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Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Espagne, au Venezuela ou encore en Turquie pour la Journée internationale des droits des femmes et contre la guerre en Iran, un rendez-vous marqué en France par la présence dans le cortège parisien de Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences de genre.
En Espagne, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Grenade, Bilbao et Saint-Sébastien.
Parfois, notamment dans la capitale, deux marches féministes distinctes ont été organisées, du fait de divergences sur les droits des personnes transgenres et sur la légalisation ou la régularisation de la prostitution.
« Les problèmes les plus urgents à résoudre sont l’égalité salariale, le harcèlement et, dans mon pays, la violence sexiste, car on tue les femmes parce qu’elles sont des femmes », a déclaré à l’AFP Alexa Rubio, Mexicaine de 30 ans installée en Espagne.
La deuxième vice-présidente du gouvernement espagnol, Yolanda Díaz, a appelé les féministes à « aller plus loin » contre la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sánchez, a pour sa part publié un message sur les réseaux sociaux, évoquant implicitement la progression électorale de l’extrême droite.
« Nous le disons haut et fort : nous ne laisserons pas la haine remplacer les droits et nous ne normaliserons pas l’inégalité », a-t-il écrit.
Au Venezuela, des centaines d’activistes et de proches de prisonnières politiques ont manifesté à Caracas pour exiger une amnistie sans exclusions.
Adoptée il y a deux semaines par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, après la capture de Nicolás Maduro par les Etats-Unis, la loi d’amnistie a permis la libération de plusieurs détenus, mais beaucoup restent emprisonnés.
Selon l’ONG Foro Penal, environ 526 personnes, dont 56 femmes, sont encore détenues pour des raisons politiques.
À Istanbul, des milliers de femmes ont défilé malgré une interdiction de manifester. Le rassemblement s’est déroulé sans incident malgré une forte présence policière, selon des correspondants de l’AFP.
La foule compacte a envahi les rues du quartier de Cihangir. Certaines participantes portaient des ombrelles décorées de guirlandes lumineuses, tandis que d’autres agitaient une mer de banderoles colorées avec des slogans comme « Jin, jiyan, azadî ! » (en kurde « Femmes, vie, liberté »), « Les féminicides sont politiques ! » ou encore « Ma saison préférée est la chute du patriarcat ».
« On ne lâchera rien ! »
En France, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans tout le pays pour défendre les droits des femmes, que les associations estiment menacés par la montée du conservatisme.
À Paris, Gisèle Pelicot — victime de viols commis par des dizaines d’hommes recrutés par son ex-mari — et sa fille Caroline Darian ont rejoint la Fondation des femmes au moment où le cortège s’élançait en début d’après-midi.
« On ne lâchera rien ! », a lancé Gisèle Pelicot, acclamée par la foule. « Je suis extrêmement honorée d’être ici en présence de ma maman, qui envoie un vrai message d’espoir à toutes les victimes de France », a assuré Caroline Darian.
Environ 200 000 personnes ont manifesté en France, dont 130 000 à Paris, selon le syndicat CGT. La police a-elle compté 32 000 manifestants dans la capitale, 73 300 dans tout le pays.
Alice, 39 ans, venue avec ses enfants, voulait leur « expliquer » que c’est « important d’exprimer ce qu’on pense », qu’« en France, on est chanceuses, ce n’est pas le cas partout », a-t-elle dit à l’AFP.
Le collectif organisateur, Grève féministe, avait donné rendez-vous dans 150 lieux en France.
Dans le cortège lillois — où 3 300 personnes ont défilé selon la police, plus de 5 000 selon les organisateurs — Jeanne Delplanque, 20 ans, étudiante et victime de violences conjugales, avait « à cœur » de manifester pour porter « la voix de toutes les femmes qui n’ont plus la leur » ou « n’ont pas trouvé le courage d’en parler », a-t-elle dit à l’AFP.
« Gisèle PéliQueen », « Not all men but a lot quand même », clamaient des pancartes dans la manifestation toulousaine, organisée dans la matinée.
Grève féministe veut exprimer sa « solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent les guerres parce qu’elles en sont les premières victimes », a déclaré à l’AFP Alexandra Nougarede (FSU), non loin de manifestants arborant des drapeaux palestiniens ou libanais.
« Danger » de l’extrême droite
Sur « X », le président Emmanuel Macron a adressé un message « d’admiration aux femmes iraniennes. Leur courage force le respect et rappelle au monde entier que la liberté ne peut jamais être empêchée », a-t-il écrit.
Les manifestants venaient par ailleurs alerter sur le « danger » représenté selon eux par l’extrême droite, à l’approche des élections municipales, pointant un récent recul des droits des femmes dans le monde, notamment aux Etats-Unis.
« Nous sommes en alerte », a indiqué Sarah Durocher, du Planning familial, qui observe en France « des difficultés d’accès à l’avortement sur le terrain ».
À Lyon, 9 600 personnes ont manifesté, selon la préfecture, encadrées par un important dispositif policier après la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale battu à mort le 12 février dans cette ville.
« Le féminisme d’extrême droite n’existe pas », pouvait-on lire sur une pancarte, en référence au groupuscule identitaire Némésis, accusé par les associations féministes « d’instrumentaliser » la lutte féministe à « des fins racistes ».
De son côté, Némésis a réuni quelque 300 personnes dans l’ouest de Paris, dont Marion Maréchal et Thierry Mariani, candidat RN aux municipales parisiennes.
À Paris, un petit cortège « féministe, antifasciste, antisioniste et antiraciste » a démarré à part, à l’appel notamment des collectifs #Noustoutes et Urgence Palestine, criant notamment « Gaza, l’Iran, Venezuela, non la guerre ne libère pas », avant de rejoindre le début du parcours officiel.
À Stalingrad, quelques dizaines de membres du collectif « Nous vivrons », qui lutte contre l’antisémitisme, se sont aussi rassemblés sans se mêler aux autres manifestants, a constaté l’AFP.
Une vingtaine de militantes Femen ont-elles mené une action à la mi-journée devant la pyramide du Louvre pour dénoncer « l’impunité, la criminalité et le déni total » des personnes impliquées dans l’affaire Epstein.
Dans tous les cortèges, l’émancipation économique des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs, davantage à temps partiel, était aussi en tête des revendications.
En Espagne, des milliers de personnes ont manifesté également dimanche pour défendre les droits des femmes mais aussi réclamer la fin de la guerre au Moyen-Orient à l’occasion de cette Journée internationale des droits des femmes.


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