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Inondations au Népal, l’angoisse des proches d’une famille de Port Moody

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Séparés par les océans, les proches de Dhaval Shah (52 ans) et de son épouse, Megha Shah (50 ans), vivent dans l’anxiété. Établi à Port Moody depuis 24 ans, le couple fait partie des 32 citoyens et résidents permanents canadiens portés disparus à la suite des crues soudaines survenues à la frontière entre le Népal et le Tibet.

Depuis Mumbai, le frère de Dhaval Shah, Keval Shah, tente de gérer le stress immense qui pèse sur sa famille.

C'est mon seul frère et aussi mon ami, confie M. Shah, la voix lourde, insistant sur le fait qu'obtenir un dénouement est essentiel pour ne pas demeurer des mois dans cette atroce incertitude.

Un projet de vie balayé en un instant

Capitaine de navire sur le point d'achever son doctorat, Dhaval Shah est un athlète passionné de vélo, tandis que son épouse, Megha Shah, est une ingénieure informatique très organisée.

Avis de recherche jaune et noir affichant les photos et les noms de Megha Shah et Dhaval Shah, avec des numéros de téléphone en bas de page.

L'avis de recherche diffusé par la famille sur les réseaux sociaux pour tenter de retrouver Dhaval Shah et Megha Shah.

Photo : Photo fournie par la famille Shah

Les deux frères, qui ne s'étaient pas vus depuis trois ans, devaient enfin se retrouver le 7 septembre. Ils rêvaient souvent du jour où ils vieilliraient ensemble au Canada, à boire du thé en hiver et cueillir des bleuets.

Le 26 août, lors d'un périple vers le mont Kailash organisé par l'agence Himalayan Glacier, le couple prenait son petit-déjeuner à l'hôtel Kailash en attendant de traverser la frontière. À 8 h 45, une crue torrentielle a tout emporté.

L'hôtel a été complètement submergé, il n'existe plus. La puissance de l'eau était telle qu'on ne sait pas ce qui leur est arrivé.

Dhaval Shah et Megha Shah posant avec deux personnes devant un temple.

Megha Shah (en jaune) et Dhaval Shah (à droite), un couple passionné de plein air installé à Port Moody.

Photo : Photo fournie par Nisha Kotecha

Entre le déni des proches et le choc de la distance

Sur son écran, les avis de recherche et les photos de victimes défilent par dizaines.

Après avoir vu plus de 50 images de corps, ça devient insupportable. On ne veut pas voir quelqu'un qu'on aime dans cet état, avoue-t-il, reconnaissant avec une vulnérabilité qu'il n'aurait pas la force de se rendre sur place au Népal pour faire l'identification des victimes.

Dhaval Shah et Megha Shah sourient aux côtés d'un guide dans un aéroport.

M. Dhaval Shah (à gauche) et Mme Megha Shah (au centre) à leur arrivée au Népal, avant d'entamer ce périple vers le mont Kailash.

Photo : Photo fournie par Nisha Kotecha

À Port Moody, la fille du couple, âgée de 24 ans, demeure dans le déni et s'accroche à l’idée d’un miracle. Tout comme la mère des deux frères, actuellement aux États-Unis après avoir passé six mois au Canada auprès du couple.

Elles ont besoin de croire qu'ils vont revenir, et on essaye de les protéger. C'est pour ça que la recherche de la vérité est si importante, aussi dure soit-elle.

Le parcours du combattant pour s'informer

Obtenir des réponses relève du défi. Le seul canal officiel quotidien est un appel Zoom organisé chaque matin par l'agence de voyages avec les 57 familles touchées. Face à cette lenteur, les proches ont créé leur propre groupe WhatsApp pour s'épauler et croiser des pistes technologiques, tentant notamment d'exploiter les identifiants Apple pour retracer le dernier signal des disparus.

Tout le monde partage la même peine, alors on sait au moins qu'on n'est pas seul à porter ce fardeau. Quand 50 personnes cherchent ensemble, ça donne un peu d'espoir.

L'urgence d'une action internationale

En parallèle, la famille multiplie les démarches. M. Shah fait pression auprès du gouvernement indien et, bien que sa nièce ait soumis un dossier auprès de la Croix-Rouge canadienne, M. Shah déplore n'avoir reçu qu'un seul courriel générique d'Ottawa à ce jour.

Il regrette que les secours restent une opération très spécifique par pays au lieu d'un effort unifié.

Alors qu'une nouvelle vague d'intempéries est redoutée dans la région, il supplie Ottawa et la communauté internationale d'agir d'urgence avant que la fenêtre d'intervention ne se referme définitivement.

Avec des informations de Georgie Smyth

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