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Le parc national Wood Buffalo reçoit une 3e mission d’évaluation de l’UNESCO

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Une équipe d’experts de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) et de l'Union internationale pour la conservation de la nature effectue cette semaine une troisième mission de suivi au parc national Wood Buffalo, situé dans le nord-est de l'Alberta.

Douze ans après la pétition initiale déposée par la Première Nation crie Mikisew, la situation au parc national Wood Buffalo, la plus grande aire protégée du pays, reste préoccupante; du moins selon la cheffe de la Première Nation crie Mikisew, Melody Lepine.

Nous sommes frustrés depuis 2014, résume Mme Lepine, qui ne cache pas son irritation en réaction à ce qu’elle qualifie de promesses brisées des gouvernements fédéral et provincial.

Elle a ainsi mené la pétition initiale auprès de l’UNESCO pour tirer la sonnette d’alarme sur l’état du site.

Jusqu'au 23 août 2026, une délégation de ce démembrement des Nations unies mesurera sur place les progrès du Canada quant à l'exécution du plan d'action protégeant ce parc qui a été inscrit au Patrimoine mondial en 1983.

Un delta qui s’assèche

Au cœur des préoccupations se trouve le delta Paix-Athabasca, une des valeurs universelles importantes du site. Melody Lepine mentionne que le delta s’assèche en raison des changements climatiques, des barrages hydroélectriques situés en amont et des prélèvements d’eau massifs par l’industrie des sables bitumineux.

Cette année, le delta semble normal, mais c’est une anomalie. C’est ainsi qu’il devrait être chaque année, dit-elle.

Elle note également une détérioration de la qualité de l’eau, désormais non potable, ainsi qu’une disparition de la faune, notamment les rats musqués et les orignaux. Cela, selon Mme Lepine, menace le mode de vie traditionnel et les droits issus des traités de sa communauté.

Un manque de progrès concrets

Melody Lepine déplore l’absence de progrès notables dans la concrétisation des recommandations formulées lors des missions précédentes, notamment en ce qui a trait à la construction d’une structure de contrôle des eaux pour gérer les niveaux du delta.

Le Canada n’a fait presque aucun progrès sur cet engagement, fait-elle savoir, ajoutant que le manque de financement et de ressources entrave toute avancée.

Elle critique également les nouvelles législations, comme le projet de loi 7 de l’Alberta, qui faciliteraient le détournement de l’eau et accéléreraient les approbations industrielles.

La menace des bassins de résidus

Kaitlyn Philip, directrice de campagne à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) en Alberta, souligne, quant à elle, les risques posés par les bassins de résidus des sables bitumineux, qui contiennent plus de deux milliards de litres de déchets.

Elle s’inquiète notamment des projets de rejet d’eaux partiellement traitées dans la rivière Athabasca, qui menaceraient la qualité de l’eau potable des communautés situées en aval, jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest.

Il y a une absence d’évaluation formelle des risques, affirme Kaitlyn Philip, faisant référence aux préoccupations des communautés concernant les taux de cancer et la sécurité de la consommation de poisson et de gibier.

Des demandes claires

Mme Lepine note trois priorités absolues : la construction immédiate de la structure de contrôle des eaux, la cogestion du site avec les communautés autochtones, et l’interdiction stricte de tout rejet de déchets toxiques dans la rivière Athabasca.

C’est notre source d’eau potable, fait-elle remarquer. Elle espère que la mission recommandera l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO, ce qui serait comme un électrochoc qui, selon elle, forcerait le gouvernement à agir.

Le site est en danger.

De son côté, l’Alberta reconnaît l’ampleur du défi, indiquant que la gestion des résidus prendra des décennies et nécessitera une approche globale.

La province assure que tout rejet futur ne se fera que selon des normes strictes, tout en poursuivant les travaux d’engagement scientifique et autochtone. Le rapport de la mission, attendu dans les 90 jours suivant l''inspection, déterminera si le Canada a suffisamment progressé pour éviter que le parc national Wood Buffalo soit inscrit sur la liste des sites naturels en péril.

Avec les informations de Jamie Malbeuf

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