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Les statistiques sur les surdoses et les décès liés aux opioïdes n’ont pas été mises à jour sur le site Internet du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard depuis le mois de février. La médecin hygiéniste en chef de la province ainsi que des organismes locaux soutiennent que ces données devraient être actualisées plus fréquemment.
En 2025, les services médicaux d’urgence de la province ont répondu à 109 appels pour des surdoses présumées liées aux opioïdes, une baisse par rapport aux 171 interventions enregistrées l’année précédente.
Toutefois, la gestionnaire de projet en réduction des méfaits pour PEERS Alliance, Tessa Rogers, indique que son organisme constate beaucoup plus de surdoses que le nombre rapporté. Elle souligne qu’une mise à jour des statistiques en temps réel permettrait de mieux informer la population des dangers liés à la consommation.
On constate que de nombreuses décisions sont prises en fonction des données disponibles. Il est donc essentiel que nous puissions les mettre rapidement à la disposition non seulement des prestataires de services, des parties prenantes [...], mais aussi des membres de la communauté. Cela permettra de mieux comprendre la situation au sein de notre communauté, en temps réel.
Au-delà des données qui accusent un retard, Tessa Rogers souligne que de nombreux cas ne sont pas rapportés.
Les personnes ayant déjà fait une surdose ou celles qui consomment peut-être avec leurs pairs interviennent d'elles-mêmes, et ces données ne sont pas enregistrées, explique-t-elle. Donc, si une personne réagit à la naloxone administrée par un ami, bien souvent, elle n'appelle pas les services d'urgence.
De son côté, la médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Heather Morrison, reconnaît qu’une surveillance étroite des surdoses est importante. Elle explique toutefois que plusieurs facteurs peuvent influer sur le délai de traitement des statistiques.
Les surdoses non mortelles sont plus faciles à suivre grâce aux informations des services d'urgence et des hôpitaux, explique-t-elle. Les décès nécessitant l'intervention d'un coroner peuvent prendre plus de temps.
Au Canada, le taux de mortalité lié aux opioïdes s’élève à 13,5 pour 100 000 habitants. La moyenne provinciale est plus basse, s’établissant à 7,1 décès pour 100 000 personnes.
À l’Île-du-Prince-Édouard, il est possible d’accéder à des services de soutien par l’entremise de PEERS Alliance, ou de se procurer des bandelettes de détection de drogues et des trousses de naloxone dans les pharmacies.
D’après le reportage de Tony Davis, de CBC


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