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La courte trêve entre les États-Unis et l'Iran (désormais révolue) a offert une précieuse bouffée d'oxygène financière à Téhéran, selon un rapport de l'United Against Nuclear Iran (UANI).
Selon l'organisation, entre le 14 juin et le 14 juillet, période durant laquelle l'accord était en vigueur, 66 pétroliers iraniens ont quitté le golfe d'Oman en franchissant le détroit d'Ormuz, transportant environ 70 millions de barils de pétrole ainsi que des produits pétrochimiques iraniens. Recette estimée pour l'Iran : plus de 6 milliards de dollars. Mais derrière ces chiffres se cache une opération minutieusement orchestrée, pensé pour faire parvenir le pétrole iranien jusqu'à ses acheteurs.
Un accord tombé à l'eau
Pour rappel, le 17 juin, les États-Unis et l'Iran avaient signé un protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre et à rouvrir le détroit d'Ormuz. Le ministère américain des Finances avait également fait autoriser, jusqu'au 21 août, "toutes les transactions" auparavant interdites liées à la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne.
Quelques jours plus tard, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, affirmait alors que les prix du pétrole iranien étaient environ 20 % supérieurs à ceux d'avant-guerre. L'accord permettait également à l'Iran de recevoir les paiements en dollars, offrant au "gouvernement iranien la possibilité d'engranger des milliards de dollars de devises étrangères dont il a cruellement besoin après la guerre et des années de sanctions écrasantes", notait alors le Wall Street Journal. Donald Trump avait défendu cette décision en affirmant que ces revenus devaient permettre à l'Iran d'acheter des produits agricoles américains, et non de financer la reconstruction de son armée.
L'Iran vend désormais son pétrole plus cher qu'avant la guerre : "Les Américains ont perdu cette guerre"Mais ces dernières semaines, les tensions sont de nouveau vives au Moyen-Orient, ce qui a entraîné une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz. Le 7 juillet, au lendemain d'attaques iraniennes contre des bateaux marchands, les États-Unis ont ainsi rétabli les sanctions sur le pétrole iranien, dénonçant des actions "totalement inacceptables" de la part de Téhéran dans le détroit d'Ormuz, selon un responsable américain.
Un passage vers les côtes de la Malaisie
Si cette trêve n'a donc pas abouti à un accord durable, elle aura néanmoins permis à l'Iran de bénéficier d'un répit financier. Mais elle a aussi offert une opportunité pour la Chine. Car selon l'UANI, l'ensemble des pétroliers avait en effet pour destination finale le pays de Xi Jinping.
Pour acheminer ces cargaisons, les navires ont quitté l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, pour passer ensuite au large des côtes de la Malaisie et traverser le détroit de Singapour. D'après des analystes cités par le Wall Street Journal, l'Iran a ensuite eu recours à une méthode déjà bien connue pour contourner les restrictions internationales. Les pétroliers ont ainsi navigué jusqu'à une zone située en dehors des eaux territoriales malaisiennes, devenue un point de transfert stratégique entre l'Iran et la Chine.
Et si le monde devait apprendre à se passer du détroit d'Ormuz ? "Nous, on est ennuyés. Eux, ils sont catastrophés"Ensuite, les cargaisons ont été transférées en mer vers d'autres navires grâce à des systèmes de tuyauterie qui permettent de dissimuler davantage l'origine du pétrole transporté. Certains pétroliers, trop imposants, ne peuvent par ailleurs pas accéder directement à certains ports chinois.
Les détroits de Malacca et de Singapour. ©IPM GraphicsPour limiter les risques de détection, les navires effectuent souvent ces opérations de nuit, en désactivant ou en falsifiant leur système d'identification automatique, ce qui les rend difficiles à détecter pour les autorités. À titre d'exemple, au moins 679 échanges auraient eu lieu dans cette zone et de cette façon en 2025, selon CNN.
Ormuz, toujours sous pression
Depuis le début du conflit, le détroit d'Ormuz reste au cœur des tensions régionales. L'Organisation maritime internationale (OMI) a ainsi recensé 58 incidents impliquant des navires commerciaux dans le golfe Persique, le détroit d'Ormuz et le golfe d'Oman.
Un bateau thailandais a été pris pour cible par des drones iraniens en mars dernier. Ce dimanche, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a demandé à la communauté internationale de faire pression sur l'Iran aux côtés des États-Unis pour "protéger le transport maritime mondial" dans le détroit d'Ormuz.
Une proposition étonnante pour rouvrir le détroit d'Ormuz ? "C'est dans l'intérêt iranien mais cela ne va pas plaire à Trump"Dans la nuit de dimanche à lundi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir arrêté deux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz de façon "non autorisée" par Téhéran.
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