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Glendon : une proposition de déménagement plus détaillée bientôt représentée

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À l’aube de la rentrée à l’Université York, les professeurs du Collège Glendon — la faculté bilingue de l’établissement — attendent d’obtenir une version plus détaillée de la proposition de déménagement du collège.

Cette proposition fait l’objet de nombreuses discussions dans la communauté universitaire depuis qu’elle a été faite au corps professoral au mois de mai. La direction de York insiste pour dire qu’il s’agit uniquement d’une suggestion et qu’elle n’ira pas de l’avant sans l’aval du Conseil de la Faculté de Glendon.

Le 25 juin, la vice-rectrice Laina Bay-Cheng a informé l’Association des professeurs de l’Université York (YUFA) qu’elle fournira une proposition plus détaillée au conseil d’ici le 11 septembre 2026.

Le Conseil de la Faculté est principalement composé des professeurs à temps plein de Glendon. Sa prochaine rencontre, durant laquelle il pourrait être question de la proposition renouvelée, a lieu deux semaines plus tard, le 25 septembre.

Les doutes d’un syndicat

Un mois après avoir rencontré la YUFA, Mme Bay-Cheng a fait de même avec la section locale 3903 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) lors d’une séance de négociations avec l’employeur, explique Zoë Newman, qui préside le SCFP 3903.

Malheureusement, la présentation ne contenait que peu de détails concrets sur l’impact de la proposition pour les pertes d’emploi et mettait plutôt l’accent, vaguement, sur la croissance espérée.

La leader syndicale soutient que plusieurs membres se demandent à quel point leurs appréhensions par rapport à la proposition sont entendues et prises en compte par la direction dans sa prise de décision.

Un autre syndicat — l’Association du personnel de l’Université York (YUSA) — dit que certains de ses membres sont anxieux à l’égard de la rentrée. En général, c’est une période occupée. Nous avons hâte à la rentrée, mais il y a de l’incertitude par rapport à ce qui va arriver avec la proposition, mentionne son président, Sonny Day.

Des courriels aux professeurs

Plus récemment, l’Association étudiante du Collège Glendon a sollicité le soutien des professeurs, a fait savoir son président, Samuel Nieva. À la fin août, l’organisation dit avoir environ 170 personnes : tant des professeurs actuels de Glendon, que des retraités et des professeurs sur le campus principal de l’établissement dans le nord de la ville, appelé Keele.

M. Nieva explique que, dans son courriel, l’Association a décrit les sentiments des étudiants à l’égard de la proposition. Nous avons mentionné le fait que [la direction] a structuré la proposition comme ne touchant que le corps professoral et que, pour cette raison, seuls les membres de celui-ci sont consultés, dit-il.

Samuel Nieva en visioconférence.

Samuel Nieva, président de l’Association étudiante du Collège Glendon. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Nous ne sommes pas d’accord avec cette idée, car [la proposition] touche tout le monde, affirme Samuel Nieva en entrevue avec Radio-Canada.

Plusieurs professeurs qui nous ont répondu nous appuient. Ils étaient en fait contents que nous les eussions contactés.

Le 26 août, M. Nieva a expliqué que l’Association a aussi dû former les superviseurs des orientations afin qu’ils puissent répondre aux questions des étudiants concernant l’avenir de Glendon durant la semaine d’orientation, qui avait lieu du 30 août au 6 septembre.

Raffaella Colangelo, qui amorcera bientôt sa quatrième année à Glendon, affirme que le possible déménagement n’a pas fait l’objet de beaucoup de discussions parmi les étudiants durant l’été. C’est le type de chose qui est hors de notre contrôle, dit-elle.

L’étudiante estime qu’il est important pour elle et ses camarades de classe de se prononcer sur le sort de la faculté bilingue. Parce que, si les étudiants ne disent pas ce qu’ils pensent, l’Université va se dire : "Tout le monde est d’accord [avec la proposition], nous pouvons aller de l’avant", énonce-t-elle.

Le point de vue de Keele

La situation au Collège Glendon continue aussi d’attirer l’attention des professeurs francophones basés au campus Keele.

En mai, l’Amicale francophone de York — un groupe de professeurs francophones sur les deux campus — s’était indignée de la proposition. Cette dernière, écrivait-elle dans une missive, porte tous les stigmates d’une décision déjà prise que l’on cherche à habiller des oripeaux de la collégialité.

La professeure Audrey Laurin-Lamothe note entre autres que le Collège Glendon est désigné en vertu de la Loi sur les services en français, ce qui signifie qu’elle doit offrir des services en français conformes à la loi, au même titre que des organismes gouvernementaux.

Un étudiant marche devant le panneau de l’Université York.

La direction de l’Université York assure qu’en cas de déménagement, Glendon — qui perdrait aussi son statut de faculté — conserverait son caractère bilingue et ses services bilingues une fois basés à Keele. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le problème actuellement avec le potentiel déplacement de ces activités à Keele, c’est que la ministre [ontarienne des Affaires francophones] n’a pas précisé si ce statut allait continuer de s’appliquer aux activités qui seraient déplacées, dit-elle.

La direction de l’Université assure qu’en cas de déménagement, Glendon — qui perdrait aussi son statut de faculté — conserverait son caractère bilingue et ses services bilingues une fois basés à Keele. Mais la professeure, qui s’y trouve, a des préoccupations à ce sujet.

Comme francophone qui travaille sur le campus Keele, je peux confirmer que le soutien en français n’est pas assuré, dit-elle. La professeure affirme qu’elle a reçu un guide sur le régime d’assurance entièrement en anglais et qu’elle a obtenu une copie en français après plusieurs semaines qu’après en avoir fait la demande. Elle n’a vu aucun document en français pour son régime de retraite.

L’administration fait des communications officielles bilingues, mais n’a pas en fait de service ou ne produit pas de documentation bilingue à tous les niveaux, à toutes les échelles en fait, renseigne-t-elle.

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