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Malcolm Wilson a commencé sa carrière en compétition en 1974 au volant de la Ford Escort. Il a remporté le championnat national britannique en 1978 et 1979, puis le championnat britannique des rallyes en 1995.
Il compte également deux podiums en Championnat du monde des rallyes avant de décider de lancer sa propre écurie.
Du volant à la direction d’équipe
C’est en 1997 que l’écurie M-Sport voit le jour, sous la direction de Malcolm. Et évidemment, pour le pilote fidèle de la marque à l’ovale, hors de question de choisir une autre marque que Ford. Une collaboration qui se solde par trois titres constructeurs en WRC remportés en 2006, 2007 et 2017.
Ford Escort Mk I, 1968-1974
Rapide, robuste et fiable, la première génération de l’Escort a fait ses preuves en remportant le Rallye Coupe du monde de 1970, une épreuve de plus de 40 000 kilomètres entre Londres et Mexico! Une autre époque où le rallye était une épopée plus qu’une course de vitesse pure. Pour renforcer sa compétitivité en rallye, Ford a décliné l’Escort en plusieurs versions haute performance : Twin Cam, Mexico, RS1600 et RS2000. L’Escort Mk I RS1600 a signé sa première victoire en Championnat du monde des rallyes (WRC) lors du rallye des 1 000 Lacs, en Finlande, en 1973. La même année, des RS1600 ont occupé les trois premières places du RAC Rally, en Grande-Bretagne.
Malcolm Wilson : « Ce qui faisait son succès, c’est qu’on pouvait monter presque n’importe quelle combinaison moteur-châssis dans une Escort. On pouvait commencer avec un moteur Crossflow de 1 300 cm³, comme je l’ai fait, et aller jusqu’à une Escort Groupe 4 à moteur Cosworth BDG. Quel que soit son budget, chacun pouvait trouver une catégorie qui lui convenait. »
Ford Escort Mk II, 1974-1982
En 1974, la deuxième génération de l’Escort prend le relais. La Mk II RS 1800 devient le fer de lance de Ford en championnat du monde. En 1979, elle domine la catégorie, réalisant le doublé titre pilotes et constructeurs, avec Björn Waldegård au volant. C’est à son volant que le jeune Ari Vatanen décroche son titre de champion du monde des rallyes en 1981, malgré la concurrence grandissante des voitures à quatre roues motrices.
Malcolm Wilson : « C’était une évolution de l’Escort Mk I. Beaucoup d’éléments de base étaient les mêmes, mais la géométrie des suspensions était meilleure et, bien sûr, les moteurs ont continué d’évoluer. Pour moi, c’est à cette époque que j’ai vraiment commencé à être reconnu, avec beaucoup de succès : deux titres nationaux et quelques victoires internationales. C’était une voiture tellement amusante, incroyable, et très facile à conduire. »
RS200, 1985-1986
La RS200 marque une rupture radicale avec les précédentes Ford engagées en WRC : contrairement aux Escort, dérivées de voitures de série, elle est conçue dès le départ comme une voiture de rallye. Seuls 200 exemplaires destinés à la route sont commercialisés, afin de satisfaire aux règles d’homologation du Groupe B.
Dotée, d’un moteur développé par Cosworth, la RS200 à moteur central est équipée de quatre roues motrices, avec une répartition de la puissance réglable selon le type de rallye. Elle se distinguait également par sa carrosserie en fibre de verre et ses deux amortisseurs à chaque roue. Après avoir décroché un podium lors de sa deuxième apparition seulement, en 1986, la carrière sportive de la RS200 est écourtée lorsque le Groupe B est interdit. Les Groupe B sont trop rapides, beaucoup trop dangereuses, la FIA met fin à leur utilisation.
Malcolm Wilson : « La RS200 avait un potentiel énorme. Son châssis et ses suspensions étaient exceptionnels. Il faut reconnaître qu’à l’époque, elle était plus lourde que certaines de ses concurrentes et que sa transmission intégrale était très complexe. Mais, à mes yeux, elle aurait pu devenir une voiture capable de dominer le monde, surtout sur des épreuves très difficiles comme le Safari ou l’Acropole. La répartition des masses était parfaite et, grâce au châssis en nid d’abeilles, le plancher était entièrement plat. Elle cochait toutes les cases. »
Sierra RS Cosworth, 1987-1992
Déjà victorieuse sur circuit, la Sierra RS Cosworth était équipée d’un moteur turbocompressé dérivé du bloc Pinto de 2,0 litres de Ford et développé par Cosworth. Dans sa version de route, il délivrait 204 ch. Malgré l’absence de transmission intégrale, les performances et la robustesse de la Sierra RS Cosworth lui ont permis de monter régulièrement sur le podium. En 1988, elle a même remporté le rallye de Corse devant deux concurrentes à quatre roues motrices.
Malcolm Wilson : « C’était une excellente voiture, un ensemble très réussi. Même si elle était imposante, nous avons réussi à la ramener au poids minimum autorisé. Elle avait bien plus de potentiel qu’elle n’a pu en montrer. J’ai vécu de très bons moments en Finlande et, à la fin de l’ère RS Cosworth, nous avions une voiture très compétitive, qui avait remporté plusieurs épreuves du WRC. Elle était capable de gagner le championnat du monde. »
Escort RS Cosworth, 1993-1998
L’Escort revient en rallye en 1993 avec l’l’Escort RS Cosworth. Malgré son apparence, elle partageait avec la Sierra RS Cosworth certains éléments de transmission et de châssis. Ses dimensions plus compactes, ainsi que ses imposants ailerons avant et arrière, améliorent toutefois sa maniabilité et ses performances en spéciale. Elle décroche les deuxième et troisième places dès sa première épreuve, puis cinq victoires au classement général lors de sa première saison.
Malcolm Wilson : « Au début, nous avons testé l’Escort en alternance avec la Sierra, et il ne faisait aucun doute qu’elle avait le plus de potentiel. Je pense qu’il est évident que François Delecour aurait remporté le championnat du monde s’il n’avait pas eu son accident. Pour ma part, j’ai gagné le championnat britannique des rallyes avec l’Escort en 1994. Elle avait des éléments mécaniques très proches, moteur, transmission et suspensions, mais c’était une voiture un peu plus agile. »
Mk I Focus WRC, 1999-2004
Pour accompagner l’arrivée de la nouvelle Focus en concessions, Ford lance la Focus RS WRC. Dès sa saison inaugurale, elle remporte deux épreuves, dont le redoutable Safari Rally au Kenya. Elle a ensuite signé 14 autres victoires et manqué le titre pilotes de 2001 pour un seul point.
Malcolm Wilson : « Ces 18 mois consacrés à la conception et au développement de la voiture ont été complètement fous : elle devait être exposée aux côtés du modèle de série au Salon de l’automobile de Paris. C’était un grand pas en avant. Le moteur était transversal ; on aurait donc pu penser que la répartition des masses serait moins bonne, mais la voiture a évolué très rapidement. Remporter le rallye le plus difficile du monde dès notre troisième épreuve, puis enchaîner avec une épreuve sprint comme le Portugal… Malgré son style flamboyant et spectaculaire, Colin McRae avait une compréhension de la mécanique et un respect de celle-ci tout simplement incroyables, surtout sur ces épreuves difficiles. »
Mk II Focus WRC, 2005-2010
Lancée en 2005, la Focus RS WRC de deuxième génération voit son aérodynamique améliorée et sa coque renforcée. En 2006, elle remporte huit victoires et offre à Ford son premier titre constructeur depuis 1979. L’équipe a conservé ce titre l’année suivante.
Sur les deux générations, la Focus RS WRC a disputé 173 épreuves, remporté deux titres mondiaux et obtenu 142 podiums, dont 44 victoires.
Malcolm Wilson : « Nous avons bénéficié d’un soutien formidable de Ford pour optimiser tous les éléments issus de la production. Nous avons beaucoup travaillé sur la répartition des masses et le centre de gravité, notamment en plaçant la roue de secours sous le plancher du coffre. Là encore, le succès a été immédiat. Nous travaillions pour remporter ce championnat depuis près de dix ans : nous avions enfin atteint notre objectif. C’était un grand moment pour tout le monde, à la hauteur de tous les efforts fournis. »
Fiesta WRC, 2011-2021
Pour répondre à la nouvelle réglementation des World Rally Cars, Ford a créé la Fiesta RS WRC pour la saison 2011. Équipée d’un moteur EcoBoost turbocompressé de 1,6 litre, elle remporte trois victoires cette année-là. Elle décroche 18 podiums, dont trois victoires en 2012. Avant l’arrivée de la nouvelle Fiesta WRC en 2017, elle obtiendra 16 podiums supplémentaires. Ford décroche les titres pilotes, copilotes et constructeurs en 2017 avec Sébastien Ogier et Julien Ingrassia. L’équipage parvient à conserver les titres pilotes et copilotes l’année suivante.
Malcolm Wilson : « La Suède était la première manche du WRC 2011 et, une fois encore, nous avons remporté l’épreuve dès nos débuts. Mais cette voiture était une évolution de la Fiesta Super 2000, lancée l’année précédente à Monte-Carlo. La suite appartient à l’histoire, avec les titres mondiaux. Honnêtement, je pense que c’est l’une des meilleures voitures que nous ayons développées, au vu de son palmarès. On associe souvent les succès de Ford en rallye à l’Escort et à la Focus, mais la Fiesta a elle aussi remporté plusieurs championnats. »
Puma Rally1, 2022-2026
Le Puma est arrivé en 2022 pour répondre à la nouvelle réglementation Rally1 du WRC, qui prévoyait notamment l’utilisation de carburants de synthèse et d’un groupe motopropulseur hybride. Le Puma Rally1 a remporté sa première épreuve dès sa première sortie, le difficile Rallye de Monte-Carlo. Il a ensuite signé deux autres victoires et huit podiums lors des saisons suivantes.
“Une nouvelle fois, nous avons connu des débuts rêvés, avec une victoire à Monte-Carlo dès la première épreuve, grâce à Sébastien Loeb. Ce qu’il a accompli lors d’un rallye avec un copilote avec lequel il n’avait encore jamais couru était tout simplement stupéfiant. Nous étions passés tout près du titre WRC avec Mikko Hirvonen, Jari-Matti Latvala et Marcus Grönholm. Puis Sébastien a piloté notre voiture, et nous avons pu voir de quoi il était capable. Il n’a fait qu’une journée d’essais : les gars étaient prêts à essayer d’autres réglages, mais il a répondu : “Non, non, ça me va.” Il avait fait moins d’essais que n’importe quel autre pilote de l’équipe et n’a pas modifié les réglages entre le départ et l’arrivée. C’est là que j’ai compris à quel point, pendant les dix années précédentes, nous avions dû affronter un adversaire redoutable !”


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