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ARTS. C’était soir d’inauguration, hier, en fin de journée. La murale « Phénix habité», de l’artiste Danaé Brissonnet, figure sur le mur adjacent à l’Espace Mandeville. Petits et grands étaient sur place pour ce lancement.
Entamée il y a un mois, l’immense murale colorée enjolive maintenant la rue Dorion. Danaé Brissonnet, souriante et lumineuse, y a intégré ses rencontres ainsi que ses recherches sur la ville et sur l’organisme La Piaule.
En effet, elle savait d’avance que le dessin soumis à l’appel de candidatures allait changer à travers la création ; dépendamment des rencontres, la murale était appelée à se transformer.
L’image principale est celle d’un phénix, véritable maison transportée par un pèlerin. «C’est un hymne à la vie nomade, à la vie qui doit toujours se refaire, décrit-elle. Je connecte beaucoup avec ça, parce que ça fait 14 ans que je voyage, que je n’ai pas d’habitat non plus».
Cette année, par exemple, Danaé Brissonnet est allée au Sénégal, en Côte d’Ivoire, à Puerto Rico, en Guadeloupe, en France et en Allemagne.
Près du phénix, on peut voir un grand pissenlit à l’état de boule blanche parsemée d’akènes qui commencent à s’envoler. «Le pissenlit, c’est l’immigration aussi, ce sont les akènes qui vont aller partout. Puis le pissenlit est très robuste, et est magnifique quand tu le vois en grand». En regardant bien, surprise : chaque petit akène qui se disperse, est en fait un petit humain.
Un fil de soie vient alimenter une machine à coudre qui coud la rivière. «Ça, c’est parce que Drummondville était auparavant la capitale de la soie. À l’intérieur, j’ai fait de petits clins d’œil à la poutine et au Village québécois d’antan, et à la musique pour l’Espace Mandeville».
Des expériences humaines transformatrices
Danaé Brissonnet s’est laissé porter par les rencontres qu’elle a faites. Entre autres, elle a pu participer à une soirée autour d’un feu. «À La Piaule, les travailleurs sociaux emmènent les femmes faire des feux de femmes. J’y ai été invitée, j’étais avec plein de citoyennes non logées. On était ensemble et puis on s’est toutes ouvertes sur nos réalités. Ça m’a vraiment inspirée. C’est pour ça qu’il y a deux petites dames avec les fleurs qui s’ouvrent tranquillement, comme quand on s’ouvre et se confie». Sur la murale, un soleil tire sur un autre soleil, pour venir alimenter ce «feu de femmes».
Murale participative
Le bas de la murale est l’œuvre collective de plus de 200 personnes venues peindre avec l’artiste lors des cinq fins de semaine participatives.
Pour elle, la dimension collective est très importante. Elle trouve que la réalisation d’une murale est très solitaire. Faire appel à la collectivité est nécessaire pour elle. «Tout le monde sait peindre, tout le monde a du talent. Je vais juste vous montrer comment faire et vous allez faire mieux que moi. Il y a toujours eu ça dans ma pratique. J’ai toujours eu des gens qui m’ont aidée dans mes murales, des jeunes. J’ai toujours été la mentore des gens». La transmission de savoirs est ce qu’elle préfère dans la réalisation de murales.
D’ailleurs, elle veut de plus en plus partager ses connaissances. Voilà pourquoi elle travaille davantage avec des enfants et avec des ONG où elle peut enseigner son savoir.
Rendre l’art accessible
Après les quelques discours d’usage, les personnes présentes ont pu profiter d’un spectacle de marionnettes à taille humaine. Celle qui a toujours voulu être scénographe voulait ainsi «faire vivre la murale en 3D», a expliqué la muraliste.
«Cette œuvre transformera profondément le paysage urbain, elle attirera le regard, suscitant la curiosité et nous invitera à voir notre milieu autrement, a déclaré Jean-Philippe Tessier, conseiller municipal délégué aux arts et à la culture. La murale témoigne de la volonté de la Ville de rendre l’art accessible, vivant, pleinement présent dans des espaces que nous fréquentons quotidiennement.»
Soulignons enfin que l’appel de candidatures lancé pour ce projet a généré 37 candidatures, dont «plusieurs propositions d’une qualité exceptionnelle», selon le conseiller municipal.


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