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L’Î.-P.-É. amorce une saison des feux sous haute surveillance

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Le dimanche 15 mars marque le début de la saison des feux de forêt à l'Île-du-Prince-Édouard et la prudence est déjà de mise. Des restrictions de brûlage seront en vigueur jusqu’au 15 novembre.

Aucun permis n'est requis pour allumer des feux de camp récréatifs. La province exhorte cependant les gens à vérifier et à respecter les restrictions municipales.

Aucun permis n'est nécessaire non plus pour le brûlage de broussailles. Les feux ne peuvent néanmoins être allumés qu'après 14 h et doivent être éteints avant 8 h le lendemain matin.

En revanche, pour les brûlages extérieurs de plus grande envergure, les usagers doivent obtenir un permis auprès de la province.

Mike Montigny, directeur des services provinciaux de lutte contre les incendies, explique que les recommandations de la province évolueront en fonction des conditions météorologiques.

Les cartes des restrictions de brûlage et de l'indice de risque d'incendie seront régulièrement actualisées sur le site Internet de la province.

Dès que la neige fond, au printemps, des feux de forêt intenses peuvent se déclarer rapidement et devenir incontrôlables.

Il n'y a pas beaucoup d'humidité dans la cime des arbres. Les conditions peuvent s’assécher très rapidement, poursuit ce responsable.

Hiver sec et nappes phréatiques au plus bas

Cette menace est exacerbée par un hiver particulièrement sec, selon Don Jardine, chercheur sur le climat et professeur à l’Université de l'Île-du-Prince-Édouard.

Les précipitations, que ce soit sous forme de neige ou de pluie, ont été inférieures aux normales durant tout l'hiver dans presque toute la province, constate-t-il.

Seule la partie centrale de l'île a reçu sa quantité normale de précipitations en janvier.

Ce scientifique s'inquiète également d'un niveau historiquement bas des eaux souterraines, en particulier dans l’ouest de l’île.

Bien qu'une grande quantité de neige ait fondu, elle n'a pas pu s'infiltrer pour recharger les nappes phréatiques, car le sol était encore gelé. L'eau a simplement ruisselé en surface vers la rivière la plus proche, explique Don Jardine.

Don Jardine pose pour la photo.

« La tendance des précipitations était jusqu'à présent en dessous de la normale », observe Don Jardine. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Wayne Thibodeau

À cause du gros déficit des nappes souterraines, il prévoit une diminution considérable de l’humidité du sol.

Cela laisse présager une saison particulièrement sèche, à moins que nous n'ayons de fortes précipitations au printemps.

Pour l’instant, Environnement Canada ne peut pas prédire si les pluies printanières suffiront à combler le manque de neige de cet hiver.

Miser sur Intelli-feu

Devant cette incertitude, Mike Montigny réitère l'importance de la prévention et invite les citoyens à la plus grande vigilance.

Les gens, autour de leurs maisons et de leurs communautés, peuvent faire beaucoup pour aider. Mais ça commence par la sensibilisation, la compréhension de ce qu'est un feu de forêt, dit-il.

Un homme est assis devant son ordinateur.

Mike Montigny explique que son équipe élabore des plans de résilience aux feux de forêt avec les municipalités. (Photo d'archives)

Photo : Zoom

Mike Montigny évoque notamment l’initiative nationale d’atténuation Intelli-feu, qui renseigne les citoyens et les municipalités sur les mesures concrètes à prendre – par exemple le nettoyage de la végétation et des débris inflammables autour des propriétés – pour réduire les risques des feux de forêt.

Parallèlement à ces efforts de sensibilisation, le travail de terrain s'intensifie déjà dans la région Évangéline, où les 33 pompiers volontaires de Wellington préparent activement la nouvelle saison.

Préparatifs à la caserne de Wellington

On commence à vérifier et à préparer les camions et les équipements. On s'assure que tout marche bien, qu’il n’y a pas de réparations à faire ou de matériel à remplacer, raconte Desmond Arsenault, porte-parole de la caserne.

D'ici quelques semaines, des experts provinciaux formeront les pompiers volontaires aux différentes techniques d'intervention pour combattre les incendies. Et à partir de l’an prochain, la caserne de Wellington participera au programme Intelli-feu.

C’est important qu’on soit impliqués pour passer le mot aux gens d'être plus prudents et de préparer leurs maisons pour qu’elles soient sécuritaires, souligne Desmond Arsenault.

Desmond Arsenault en entrevue devant un camion de pompiers.

« Il y a toujours le risque d’incendie avec les arbres qui sont tombés durant le dernier ouragan, Fiona », rappelle Desmond Arsenault, pompier volontaire à Wellington. (Photo d'archives)

Photo : CBC / John Robertson

Cet Acadien garde en mémoire les deux incendies majeurs sur lesquels il a dû intervenir avec ses collègues à l’été 2025. L’un s’est déclaré dans un champ, l’autre dans la décharge de Wellington.

C’était des journées chaudes avec des vents élevés. Les feux s’en allaient vers la forêt, c'était très difficile à contrôler, mais on a été chanceux, on a réussi à contrôler les flammes, se souvient-il.

Avec l'intégration de nouvelles casernes comme celle de Wellington au programme Intelli-feu, la province espère bâtir une culture de prévention plus forte pour faire face à des saisons de plus en plus imprévisibles.

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