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Plus de la moitié des pétitions de révocation ont échoué en Alberta

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Quatorze pétitions de révocation, qui avaient pour but de renvoyer des députés provinciaux en Alberta, ont échoué.

Douze autres pétitions devraient arriver à échéance dans les prochaines semaines, dont deux contre des députés du Nouveau Parti démocratique de l'Alberta, et une contre la première ministre Danielle Smith dans la circonscription de Brooks-Medicine Hat.

Loin du compte

Pour entraîner un vote de révocation contre un élu, une pétition devait recueillir les signatures de 60 % du nombre de personnes qui avaient voté dans une circonscription à a dernière élection provinciale, en 2023.

Or, en fin de compte, aucune campagne n'a réussi à recevoir l’appui de plus du quart des électeurs.

Dans Calgary-Bow, la pétition contre le ministre de l’Éducation, Demetrios Nicolaides, a reçu 6519 signatures, soit 24 % des personnes qui avaient voté en 2023. À l’autre bout du spectre, la pétition contre le ministre associé au Multiculturalisme, Muhammad Yaseen, n’a reçu l’appui que de quelques centaines de personnes, représentant au total 4 % des électeurs de sa circonscription.

Deux groupes n’ont même pas soumis leurs documents de signatures à temps à Élections Alberta, soit les pétitions contre Nathan Neudorf, dans Lethbridge-Est, et Glenn Van Dijken, dans Athabasca-Barrhead-Westlock.

Une campagne difficile

« On ne s'attendait pas à ce que les 26 campagnes réussissent [...] ça a été une bataille difficile », affirme James Gray, le créateur d'Operation Total Recall, un site web qui répertoriait les rencontres de signatures des différentes campagnes de révocation. Il soutient que son site a reçu près de 600 000 visites depuis sa création.

« C'est évident et devenu clair que les gens veulent s'impliquer davantage que simplement voter tous les quatre ans », soutient-il.

Nous faisions cela en sachant que l’échec était possible, confirme Jenny Yeremiy, la responsable de la pétition contre Demetrios Nicolaides.

Je voyais cette campagne comme une occasion de soutenir les enseignants pendant les négociations. Je me suis dit que cette menace de révocation aiderait à faire avancer les négociations en faveur des enseignants, explique-t-elle.

Une personne tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Renvoyez Nicolaides ».

Jenny Yeremiy est la responsable de la pétition contre Demetrios Nicolaides. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Elle souligne aussi que son organisation, comme toutes les autres dans la province, disposait d'un budget limité et dépendait du travail des bénévoles : Ma campagne a coûté autour de 7000 $, c’était 1 $ par signature, environ.

La première ministre réagit

Interrogée sur la question lundi, Danielle Smith a affirmé : L'utilisation de la disposition de dérogation pour mettre fin à la grève des enseignants a suscité beaucoup d'inquiétudes.

J'espère que cela démontrera que les gens ont le sentiment que nous les avons écoutés, que nous les avons entendus et que nous allons dans la bonne direction, même s'ils n'étaient pas d'accord avec la manière dont nous avons procédé, a-t-elle dit à propos de l’échec des pétitions de révocation.

Un argumentaire à retravailler?

Selon le professeur en science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily, l’argumentaire des pétitionnaires, qui portait beaucoup sur le traitement des enseignants pendant la grève, n'était pas assez fort.

On avait l'impression qu'on voulait lancer des pétitions de révocation pour montrer sa désapprobation du bilan du gouvernement, alors qu’en principe, le processus de révocation devrait être pour des motifs plus précis : corruption, ou encore parce que le député ne fait pas son travail législatif, ne fait pas son travail dans la circonscription, souligne-t-il.

Il ajoute : Dans l'esprit de la population, de manière très générale, on a cette perception que c'est lors de l'élection générale qu'on procède à ce jugement-là et non pas au moment d'une pétition de révocation.

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