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ainsi que du procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy. Ville de Nantes
Le préfet de Loire-Atlantique sonne la «mobilisation maximale» des services pour endiguer les violences liées au narcotrafic, alors que la maire socialiste doit naviguer entre les lignes rouges de ses alliés écologistes en évitant toute «naïveté».
Passer la publicité Passer la publicitéPrintemps de plomb dans la cité des ducs. En moins d’un mois, trois personnes ont été tuées sur fond de guerre de territoire entre narcotrafiquants. Le 28 avril, un homme de 18 ans est tué d’une balle en pleine tête. Le 14 mai, un adolescent de 15 ans est emporté dans une fusillade. Enfin, le 26 mai, un individu âgé de 20 ans est abattu à son tour, dans le cadre d’un règlement de comptes. Une fréquence inédite à Nantes, où le dernier décès lié à un coup de feu remontait à 2023. Et un sujet d’embarras pour Johanna Rolland, la maire socialiste réélue de justesse en mars, en dépit d’un programme fantomatique en matière de sécurité.
Mercredi, l’édile a ainsi passé la majeure partie de la journée à prendre le pouls de la situation, en réunion de crise. La préfecture a sonné la «mobilisation maximale». Elle se traduit par le renforcement des opérations de police, l’intensification des mesures d’entraves administratives et judiciaires, ainsi que par l’installation de caméras et diverses actions d’aménagements urbains, tels que l’amélioration de l’éclairage public. Johanna Rolland a, enfin, pris la parole auprès de la presse locale pour assurer le service après-vente de l’action publique. «Il ne faut se limiter ni à une forme de naïveté consistant à penser que seule l’activation des enjeux d’éducation suffirait, ni à une démarche exclusivement sécuritaire. On a besoin des deux», a-t-elle affirmé à nos confrères de Presse Océan .
Les Verts contre «Big Brother»
Johanna Rolland poursuit un subtil numéro d’équilibriste. Contre les procès en angélisme que lui impute la droite, la numéro 2 du Parti socialiste se défend régulièrement de rester les bras croisés face aux faits divers qui secouent la sixième ville de France. Ses deux premiers mandats ont été marqués par un doublement des effectifs de la police municipale, la création d’une unité métropolitaine des transports en commun (UMTC) ou encore l’arrivée des premières caméras de vidéoprotection - désormais au nombre de 420, réparties sur les onze quartiers de la ville. Mais depuis, l’élue semble avoir revu ses ambitions à la baisse. Pour son troisième mandat, elle s’est simplement engagée à «renforcer» la police municipale et l’UMTC, sans objectif d’effectifs ni de calendrier. Un nouveau commissariat devrait voir le jour dans un quartier encore indéterminé. Le mot «caméra» n’apparaît d’ailleurs pas dans le nouveau programme de Johanna Rolland. Sur le plan symbolique, enfin, le portefeuille de la sécurité est passé des mains de l’ex-bras droit de la maire à celui… du huitième adjoint.
À Nantes, l’opposition de droite et du centre veut y voir l’emprise croissante des élus écologistes, dont le groupe s’est joint dès le premier tour des municipales à la liste de la socialiste. Historiquement hostiles à l’essor des caméras en ville - qu’ils comparent à l’arrivée d’un “Big Brother” à la nantaise - les écologistes locaux défendent les auteurs d’actes de vandalisme visant le projet du futur centre de rétention soutenu par la préfecture. Ils refusent également un éventuel armement de la police municipale. Cette «ligne rouge» reste un des piliers du pacte noué entre Johanna Rolland et les Verts nantais - et ce, malgré la conversion, en 2025, du maire socialiste de Saint-Nazaire, David Samzun. «Je ne suis pas dogmatique, je suis pragmatique», a assumé l’élu du port industriel.
Entre alliés verts et lignes rouges, Johanna Rolland cherche ainsi ses propres marges de manœuvre pour lutter contre le narcotrafic - un fléau qui «gangrène» tout le pays, rappelle-t-elle. «Nous devons mener deux combats avec la même intensité. Le premier, le démantèlement des trafics, la fermeté républicaine, c’est impératif, et le deuxième, la bataille de la prévention», résume l’édile sur France 3. Des renforts policiers sont déjà en cours de déploiement. L’installation de nouvelles caméras est également sur les rails, avec un total de 12 appareils prévus dans le quartier de Port Boyer - qui semble ne pas en avoir disposé jusqu’à présent. Trop peu, trop tard, pour la droite, qui s’est indignée de «l’idéologie laxiste» de Johanna Rolland et du «sérieux retard» pris dans la guerre contre le narcotrafic. Le groupe écologiste, lui, brille depuis plus d’un mois par son silence, guère inspiré par la séquence la plus meurtrière de l’histoire nantaise récente.


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