations depuis l’arrivée de Guillaume Meurice en 2024, Radio Nova a confirmé sa percée cette année. On en a parlé avec l’un des protagonistes, de ce succès, l’humoriste Aymeric Lompret, désormais aux manettes de sa propre radio libre.

The SealyMan
Aymeric Lompret, ici à l’antenne de Radio Nova.
Quand France Inter flanche, Radio Nova s’envole ? C’est bien parti. Loin des audiences en baisse observées de la « première radio de France » ce trimestre, la station privée du groupe de Matthieu Pigasse semble être, elle, repartie de plus belle, depuis l’arrivée en grande pompe de Guillaume Meurice et de sa clique en 2024.
Le cap des 970 000 auditeurs quotidiens a été franchi, en novembre dernier. Mieux, La dernière - le talk impertinent de l’ancien compère de Charline Vanhoenacker et sa bande de déserteurs - réunit chaque dimanche plus de 700 000 fidèles, attribuant ainsi à Radio Nova le titre de radio la plus écoutée sur cette tranche en parts d’audience.
Un beau hold-up, dont nous avons voulu percer les mystères avec l’un de ses artisans, Aymeric Lompret. Rencontre avec l’humoriste, également aux manettes depuis cet automne de sa propre émission sur Radio Nova, une radio libre loufoque au nom tout aussi barré : La matinale de la nuit.
Le HuffPost : Après une belle saison 2024-2025, la remontada de Radio Nova continue. C’est grâce à La dernière, selon vous ?
Aymeric Lompret : Ça n’est que grâce à moi, même. Non, c’est grâce à France Inter, aussi. (Rires) Comme c’était la première émission à être lancée sur Radio Nova dernièrement, La dernière a sans doute impulsé un bon moov, même si plus sérieusement, c’est surtout grâce à tous ceux qui bossent pour la radio. Pas seulement La dernière, mais aussi La matinale, La riposte et Les grands remplaçants.
La dernière est un phénomène à l’antenne et en replay, comme en témoigne sa deuxième place dans le classement des podcasts les plus écoutés sur Spotify. Quel effet cela vous fait-il ?
Je ne comprends rien aux audiences, mais je crois que c’est cool. Du coup, ça me stresse un peu. J’essaye de m’habiller mieux, et de mieux articuler.
Ça fonctionne ?
Non. Je crois que le stress prend le dessus. (Rires) En vrai, c’est hyper cool, parce qu’il y a souvent des choses intéressantes qui y sont dites. Donc c’est cool que ce soit écouté par plein de gens. Il n’y a aucune stratégie de buzz ou de rentabilité. Ça a marché au feeling, et ça continuera de marcher au feeling.
L’engouement des auditeurs raconte-t-il aussi quelque chose de l’intérêt des Français pour l’humour à la radio ?
Je pense vraiment que France Inter a chié dans la colle. C’était le rendez-vous des gauchistes pour se marrer un peu. Nous, on a profité de cette foirade pour récupérer des gens. Mais ce que ça dit aussi, c’est qu’il y a moins de médias de gauche. On n’est pas les plus drôles, mais parmi ceux qui sont les plus militants et les plus engagés. C’est ce qui plaît. Dans leurs retours, les gens nous disent qu’ils sont contents qu’on soit là, pas qu’on les fait rire.
Si vous étiez plus nombreux dans le paysage médiatique, peut-être auriez-vous sans doute moins d’auditeurs, non ?
C’est possible. Mais ce n’est pas grave. Je préfère qu’il y ait plus de médias de gauche, et qu’on prenne moins de place.
Cette embellie pourrait-elle finir par convaincre vos ex-collègues, comme Charline Vanhoenacker, de vous rejoindre ?
Honnêtement, aucune idée. Non, je pense qu’ils ont plutôt cette volonté de défendre le service public. Ils y sont attachés, mais bref… Quand on voit que Rachida Dati est ministre de la Culture, je me demande ce que veut encore dire le service public.
Son confrère Laurent Nuñez n’a pas l’air d’avoir beaucoup apprécié la blague de Pierre-Emmanuel Barré, qui a comparé la police à Daech, dans une chronique début novembre. Qu’est-ce que vous pensez de sa décision de porter plainte ?
Que c’est une « grosse cuve à pisse » (expression entre autres employée par Pierre-Emmanuel Barré dans cette même chronique pour qualifier le drame de Sainte-Soline, ndlr). Aussi, ça prouve qu’on est écoutés par Laurent Nuñez, et qu’il n’y a que la vérité qui blesse. (Rires)
Ceci étant, je pense qu’il est dans son taf de défendre la police. Je ne pense pas qu’il y ait une volonté de nous mettre la pression. Ils pouvaient le faire à l’époque de France Inter car on était sur le service public. Ou si c’était condamnable. Mais là, je ne pense pas que ce soit recevable par la justice. Et, on a été très soutenus à Radio Nova, ce qui n’a pas été le cas quand Guillaume s’est fait emmerder. C’était une belle leçon pour France Inter.
Un mois avant cet épisode, vous avez lancé votre propre émission d’antenne libre sur Radio Nova, La matinale de la nuit. L’idée vient de vous ?
À l’époque, j’étais un grand auditeur de Difool sur Skyrock. Et il y a de ça un petit moment, je suis passé à l’antenne de Camille Combal sur NRJ. C’est ce qui m’a donné envie de faire de la radio libre, de redonner un peu la parole aux auditeurs, et de ne pas faire que de la politique.
On est très axés sur le divertissement. C’est vraiment la cour de récré. Au début, c’était un peu stressant car on part vraiment d’une page blanche chaque semaine, contrairement à La dernière, où tout est écrit. Là, ça commence à être plus fluide, plus cool. Même si passé 11 h 30, il commence surtout à y avoir les « bourrachos » qui appellent.
Les audiences montent, d’après vos propres mots dans l’édition du 2 décembre. Quels sont les secrets d’une bonne radio libre ?
De la bienveillance envers les gens qui nous appellent, mais aussi ceux autour de la table. On est quatre potes qui se connaissent depuis dix ans. Ils sont parmi les trois personnes qui me font le plus rire au monde. Et puis bien sûr, le thème de chaque émission est très important. Il y a eu les entretiens d’embauche, et bientôt les animaux de compagnie.
Un peu de légèreté après l’année 2024 que vous avez passée, entre le départ de France Inter et le sketch avec Blanche Gardin. C’est derrière vous ?
Ça a vraiment été derrière moi dès le lendemain, contrairement à Blanche Gardin, pour qui ça a été plus compliqué que pour moi. Comme ça a été plus compliqué pour Guillaume Meurice que pour moi, l’histoire de France Inter.
Le patron de Combat, groupe propriétaire de Radio Nova, Matthieu Pigasse a annoncé vouloir continuer de « monter très fort » et « d’innover très fort » dans les prochains mois sur Radio Nova. De quoi parle-t-il ?
Ça, je ne le savais pas. J’espère qu’on aura une fontaine à eau à la radio.
Pas de nouveau programme à l’ordre du jour sur la grille, donc. Mais la fin de votre tournée après plus de 300 dates en trois ans. D’autres objectifs en 2026 ?
Trouver un autre appartement, et maigrir. Je vais prendre un coach. C’est la meilleure solution. Mais je commencerai à la fin de mon spectacle, car il y a pas mal de blagues autour de ce sujet dedans. J’en ai marre de devoir rentrer mon ventre à la piscine.


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