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Des défenseurs de l’environnement critiquent la volonté d'Ottawa d'accélérer le projet d'agrandissement du terminal 2 à Roberts Bank, à Delta, en Colombie-Britannique.
Le gouvernement fédéral a annoncé, jeudi matin, que le projet sera soumis au Bureau des grands projets pour une éventuelle inscription en tant que projet d’intérêt national.
L’agrandissement consiste en l’ajout d’un terminal à conteneurs afin d’augmenter la capacité du port de 50 %.

Projection visuelle de ce à quoi pourrait ressembler l'agrandissement du terminal 2 à Roberts Bank, en avant-plan.
Photo : Administration portuaire Vancouver-Fraser
Ottawa souhaite ainsi accélérer la réalisation de ce projet, qui est une pièce parmi d'autres dans l’éventail d'outils que le fédéral veut mobiliser pour permettre au pays de doubler ses exportations vers les marchés en dehors des États-Unis d’ici 2035.
L'agrandissement du terminal 2 est un projet qui date de 2013, peut-on lire sur le site du gouvernement fédéral. Il a, depuis, réussi une évaluation d’impact fédérale en 2023, et a reçu des approbations environnementales la même année par la province. Il doit cependant encore recevoir un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril.
Des groupes environnementaux s’opposent depuis plusieurs années à ce projet. Un recours avait été déposé devant la justice en 2023, mais leur demande avait été rejetée deux ans plus tard.
Selon eux, le projet aurait une incidence sur les populations de saumons et d’épaulards, notamment.
Beatrice Frank, directrice générale de l’organisme Georgia Strait Alliance, s’est dite très déçue de l'annonce faite par Ottawa jeudi. Elle estime que le gouvernement fédéral veut aller trop vite, au nom du développement économique. Elle cite également les travaux de dragage dans l’anse Burrard, qui ont récemment reçu l’aval du fédéral.

Le projet du terminal 2 à Roberts Bank est situé dans l’estuaire du fleuve Fraser.
Photo : Radio-Canada
Ils veulent pousser ces projets très vite, sans prendre le temps de bien les faire, dit-elle. Elle ajoute que le terminal 1 existant ne fonctionne pas super bien. On pourrait améliorer ce qu’on a déjà, et, ensuite, construire les choses bien, en prenant le temps.
Selon Beatrice Franck, la zone concernée par le projet d’agrandissement du terminal 2 est une zone très riche, pour la mer, mais aussi pour les oiseaux migrateurs.
Ils sacrifient cette zone.
Le gouvernement fédéral entend également modifier le processus d'examen (nouvelle fenêtre) des grands projets. Une éventuelle modification pourrait permettre de passer outre certaines lois pour mettre en branle des projets jugés d'intérêt national par le cabinet du premier ministre. Certains projets pourraient ainsi être exemptés des lois visant à protéger les espèces en péril.
Le gouvernement a affirmé qu'il ne déposera pas de projet de loi à ce sujet avant l'automne.
Pour Lucero Gonzalez, chargée de campagne pour la conservation et les politiques à l’organisme Wilderness Committee, la soumission par Ottawa du projet d'agrandissement du port de Vancouver au Bureau des grands projets n’est ni plus ni moins qu'une technique pour tenter de contourner [la loi sur les espèces en péril].
Wilderness Committee craint que cette décision ne soit motivée par le fait que le port de Vancouver et le gouvernement fédéral savent tous deux que le projet ne peut pas satisfaire aux exigences de la Loi sur les espèces en péril.
Wilderness Committee rappelle que le gouvernement Carney a récemment attribué une enveloppe de 10 milliards $ au projet d’agrandissement du terminal 2. Cette initiative politique met en évidence la persévérance dont fait preuve Mark Carney pour faire franchir au projet la dernière étape en matière d’autorisations, dit l’organisme.
Nous condamnons toute tentative de contourner la Loi sur les espèces en péril sous prétexte de construire plus vite et à moindre coût au Canada. L’extinction des épaulards résidents du Sud ne peut en aucun cas être approuvée les yeux fermés.
Jeudi, lors de son annonce, le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a rappelé qu'Ottawa a mis en place des mesures de protection des épaulards et des saumons.
Parmi les mesures figurent les restrictions liées à la vitesse des navires, les mesures de gestion des pêches et les interventions en cas d’incident lié aux mammifères marins, peut-on lire dans un communiqué du gouvernement fédéral.
Au moyen du Plan de protection des océans et de l’Initiative de protection des baleines, le Canada soutient la survie et le rétablissement des épaulards résidents du Sud depuis 2016.
Contacté par Radio-Canada, le Bureau du conseil privé n’avait pas répondu à une demande de commentaire avant la publication de cet article.


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