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Devant la commission d’enquête sur les conséquences des accords du Touquet, le ministre de la Justice, auditionné en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, a vertement critiqué la gestion de l’immigration outre-Manche.
Passer la publicité Passer la publicitéL’actuel ministre de la Justice n’a pas mâché ses mots, jeudi 28 mai, devant la commission d’enquête sur les conséquences des accords du Touquet. Auditionné en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur (de 2020 à 2024), Gérald Darmanin a étrillé la stratégie britannique en matière de lutte contre l’immigration irrégulière dans la Manche, dénonçant une coopération défaillante, des «méthodes de pays extrêmement hostiles» et «l’incroyable hypocrisie» de la société britannique sur ce sujet.
Évoquant la coopération franco-britannique durant son mandat place Beauvau, Gérald Darmanin a insisté sur un déséquilibre dans les relations : «On a mis trois ans à obtenir qu’il y ait enfin une coopération judiciaire», a rappelé l’ancien ministre, qui a dit douter encore aujourd’hui de son caractère réellement effectif. Il a également reproché à Londres de ne pas respecter pleinement la souveraineté française : «La grande demande du ministre de l’Intérieur britannique, quel que soit le ministre français, c’est : “Nous voulons des patrouilles communes sur le territoire français”. Nous nous sommes toujours refusés à ça.»
Lors de cette audition, l’ancien ministre de l’Intérieur a raconté des «moments de fâcherie diplomatique extrêmement avancée» avec Londres. «Ils ne respectaient pas notre souveraineté et utilisaient des méthodes de pays extrêmement hostiles pour savoir si vraiment nous appliquions, si vraiment nous améliorions des choses», a-t-il affirmé, évoquant sans les détailler des échanges couverts par le secret-défense.
Une «incroyable hypocrisie»
L’actuel ministre de la Justice s’est longuement attardé sur ce qu’il a décrit comme les contradictions du système britannique. «Le deuxième point que je voudrais souligner dans la difficulté avec nos amis britanniques, c’est l’incroyable hypocrisie de la société britannique au sens économique du terme», a lâché Gérald Darmanin. Il a dénoncé entre autres le faible nombre d’expulsions au Royaume-Uni. «La Grande-Bretagne est dans une situation où il y a sans doute plus d’un million d’immigrés irréguliers (…) et, par ailleurs, vous n’avez que 5000 expulsions par an», a-t-il avancé, en comparant avec la France qui, selon lui, «expulse le plus de personnes en Europe». Pour lui, ce différentiel envoie un signal très clair aux candidats à l’exil outre-Manche.
«Quand vous êtes en Grande-Bretagne, non seulement vous rejoignez votre famille, mais par ailleurs, vous êtes certain qu’on n’arrivera pas à vous expulser», résume-t-il, y voyant l’un des moteurs des traversées.
À voir aussi | Retrouvez l’intégrale de l’audition de Gérald Darmanin et Bruno Retailleau sur les conséquences des accords du Touquet
Enfin, Gérald Darmanin a mis directement en cause les promesses faites aux Britanniques lors du référendum sur le Brexit. «Il faut que les Britanniques acceptent une idée simple : le Brexit, ça ne marche pas sur l’immigration», juge-t-il. Selon lui, les dirigeants qui ont promis une baisse massive des flux migratoires en sortant de l’Union européenne ont installé une pression politique permanente sur les gouvernements successifs. «Un pays qui a repris sa souveraineté entièrement, qui a appliqué le Brexit, a plus d’immigrés légaux et illégaux qu’avant. Quels que soient les gouvernements», affirme l’ex-ministre, estimant que seule une coopération avec l’Union européenne peut produire des résultats.


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