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À quelques jours de l’élection du prochain chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick (PCNB), un politologue note que le ton des deux candidats envers les francophones contraste avec l’époque de l’ancien chef Blaine Higgs.
Don Monahan et Daniel Allain sont les deux candidats à la chefferie du PCNB. Cet été, les deux hommes ont croisé le fer lors de deux débats, et ils ont rencontré des membres aux quatre coins de la province. Samedi, l'un d'entre eux sera élu à la tête du parti.
Le professeur de science politique à l’Université de Moncton, Gabriel Arsenault, estime que les deux progressistes-conservateurs ont une approche bien différente de celle de leur prédécesseur à l'endroit des francophones.
Il y a un changement clair. Ni chez Daniel Allain ni chez Don Monahan, on ne retrouve le ton acrimonieux, à l’endroit des francophones, qu’on retrouvait chez Blaine Higgs. Higgs a été remarquablement impopulaire chez les francophones, fait valoir M. Arsenault.

Daniel Allain (à gauche) et Don Monahan (à droite) ont échangé en français ainsi qu'en anglais lors du débat bilingue qui a eu lieu à Saint-Léonard en juillet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
L’ancien chef du PCNB, Blaine Higgs, a été premier ministre du Nouveau-Brunswick de 2018 à 2024. Il a subi une cuisante défaite en octobre 2024.
Gabriel Arsenault attribue, en bonne partie, cette défaite à l'absence d’appuis francophones.
[En 2024], le critère de la langue était capable de prédire, très bien, les résultats électoraux. Une circonscription qui se retrouvait avec seulement 25 % de francophones était presque garantie d’élire un libéral ou un vert, explique l’expert.

Le parti de Blaine Higgs a subi sa plus importante défaite depuis 1995 lors des élections provinciales du Nouveau-Brunswick du 21 octobre 2024. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
M. Arsenault rappelle toutefois que les francophones ont, par le passé, été bien plus favorables au PCNB.
Il y a eu une très forte division linguistique du vote [sous Blaine Higgs], une division qui n’a pas toujours eu lieu. À certaines années, sous [les anciens chefs progressistes-conservateurs] Bernard Lord et Richard Bennett Hatfield, on n’observait aucune division linguistique, fait-il valoir.
J’ai l’impression qu’avec Don Monahan, ou à plus forte raison avec Daniel Allain, on retrouve une atténuation, à tout le moins, de cette division linguistique électorale.
Alors que Blaine Higgs ne parlait pas français, Don Monahan et Daniel Allain sont tous deux bilingues.
Le fait que Higgs soit unilingue anglophone a contribué [à sa défaite]. Richard Bennett Hatfield était unilingue anglophone aussi et il a quand même été capable d’obtenir un appui chez les francophones. Il y a une question de langue, mais d’attitude, surtout. Higgs, tant dans son discours que dans ses actions, s’est montré assez hostile aux francophones, lance-t-il.

L'auteur et professeure de science politique de l'Université de Moncton, Gabriel Arsenault. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gilles Landry
Rallier les francophones au PCNB
Le politologue présente certaines nuances concernant les deux candidats, en ce qui a trait à leur capacité de rallier les francophones.
Don Monahan compte, parmi ses appuis, Blaine Higgs et Kris Austin, qui ont une très mauvaise réputation chez les francophones. Je crois que Don Monahan serait capable de rallier les francophones jusqu’à une certaine mesure, mais probablement moins efficacement que Daniel Allain, indique-t-il.
Daniel Allain, candidat d’expérience
S’il est élu, Daniel Allain croit que son expérience politique lui permettra de rallier le nord francophone et les zones urbaines à sa cause, des régions que sa formation politique cherche à conquérir.
Je me présente, car je veux voir un Parti progressiste-conservateur qui va écouter. On va prendre les décisions pour les gens. On va avoir une plateforme où tous les Néo-Brunswickois pourront se voir dans cette plateforme.

Dans cette course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Daniel Allain incarne le politicien de carrière. Il a été le premier à se lancer dans la course en octobre 2025.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Pour ce faire, il veut s’assurer de rebâtir les associations du PCNB dans chacune des 49 circonscriptions provinciales.
Pour améliorer le parti, toutes les circonscriptions du Nouveau-Brunswick sont importantes. On va s’organiser, on va aller trouver des membres. Dans ma campagne, j’ai des gens de partout dans la province. Les circonscriptions francophones sont certainement sorties, on a sorti beaucoup de membres, atteste M. Allain.
Don Monahan, candidat du changement
Cette semaine, l’équipe du candidat Don Monahan n’a pas répondu aux demandes d’entrevues de Radio-Canada, afin de dresser un bilan de la campagne des derniers mois.
Mais en juillet dernier, M. Monahan se définissait comme le candidat d’un souffle nouveau, un vent de changement qu’il estime nécessaire pour convaincre davantage d’électeurs.
Il croit pouvoir rebâtir la confiance des Néo-Brunswickois envers son parti, puisqu’il n’a pas fait une carrière en politique.

Originaire de Petitcodiac, cet ancien militaire, homme d'affaires et conseiller municipal (à Mascouche au Québec) est revenu au Nouveau-Brunswick en 2019. Don Monahan a été élu pour la première fois aux élections générales de 2024 dans Arcadia-Butternut Valley-Maple Hills. Il est aujourd'hui porte-parole de l’opposition en matière de finances.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Unir les forces progressistes-conservatrices
L’identité du nouveau chef sera dévoilée samedi en fin d’après-midi, à Fredericton.
D’après le chef par intérim du PCNB, Glen Savoie, environ 5600 membres étaient éligibles pour sélectionner le prochain chef.
C’est vraiment excitant parce que ça nous dit qu’il y a beaucoup de gens qui ont une opinion et qui veulent que notre parti soit une vraie option pour les gens de notre province, dans les prochaines élections, lance-t-il.

Le chef de l'opposition officielle du Nouveau-Brunswick, Glen Savoie, est également le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach
M. Savoie a bon espoir que le parti va demeurer uni après l'élection de son nouveau chef. Si l’on n’est pas unis, on ne peut pas défaire les libéraux lors des prochaines élections, ajoute-t-il.
Mais d’après Gabriel Arsenault, le vrai défi du prochain chef du PCNB sera de se distancer des années de Blaine Higgs, tout en se préparant à faire face aux libéraux.
Le prochain chef devra clarifier en quoi il se distingue du gouvernement Higgs. Il devra aussi clarifier en quoi, le parti renouvelé, se distingue clairement du gouvernement de Susan Holt, conclut le politologue.


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