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Depuis des semaines, le ballet des moissonneuses-batteuses bat son plein à Notre-Dame-de-Lourdes. Dans un champ de blé, Brody Simon, 18 ans, est aux commandes. Ce jour-là, il termine le travail après 21 h. Malgré l'ouvrage intense, il est prêt à reprendre la ferme « sans hésiter ».

Depuis des semaines, le ballet des moissonneuses-batteuses bat son plein à Notre-Dame-de-Lourdes.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Tous mes ancêtres ont poussé pour garder la ferme, alors moi, je veux faire la même chose pour mes enfants dans le futur, explique Brody Simon.
Il en va de même pour les frères Mark et Michel Simon. Ils sont la quatrième génération à exploiter la ferme et s'occupent de l'exploitation aux côtés de leur père.
Je ne sais pas si c’est génétique ou si c’est quelque chose que mes parents ont fait. Ça a toujours fait partie de notre vie, raconte Michel Simon.
Une affaire de famille
Aujourd’hui dans la ferme Readore Holsteins, il y a le père, Rhéal Simon, ses deux fils, Mark et Michel, et leurs sept enfants. Parmi les jeunes de cette cinquième génération, tous envisagent de travailler dans l’agriculture. On ne veut pas leur mettre trop de pression pour qu’ils le fassent, parce qu’il faut vraiment être en amour avec ce métier, précise Michel Simon.

Quand Michel Simon et ses fils s'occupent de la traite des vaches, c'est une opération bien huilée.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Alors que Brody Simon et son père Mark sont dans les champs, Michel Simon et ses fils s'occupent de la traite des vaches. Deux personnes, ça suffit, mais à quatre, cela va deux fois plus vite, explique le père de famille.
Travailler en famille, ça permet d’être plus efficace et chez les jeunes, l'enthousiasme est présent. J’aime beaucoup l’agriculture, j’aime voir les champs grandir et toutes les machines sont pas mal cool, confirme Kaden Simon, 16 ans. J’aime conduire les tracteurs, surtout les combines, ajoute pour sa part Alex Simon.
À la ferme, chacun exploite ses forces et cultive ses intérêts. Par exemple, Mark Simon se passionne pour l’agronomie, mais quand il faut mettre la main à la pâte, tout le monde participe.

Mark Simon est au volant d'une moissonneuse-batteuse pour récolter le blé.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
S’il y a de quoi à faire avec les animaux, il faut être capable de le faire. Par exemple, si il y a une vache qui va avoir un veau, il faut que tu te lèves la nuit, explique Rhéal Simon.
Même constat pour les décisions, cela se fait en famille, et Brody Simon a déjà bien intégré cette dynamique. Si je devais prendre la tête de la ferme, je la garderais de même, c’est la famille qui prend les grandes décisions, pas juste un individu, explique-t-il.
Avec un métier pareil, il faut que tu aies une femme qui soit de ton bord aussi.
Les femmes qui partagent la vie de Rhéal, de Mark et de Michel Simon participent aussi à l’effort collectif de la ferme, même si elles ont leur propre métier en plus.
Le métier change, la passion reste
Les Simon ont installé la ferme à Notre-Dame-de-Lourdes au début des années 1900, à une époque où il y avait une ferme à chaque demi-mille (800 m) dans la région.
Aujourd’hui, l’agriculture est encore une activité majeure du sud du Manitoba, mais le nombre des fermes a énormément diminué, tandis que leur taille a explosé. Maintenant, cela prend tellement plus pour faire une vie à la ferme, il faut être capable d’avoir les marges pour avoir une assez bonne vie, explique Michel Simon.
On essaye d’être aussi efficaces que possible, de dépenser le moins possible, c’est comme ça qu’on a toujours mené nos affaires et c’est ce qui a fait notre succès, confirme Mark Simon.

Les Simon ont installé la ferme à Notre-Dame-de-Lourdes au début des années 1900, à une époque où il y avait « une ferme à chaque demi-mille » dans la région.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Toutefois, les agriculteurs ne sont jamais à l’abri d’une dépense imprévue. On a un engin sur une combine qui a lâché, c’est un gros prix à avaler, mais on n'a pas le choix, il y a encore toute la récolte à faire, ajoute-t-il.
Un élément clé pour la réussite de leur ferme, c’est la diversification de leurs activités. Les Simon cultivent le pois, le canola, le blé et les tournesols, et ils élèvent aussi des vaches laitières. Cela permet d’équilibrer les comptes quand une mauvaise saison frappe.
Pour l'avenir, ils envisagent de commencer l’élevage de poules pondeuses, une activité moins exigeante sur le plan de la main-d'œuvre. Pour Mark Simon, cette diversification permet de léguer à ses enfants la meilleure situation possible.
Transmettre la ferme, ça se prépare
Si on devait vendre notre ferme à nos enfants au prix d’aujourd’hui, on ne pourrait pas s’en sortir, souligne Rhéal Simon. La famille a donc pris ses dispositions avec un plan de succession et une bonne communication avec ses avocats et son comptable.

Rhéal Simon vit à la ferme depuis qu'il est né, soit depuis 72 ans.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Des fois, c’est des questions vraiment difficiles mais, dans la famille, on communique beaucoup pour savoir ce qu’on veut faire dans le futur, explique Mark Simon.
Rhéal Simon sait qu’il est chanceux que tous ses fils et ses petits-enfants veuillent continuer dans ce métier. Il faut qu’ils aient de l’intérêt, puis ils en montrent de l’intérêt. Il faut qu’ils n’aient pas peur de l’ouvrage, c’est comme ça que ça marche, conclut le patriarche.


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