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Le mégaprojet de centrale électrique au gaz naturel à Tantramar, au Nouveau-Brunswick, peut aller de l'avant à certaines conditions. L’étude d’impact environnementale a été approuvée par le ministère de l'Environnement, mais l’entreprise américaine ProEnergy, qui est responsable du projet avec Énergie NB, devra se plier à 45 conditions, sans exception.
L'entreprise devra, par exemple, préparer plusieurs plans pour atténuer ou éliminer les effets néfastes sur l'environnement, notamment en ce qui a trait aux eaux usées, à l’air et aux terres humides.
Sept conditions devront être respectées avant même le début du projet, y compris la mise sur pied d’un plan d’urgence en collaboration avec le service d’incendie de Tantramar.

Des lignes de transmission à Centre Village sur le site de la future centrale au gaz naturel d'Énergie NB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Un an après le début de l’exploitation de la centrale, l’entreprise devra aussi produire un plan pour atteindre la carboneutralité. Cet échéancier moins serré doit permettre de se baser sur des vraies données plutôt que des estimations de pollution.
L’entreprise devra aussi avoir des discussions avec la Première Nation d’Elsipogtog sur le respect des mesures d’atténuation, formulées par rapport aux préoccupations de la communauté autochtone.
Les conditions permettent aussi d’en apprendre plus sur la taille du projet et le fonctionnement de la centrale.
Le site ne sera en fonction qu’entre 7 % et 17 % de l’année.
Énergie NB dit avoir besoin de cette centrale pour éviter de manquer d’électricité en période de pointe. C’est d’ailleurs uniquement lors de ces périodes où la demande est plus importante qu’elle devrait fonctionner.
Sa capacité maximale est de 500 mégawatts, soit 400 pour le Nouveau-Brunswick et 100 pour la Nouvelle-Écosse en vertu d’un projet d’expansion.
La centrale doit fonctionner au gaz naturel principalement; lorsque celui-ci n’est pas disponible, il sera possible de se servir de diesel.
Le gaz naturel doit être la source d’alimentation principale, bien que ce concept ne soit jamais clairement défini dans les conditions.
Les inquiétudes de la population prises en compte, assure le ministre
Ce projet a suscité une forte opposition, de la part d'environnementalistes et de résidents de Tantramar.
Bruit, effets sur la santé et pollution font partie des inquiétudes soulevées.
Tous les commentaires soulevés par les Premières Nations, par les parties prenantes ou par le public ont été sérieusement pris en considération. Je répète : toutes ont été prises en considération, affirme le ministre de l’Environnement, Gilles LePage.
Et maintenant, comment on va convaincre les gens? En leur expliquant, je pense, étape par étape, ajoute-t-il.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Nouveau-Brunswick, Gilles LePage, lors d'une conférence de presse, vendredi matin.
Photo : Radio-Canada
Gilles LePage assure que le travail du ministère est de s’assurer que le projet respecte les conditions et que cela constitue la clef du succès.
Le projet a aussi reçu l’approbation de la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick, même si celle-ci fait l’objet d’une contestation judiciaire.
En obtenant cette approbation du ministère de l’Environnement, ProEnergy se rapproche grandement du début de la construction.
De son côté, Énergie NB fait remarquer que même si on vient de franchir une étape importante, ce n’est pas la fin du processus. Dans une déclaration, Énergie NB dit demeurer déterminée à collaborer avec les organismes de réglementation, les communautés autochtones, les parties prenantes et les résidents afin de veiller au respect des conditions d’approbation et de maintenir la transparence à mesure que le projet progresse.
Déception et colère dans le camp des opposants
Il est impossible de récupérer la pollution qui est rejetée dans l’air, dit Terry Jones, voisine immédiate de la future centrale et l’une des organisatrices du groupe Stop the Tantramar Gas Plant. Mme Jones redoute des impacts dévastateurs pour sa communauté.
Les 45 conditions ne font rien pour apaiser non plus Jean-Philippe Sapinski, professeur en études de l'environnement à l'Université de Moncton et membre de la Coalition pour la protection de l'isthme de Chignecto, le groupe citoyen qui conteste en justice le projet de centrale au gaz.

Jean Philippe Sapinski, professeur en études de l'environnement à l'Université de Moncton. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En fait, c'est très faible comme conditions. On s'engage pour la plupart à respecter les lois qui existent déjà, lance M. Sapinski.
Le gouvernement provincial ne croit plus aux changements climatiques, assène pour sa part Beverly Gingras, directrice générale du Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick.

Beverly Gingras, directrice générale du Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté/Beverly Gingras
Mme Gingras se dit extrêmement déçue, mais pas surprise, par la décision. Elle voit mal comment le projet peut être réconciliable avec l’atteinte des objectifs climatiques de la province. Ce projet ne fera que contribuer aux émissions, ce qui ne fera qu’exacerber les impacts des changements climatiques que l’on observe déjà dans la province, déplore-t-elle.
Elle assure que le Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick n'entend pas baisser les bras et qu’il continuera de défendre les alternatives renouvelables à ce projet aux côtés de la Coalition pour la protection de l’isthme de Chignecto.
Dans une déclaration, ProEnergy souligne le passage d’une nouvelle étape et remercie tous ceux qui y ont participé.
Mais l’entreprise refuse d’accorder des entrevues avant d’avoir obtenu tous les permis et toutes les autorisations.


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