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Le chef de l’opposition officielle de l’Alberta, Naheed Nenshi, a publié sur ses réseaux sociaux une lettre qu’il avait sollicitée au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) en réponse à ses inquiétudes par rapport au référendum du 19 octobre.
Dans cette correspondance, l’agence de renseignement affirme qu’elle a le pouvoir d’enquêter sur l’ingérence étrangère dans la démocratie canadienne en incluant le référendum de l’Alberta en vertu des compétences qui lui sont accordées par la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité.
Une réponse qui satisfait le leader néo-démocrate dans les circonstances. Je comprends qu’en tant que service de renseignement, il a certaines contraintes dans ce qu’il peut énoncer, a précisé Naheed Nenshi en entrevue à CBC.
Selon lui, le risque d'ingérence étrangère est bien réel.
Les séparatistes ne se gênent pas pour dire qu’ils cherchent le soutien des États-Unis. On sait que des youtubeurs néerlandais ont été payés pour diffuser de la désinformation, on a aussi vu que la Russie et les États-Unis tentaient de s’impliquer. C’est très sérieux, mais la première ministre en fait abstraction.
M. Nenshi affirme que, dans l’éventualité où il y a de l’ingérence étrangère, la première ministre doit le dénoncer parce c’est ce qui pose les balises sur ce qui est acceptable ou non.
En mai dernier, le directeur du SCRS, Daniel Rogers, indiquait qu’un référendum comme celui envisagé en Alberta [...] est propice à l’amplification de la désinformation ou à des formes de désinformation que nous avons observées de la part d’acteurs comme la Russie par le passé.
Dans une déclaration envoyée par courriel, Sam Blackett, l’attaché de presse de la première ministre albertaine Danielle Smith, allègue que le chef de l’opposition mène une campagne de peur et ne prend pas en compte le travail du gouvernement pour combattre l’ingérence étrangère.
Notre priorité est de protéger les Albertains, et on espère que le NPD mettra le jeu partisan de côté pour nous soutenir, mentionne M. Blackett. Il soutient aussi qu’un organisme provincial de renseignements se tient à l’affût des menaces et communique avec les agences nationales, telles que la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Danielle Smith a aussi obtenu la côte de sécurité maximale en mai dernier.
Une menace prise au sérieux?
Selon Jean-Christophe Boucher, professeur de science politique à l'Université de Calgary et spécialiste de l’ingérence étrangère, la première ministre ignore volontairement [l’ingérence étrangère] où elle ne comprend pas l’enjeu.
Il ne croit pas que les principales mesures prises par le gouvernement albertain, soit l’ajout d’un marqueur de citoyenneté sur les pièces d’identité et l’obtention de la côte de sécurité de la première ministre, répondent convenablement à l’enjeu.
Certains acteurs pourraient tenter d’inventer des électeurs, mais cela reste assez rare [...]. Ce qui risque d’arriver c’est que les acteurs s’infiltrent dans l’espace informationnel, comme les réseaux sociaux, et tentent d’influencer le débat public.
Il explique aussi que ce type d’actions est en dehors du champ de compétence du SCRS. Selon ses explications, l’organisme pourrait seulement agir lorsque des représentants d'États [étrangers] sont physiquement au Canada et tentent de corrompre directement le processus électoral.
Selon lui, l’autorité compétente serait Affaires mondiales Canada serait l’autorité compétente pour retracer les activités de manipulations de l’information au Canada et à l’international.
[Naheed Nenshi] a posé la mauvaise question à la même personne, avance-t-il. D’ailleurs la lettre du SCRS mentionnait que l’organisation n’a pas le mandat d’enquêter sur des manifestations et dissidences légales, incluant le militantisme politique et l’expression de point de vue.
Avec les informations de Janet French (nouvelle fenêtre)


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