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Vous aussi, vous avez cette désagréable impression depuis le début de l'été ? Que c'est un peu chaque jour un nouveau record !
Le mois dernier, par exemple, avait été classé mois de juillet le plus chaud jamais enregistré à la surface des océans avec une moyenne de 20,96 °C contre 20,89 °C en juillet 2023.
Samedi, c'est le record absolu des températures quotidiennes à la surface des océans qui est tombé. Un record, depuis le début des enregistrements, comme il est coutume de dire. Probablement même depuis la dernière période interglaciaire qui remonte à... 125 000 ans !
According to ERA5 global sea surface temperatures have set a new all time record.
This is likely the warmest sea surface temperatures have been in at least the last 125,000 years.
What’s more concerning is this will likely rise further in the coming months. pic.twitter.com/vRLtJgQ3t4
Pourquoi la date même de ce record est une anomalie absolue
Le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) le confirme aujourd'hui : le 22 août 2026, la température moyenne mondiale à la surface de la mer - pour les régions comprises entre les latitudes 60° S et 60° N - est montée à 21,1 °C !
Le chiffre est dérangeant. Mais ce qu'il y a de plus inquiétant encore, c'est que les températures océaniques mondiales atteignent généralement leur maximum en mars ou en avril, à la suite de l'été austral. D'ailleurs, le précédent record pour les températures quotidiennes date de mars 2024. Il avait été établi à 21,09 °C.
Après 8 jours de chaleur exceptionnelle, les températures de l’eau ont atteint des sommets sur les côtes françaises.... Lire la suite
Le record de ce samedi est enregistré en août. Autant dire qu'il écrase littéralement la valeur quotidienne la plus élevée jamais observée pour un mois d'août, qui était de 20,98 °C en 2023.
Peut-être le résultat de vagues de chaleur marine dont l'intensité ne fait qu'augmenter sous l'effet du réchauffement climatique. Des vagues de chaleur qui ont tendance à être plus extrêmes en été, période où la couche de mélange superficielle de l'océan est la plus mince et les vents les plus faibles.
Ce samedi 22 août 2026, la surface des océans du monde était plus chaude que jamais. © C3S, ECMWF, ERA 5
L’ombre d’un « monstre » climatique à l’horizon
Plus alarmant encore, le fait qu'aux conséquences d'un réchauffement climatique qui met désormais l'océan sous pression depuis plusieurs décennies, s'ajoute aujourd'hui un phénomène El Niño que les chercheurs s'attendent à voir s'intensifier dans les prochains mois.
Selon les experts, l'anomalie thermique dans les 300 premiers mètres de l'océan Pacifique équatorial - c'est-à-dire, l'indicateur sur lequel ils se basent pour juger de la puissance d'El Niño -, dépasse déjà celle du « super El Niño » de 1997-1998. Et tout cela fera encore grimper les températures de l'océan dans les semaines et les mois à venir.
Quand la surchauffe des océans dicte la météo
Inquiétant. Alarmant. Parce que tout cela ne sera pas sans conséquences pour les écosystèmes et pour notre santé, comme pour le climat mondial.
+6 °C en Méditerranée : pourquoi la surchauffe des océans menace aussi notre santé
Les océans n’ont jamais été aussi chauds. Et derrière ces records de température se cache une menace moins visible, mais bien réelle, celle qui pèse sur la santé humaine. Des chercheurs expliquent comment les vagues de chaleur marines sont plus qu’un problème environnemental. Elles deviennent un enjeu de santé publique.... Lire la suite
Des océans plus chauds, cela signifie globalement plus d'énergie et d'humidité disponible pour alimenter les tempêtes. Dans certaines régions du monde, les précipitations vont augmenter avec les risques d'inondations qui vont avec. Dans le Pacifique, la saison des ouragans s'annonce aussi intense.
Pour d'autres, c'est à une période de sécheresse à laquelle qu'il faut s'attendre. L'Australie s'inquiète déjà des risques de feux de brousse dès le début - très prochain - du printemps de l'hémisphère sud.
Pour les 25 ans de Futura, nos journalistes racontent une image qui a marqué leur regard sur ce premier quart de siècle. En 2019-2020, l’Australie traverse son terrible « été noir ». Pendant des mois, des incendies gigantesques dévorent le pays et donnent naissance à des images qui marqueront les esprits. Six ans plus tard, elles n’ont rien perdu de leur force.... Lire la suite
La végétation a beaucoup poussé durant l'hiver et les conditions sont désormais sèches. En Nouvelle-Galles du Sud, par exemple, du côté de terres ravagées par les incendies de l'« Été noir » de 2019 et 2020, qui avaient causé la mort de 33 personnes et la destruction de plus de 3 000 habitations. « J'ai toutes les raisons de penser que nous assisterons à des incendies tout aussi exceptionnels. Si ce n'est pas cet été austral, ce sera certainement l'été prochain », prévient, dans un entretien à ABC News, David Bowman, professeur de pyrogéographie et de science du feu à l'Université de Tasmanie (Australie).
Faire face aux crises à venir est devenu inévitable, mais s'adapter ne suffira pas si l'on ne s'attaque pas à la source du problème. Ces signaux d'alarme marins rappellent eux aussi l'urgence absolue de couper le robinet de nos émissions de gaz à effet de serre avant que la machine climatique ne devienne totalement incontrôlable.


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