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« La lutte c'est un jeu, puis je m'amuse avec le jeu tout de suite ». Koen Poirier a raison de s’amuser. Le lutteur de Bathurst au Nouveau-Brunswick s’apprête à représenter le Canada au Championnat du monde de lutte des moins de 23 ans, qui débute vendredi à Las Vegas. Et il se permet de rêver aux Jeux olympiques de 2028.
J'essaie toujours juste de devenir meilleur, puis les résultats vont suivre, lâche Koen Poirier après un entraînement particulièrement difficile dans le gymnase Lady Beaverbrook de Fredericton.
C'est ma dernière pratique intense avant que je commence à relaxer un peu, donner à mon corps le repos qu'il a besoin pour être prêt pour la compétition, explique l’Acadien de 22 ans, qui participera également au Championnat du monde senior à Astana au Kazakhstan à la fin du mois.

Koen Poirier s'entraîne avec UNB, où il entreprend sa cinquième année.
Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault
Koen Poirier a connu une année assez formidable qui a surpris le monde de la lutte canadienne. En mars, il a remporté une médaille de bronze avec les Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick aux championnats universitaires canadiens, une première pour UNB depuis 2017.
Il a ensuite été sacré champion canadien M23 chez les moins de 86 kilos à la fin juin. Et le même weekend, Koen Poirier a remporté le titre senior chez les moins de 92 kilos lors des sélections nationales, un peu à la surprise générale. Ce sont ces deux victoires qui lui ont donné ses billets pour les Mondiaux.

Koen Poirier après un combat lors des sélections nationales.
Photo : Lutte Canada / Stephen Leithwood
Mais qu’est-ce qui explique cette ascension fulgurante? Un changement de catégorie de poids et de style de lutte, mais surtout un changement dans sa façon d’aborder son sport.
J'ai décidé de bâtir du muscle, puis j'ai monté de quatre catégories de poids. J'ai changé un petit peu mon style de lutte, j'ai changé mon alimentation, j'ai changé mon entraînement. J'ai décidé de ne pas prendre la lutte aussi tant au sérieux, que ce n’est pas mort ou vie, pas juste des défaites ou des victoires, philosophe le membre du club de lutte des Black Bears de Fredericton.
Je pensais que ça allait prendre deux ans pour être habitué au nouveau style. Je n’avais aucune attente dans la saison, mais j'ai tout réussi plus que je voulais, avoue le lutteur à la chevelure teint en blond, un autre changement.
Lutter plus librement
Koen Poirier fait de la lutte depuis une dizaine d'années. Il s’est particulièrement démarqué au niveau scolaire avec l’École secondaire Nepisiguit. Dès ses débuts, il s’était fixé l’objectif de devenir champion canadien, mais sans succès.
J'étais toujours 4e, 3e. Puis, quand j'ai décidé "je m'en fous si je gagne ou je perds, je vais amener ma meilleure performance", ça, c'est quand j'ai capturé les deux championnats. Ça m'a laissé lutter plus librement avec pas de stress dans mon cerveau.

Koen Poirier a remporté les sélections nationales chez les moins de 92 kilos en juin dernier.
Photo : Lutte Canada / Stephen Leithwood
Mais ses titres canadiens l'ont laissé sur sa faim.
Ce n’est pas comme je m’attendais, comme la vie continue. [...] Ça se peut que demain je puisse plus lutter, donc c'est de prendre un jour à la fois, dit simplement Koen Poirier.
C’est avec cette vision qu’il s’amènera à Las Vegas et à Astana, où il fera face aux meilleurs lutteurs au monde, des athlètes qu’il ne connait pas trop bien.
Mes attentes sont toujours pareilles : c'est juste de devenir meilleur. Il y a toujours une autre compétition qui t’attend après.

Koen Poirier a remporté la couronne canadienne des moins de 23 ans chez les moins de 86 kilos en juin.
Photo : Lutte Canada / Stephen Leithwood
Cette prochaine compétition pourrait être les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles, un objectif qu’il comptait atteindre beaucoup plus tard dans sa carrière.
Je pensais toujours 2032, mais j'ai eu plus de succès vite que je pensais, donc ce serait 2028. Ce serait nice, puis je me retirerais après ça. Faut se retirer quand on est on top!


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