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La gouverneure du Maine, Janet Mills, estime que la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada est irrationnelle et nuit aux économies des deux pays. Une situation qui n'est pas conséquences sur la relation entre les francophones de part et d'autre de la frontière de son État.
L'élue démocrate s’adresse, à nouveau, directement aux Canadiens pour les convaincre que le Maine n'est pas en guerre avec son voisin au nord de la frontière.
Son message, dit-elle, vise à prendre ses distances de la guerre commerciale lancée par Washington.
Cette guerre que le président [Donald Trump] a menée, et qu’il continue de mener contre le Canada, n’est pas notre guerre. Le Maine n’est pas en guerre contre le Nouveau-Brunswick, le Québec ni contre aucune autre région du Canada, fait-elle valoir.

Le pont reliant la ville d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, l'État du Maine. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Allie Chouinard
Selon elle, les tarifs douaniers ont fait grimper le coût de la vie dans son État et les industries de la forêt et du tourisme ont particulièrement souffert de cette guerre commerciale.
La situation, craint-elle, pourrait compromettre les relations entre le Maine et le Canada, notamment celle qu'entretiennent depuis de nombreuses années les francophones qui vivent de part et d'autre de la frontière de son État.
Nous avons une longue frontière que nous partageons avec le Québec et le Nouveau-Brunswick. Environ le quart de la population du Maine est [d'origine] francophone. Des [francophones du Canada] sont venus ici pour s’établir. Nous avons des liens familiaux, explique Mme Mills.

Plusieurs des électeurs de la circonscription d'Edmundston-Vallée-des-Rivières, représentée par Jean-Claude D'Amours, ont de la famille dans l'État du Maine. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le ministre des Affaires intergouvernementales du Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D’Amours, dit comprendre les craintes de la gouverneure. Sa circonscription est située tout près de la frontière américaine.
Depuis très longtemps, les Néo-Brunswickois ont une relation étroite avec le Maine. Je suis député de la région d’Edmundston. Vous comprendrez que c’est très près. Les gens qui vivent d’un côté de la frontière ou de l’autre, souvent, même c’est des cousins, des oncles ou des tantes. C’est une réalité familiale extrêmement proche, indique-t-il.
Le directeur des Archives acadiennes de l'Université du Maine, à Fort Kent, Patrick Lacroix, confirme que l’histoire du Nouveau-Brunswick, du Québec et du Maine est intimement liée en raison d'épisodes migratoires survenus au cours de l'histoire, notamment après le Grand Dérangement et au 20e siècle.
Il y a aussi une histoire commune au niveau des Acadiens qui s’établissent dans le nord du Maine dès 1785 de façon permanente et qui établissent des communautés qui sont vraiment à cheval sur ce qui deviendra éventuellement la frontière, donc dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, de la région d’Edmundston en allant vers Saint-Léonard, et ici entre Fort Kent et Van Buren, illustre-t-il.

La communauté acadienne est encore présente dans Ville de Fort Kent, dans l'État du Maine. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michel Nogue
Aujourd’hui, bien que ces communautés francophones et acadiennes soient vieillissantes, elles demeurent dynamiques, dit M. Lacroix.
Dans le nord du Maine, en raison d’un certain contact avec le Québec et le Nouveau-Brunswick, on a pu préserver la langue française et la culture francophone. Aujourd’hui, on a une culture acadienne qui est vibrante. On a des drapeaux acadiens partout, ajoute-t-il.
Moins de déplacements aux États-Unis
Depuis le début de la guerre tarifaire, Patrick Lacroix dit constater que les Canadiens sont toutefois bien moins nombreux à traverser la frontière afin de se rendre dans les communautés francophones du Maine.

L'industrie du homard au Maine et au Nouveau-Brunswick est étroitement liée, selon Mme Mills.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Selon la province du Nouveau-Brunswick, 500 Néo-Brunswickois risquent de perdre leur emploi en raison de la dernière série de tarifs imposés par les Américains, une réalité qui pourrait bien empirer les relations entre les communautés le long de la frontière, dit Jean-Claude D'Amour.
La situation de la guerre tarifaire n’aide pas aux relations. Il faut trouver des solutions pour s’assurer de remettre une situation positive. On va continuer d’être présents pour nos entreprises et les travailleurs, ajoute le ministre.
Les choses auraient bien pu être bien pires si Ottawa n'avait pas renoncé à certains contre-tarifs sur les produits de la mer qui proviennent des États-Unis, dit Janet Mills.
L'industrie du homard au Maine et au Nouveau-Brunswick est étroitement liée et elle espère que cette relation d'affaires va demeurer.
Avec des informations de Sam Farley, de CBC


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