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L'exode des députés conservateurs a mis en lumière une profonde différence d’idéologie entre les démissionnaires et la cheffe du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Kerry-Lynne Findlay. Mais, avec le départ d'un sixième député, n'est-il question que d’idéologie ou est-ce bien plus personnel?
La défection jeudi du député d’Abbotsford-Sud, Bruce Banman, est une véritable tuile pour le leadership de Kerry-Lynne Findlay.
Bruce Banman a permis au Parti conservateur d’obtenir le statut officiel de parti à l’Assemblée législative en 2023. Il avait quitté le BC United pour rejoindre John Rustad, le chef conservateur de l’époque.
La montée fulgurante d’un parti qui n’avait pas mis les pieds à l’Assemblée législative depuis 1979 et qui, en fin de compte, a presque gagné l’élection provinciale en 2024 avec 44 sièges, cette ascension, c'est le fruit du travail de M. Banman et de M. Rustad.
Le politologue Stewart Prest estime que le départ de Bruce Banman démontre que les désaccords des députés vont plus loin que la direction idéologique du parti sous la nouvelle cheffe.
Il s’agit, selon Stewart Prest, plutôt d’une question de crédibilité. Cette crédibilité reposait initialement sur l’expérience fédérale de Mme Findlay au sein du Parti conservateur sous la direction des chefs Stephen Harper et Pierre Poilievre.
Cela indique que la vision initiale du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, cette résurgence, cette idée d'un Parti conservateur inclusif a véritablement été abandonnée.
Par ailleurs, dans sa lettre de démission, Bruce Banman a affirmé que plusieurs personnes [lui] ont dit que la cheffe n’avait aucune chance d’être élue.
De plus, il a incité les autres députés à le rejoindre, ce que les autres démissionnaires n’avaient pas fait.
Selon Stewart Prest, le message de Bruce Banman vient renforcer ce que les autres démissionnaires ont affirmé, comme Brennan Day, qui a dit mercredi qu’il avait perdu toute confiance envers le jugement, la conduite et l'éthique de la cheffe en raison du choix de personnes controversées dans son entourage.
Ainsi, Chris Delaney est connu pour ses liens avec l'ancien premier ministre et chef du Parti crédit social de la Colombie-Britannique, Bill Vander Zalm, qui avait refusé que le régime d'assurance maladie de la province couvre les frais d'avortement.
Il y avait aussi Apollo Chung, le directeur des opérations du parti, qui était un ancien membre du Parti séparatiste de l'Alberta. Kerry-Lynne Findlay l'a renvoyé mercredi sans en préciser la raison.
La députée de Prince George-Valemount, Rosalyn Bird, qui a également quitté le caucus mardi, avait affirmé que Kerry-Lynne Findlay et son entourage entretenaient un climat toxique au sein du parti.
Il y avait des discussions sur qui était libéral ou qui n’était pas assez conservateur. C’était malaisant. Ce n’est pas pour cela que je me suis présentée comme députée. Et honnêtement, les Britanno-Colombiens en ont assez de ces étiquetages. Ils veulent parler d’abordabilité.
D’après Stewart Prest et Barinder Bhullar, un conseiller politique, les députés démissionnaires ne sont pas irrités que par un virage plus à droite du parti : ils contestent la viabilité de Mme Findlay comme cheffe.
Si elle ne peut pas se gouverner ou gouverner son caucus, comment peut-elle prétendre qu’elle pourrait gouverner la province?, explique Barinder Bhullar.
Le conseiller politique ajoute que les multiples départs, cinq en quatre jours, six en moins de deux semaines, minent également la crédibilité de Mme Findlay aux yeux de la population.
Cette situation rend l’opposition officielle inefficace. Le caucus est plus préoccupé par qui sera le prochain à partir au lieu de talonner le gouvernement. Cela peut décourager les personnes qui autrement seraient venus voir les conservateurs sur des sujets importants.
Cela ouvre la porte au centre droit, estime David Black, professeur de communications à l'Université Royal Roads. Déjà, d'importantes figures conservatrices et libérales se sont rencontrées dans un restaurant mercredi à Vancouver.
Il y a ici une occasion à saisir pour ces députés indépendants qui sont conservateurs sur le plan économique, mais probablement plus progressistes sur le plan social. La formule gagnante dans ce cas-ci n'est pas simplement une sorte de conservatisme économique froid et technocratique, mais bien une rigueur budgétaire humaine.
Calendrier des députés démissionnaires :
- 14 août : Peter Milobar quitte le caucus;
- 22 août : Reann Gasper cède son siège pour permettre à la cheffe de se présenter à une élection partielle;
- 24 août : Ian Paton quitte le caucus;
- 25 août : Rosalyn Bird quitte le caucus;
- 26 août : Teresa Wat et Brennan Day quittent le caucus;
- 27 août : Bruce Banman quitte le caucus.


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