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Par Le Figaro avec AFP
Le 20 janvier 2026 à 21h29

Quatre hommes et deux femmes âgés de 53 à 71 ans sont accusés d’avoir participé au lynchage numérique de Sophie Djigo, professeure de philosophie.
Passer la publicité Passer la publicitéDes peines de trois à douze mois de prison avec sursis ont été réclamées mardi à l'encontre de six personnes jugées à Paris pour le cyberharcèlement d'une enseignante. Les prévenus, quatre hommes et deux femmes âgés de 53 à 71 ans, comparaissaient pour harcèlement moral - mais aussi pour menaces de mort ou de crime pour deux d'entre eux - après avoir participé au lynchage numérique de Sophie Djigo, professeure de philosophie.
Fin 2022, les détails de la sortie qu'elle prévoyait dans le cadre d'un projet pédagogique dans un camp de migrants avec ses élèves de classe préparatoire du lycée Watteau de Valenciennes (Nord) ont été relayés sur les réseaux sociaux par le collectif Parents vigilants, suscitant de nombreuses réactions en ligne.
Devant le tribunal correctionnel de Paris, le parquet a requis, outre des peines de prison avec sursis à l'encontre des six prévenus, des amendes de 1.000 à 2.000 euros. Tous ont publié à l'époque sur le réseau social Twitter (devenu X) des propos considérés comme «injurieux» ou encore «menaçants», selon le tribunal, au point que le rectorat de Lille, qui avait décidé d'annuler la sortie pédagogique «par sécurité», avait aussi requis une protection policière à l'encontre de l'enseignante.
Vague de haine
Les deux seuls prévenus présents mardi ont reconnu avoir envoyé au moins un message, mais ont nié tout caractère menaçant ou harcelant. L'un d'entre eux, Bernard B., retraité, a expliqué que son message avait été écrit sur le «ton de l'humour». Le sexagénaire avait moqué le patronyme de la plaignante dans le cadre «d'un imaginaire folklorique parfaitement raciste», selon le procureur de la République.
«Ce sont des messages que je ne pouvais pas ignorer», a déclaré à la barre Sophie Djigo, soulignant l'effet «écrasant de la démultiplication des messages». À l'époque, quand elle a lu «tous ces messages», elle s'est dite «sidérée qu'un projet pédagogique conduit à cela». Dans ses réquisitions, le parquet a dénoncé «une vague de haine» qui va au-delà des personnes jugées mardi, déplorant les «limites techniques» qui n'ont pas permis d'identifier d'autres auteurs de messages haineux.
Côté parties civiles, Me Raphaël Kempf a fustigé une «forme de haine de la réflexion et de la recherche» face au projet pédagogique de sa cliente, tandis que Benjamin Philippon, l'un des avocats de la défense, a mis en avant la liberté d'expression de sa cliente: «la question migratoire est une question d'intérêt général», a-t-il défendu. La décision doit être rendue le 20 mars.


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