Une mobilisation s'est tenue devant la mairie de Moncontour (Côtes d'Armor) après la démission, quelques jours après son élection, du maire, victime d'actes de vandalisme. Des "tags" à son domicile et des "rayures sur son véhicule personnel" ont notamment été notées.
Olivier Pellan, élu dès le premier tour des municipales, a présenté sa démission après des "tags" à son domicile et des "rayures sur son véhicule personnel", a précisé à l'AFP la 1ère adjointe au maire Julie Gaudin.
Les tags portaient les inscriptions "30.000" et "maire OGEC" pour Organisme de gestion de l'enseignement catholique, en référence à une subvention à une école privée actée, selon Mme Gaudin, "depuis 30 ans".
Cette subvention, qui suscite le "mécontentement d'un groupe d'habitants depuis X années", n'avait pas été au cœur du débat au cours de la campagne électorale, a ajouté l'élue de cette commune d'environ 730 habitants.
"C'est triste d'en arriver là"
"C'est triste d'en arriver là", a déploré Mme Gaudin. Une mobilisation s'est tenue ce lundi soir devant la mairie de Moncontour. Face à cette situation, habitants et élus ont voulu afficher leur soutien dans ce qu'ils considèrent comme une atteinte grave à la fonction d'élu.
Jeudi, un appel à témoin avait été lancé sur cette même page Facebook après "un nouvel acte de vandalisme" visant la voiture de l'édile sur le parking de la mairie. "De tels agissements sont intolérables", concluait ce message.
Un rassemblement marqué par l'émotion
Ce soir, plusieurs centaines d’habitants et une cinquantaine d'élus, maires et députés venus de tout le département se sont réunis pour entourer l'ancien maire, sa femme et leur fils.
Dans une atmosphère lourde, les visages sont fermés, les yeux parfois rougis. À la tribune, la première adjointe Julie Gaudin prend la parole pour dénoncer une situation qu'elle juge inacceptable : "Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, nous sommes réunis aujourd'hui dans des circonstances graves."
Elle poursuit : "La démission de notre maire, Olivier Pelland, provoquée par des actes de vandalisme inacceptables, n'est pas seulement un événement local. C'est une atteinte directe à ce que nous avons de plus précieux, notre démocratie."
"S'en prendre à un élu, c'est viser une fonction"
Dans son discours, l'élue insiste sur la portée symbolique de ces actes. "Car s’en prendre à un élu, ce n'est pas seulement viser une personne, c'est viser une fonction", souligne-t-elle.
Un message appuyé par l'ensemble des participants, venus nombreux pour exprimer leur indignation. "Rien ne justifie que l'on dégrade, que l'on menace, que l'on intimide. Rien ne justifie que l'on pousse un élu à renoncer à son engagement", martèle Julie Gaudin.
Dans l'assemblée, le sentiment est partagé. Jamais cette cité de caractère d'environ 730 habitants n'avait connu une telle tension, même lors de la récente campagne municipale pourtant jugée calme et constructive.
Deux plaintes déposées
Le maire a déposé deux plaintes, d'après la préfecture des Côtes d'Armor, qui a précisé que sa démission avait été acceptée par le préfet.
L'Association des maires de France des Côtes d'Armor a exprimé dans un communiqué son "indignation", réclamant "une réponse répressive systématique et exemplaire".
La liste sur laquelle Olivier Pellan figurait en seconde position a remporté 53,19% des suffrages au premier tour des élections municipales, devant la liste de la maire sortante Anne-Gaud Millorit.


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