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Les 1 600 spectateurs de la grande salle du Palais des Beaux-Arts de Charleroi ont applaudi longuement, debout, samedi soir, la compagnie Pina Bausch revenue en Belgique pour trois jours, jouer Palermo, Palermo. La pièce créée en décembre 1989 par la chorégraphe morte en 2009, est devenue un classique du Tanztheater. Créée après une résidence de la troupe à Palerme, un mois après la chute du mur de Berlin, elle commence par une scène spectaculaire : un grand mur de parpaings s'effondre dans un nuage de poussières. Cette vision d'un monde en morceaux garde toute sa force aujourd'hui dans le contexte international qu'on connaît.
Sur cette scène accidentée, les 22 danseurs, les femmes souvent en hauts talons, les hommes en costumes, jouent une suite de saynètes, poétiques ou délicieusement absurdes sur un fond comico-tragique. Avec des mouvements d'ensemble qui ravissent les spectateurs. Comme toujours chez Pina Bausch, il y est question des relations hommes-femmes, de l'amour sans cesse recherché, sans cesse impossible, de la tendresse, de la musique. Un grand moment.
Nelken, le chef-d'œuvre de Pina Bausch, arrive chez nousNous avons rencontré Daniel Siekhaus, 40 ans, directeur exécutif et artistique de la compagnie depuis le départ, il y a un an, de Boris Charmatz qui occupait ce poste depuis début 2022.
"La compagnie comprend 34 danseurs, dont 15 ont encore connu Pina Bausch. Leurs âges vont de 21 à 66 ans. En Allemagne, les danseurs restent jusqu'à la pension employés par leurs compagnies."
Les spectacles de Pina Bausch restent demandés partout dans le monde. La compagnie joue 80 fois par an, dont 50 fois à l'étranger visitant chaque année une dizaine de pays. "La demande ne faiblit pas. Comme celle des candidats danseurs et danseuses. Lors de la dernière audition que nous avons organisée, il y eut 1 800 candidats."
Pina Bausch a donné tant d'émotions au mondeChaque année, le choix des spectacles de Pina Bausch repris varie. Et des danseurs assurent la transmission et les répétitions : Robert Sturm, Azusa Seyama, Michael Becker.
Nouveau bâtiment
Le projet de Diller Scofidio + Rentro pour le Pina Bausch Centrum à Wuppertal ©Diller Scofidio + RentroLes danseurs veulent aussi être confrontés à des chorégraphies nouvelles. Et depuis la mort de Pina Bausch plusieurs chorégraphes internationaux ont été invités à créer pour la compagnie. Un nouveau nom sera révélé bientôt pour une création la saison prochaine.
Le grand dossier qui occupe le Tanztheater à Wuppertal où se trouve la compagnie est la construction d'un nouveau bâtiment ultra-contemporain : le Pina Bausch Centrum qui devrait être construit à côté de la Schauspielhaus en cours de rénovation (la compagnie utilise actuellement le foyer de la salle comme lieu de répétition, et lorsqu'elle joue à Wuppertal, elle occupe l'Opéra House de la ville).
Le projet de Diller Scofidio + Rentro pour le Pina Bausch Centrum à Wuppertal ©Diller Scofidio +Rentro"Le projet est né en 2012 déjà, et un concours international a désigné les architectes américains Diller Scofidio + Renfro (auteurs entre autres de la High Line à New York). Un projet de 160 millions d'euros, rénovation de la Schauspielhaus comprise, payés par la ville, la région et le fédéral. Mais le feu vert ne sera donné par la ville qu'en fin 2026. Les travaux sont alors prévus de 2028 à 2032, date d'ouverture du bâtiment."
C'est en fonction de cette décision – positive ou négative, un choix qui influencera l'avenir de la compagnie — que sera désigné en 2027, un directeur artistique qui succédera à Boris Charmatz et à Daniel Siekhaus qui occupe provisoirement cette fonction en plus de la direction exécutive de la compagnie.
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