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FIGAROVOX/CHRONIQUE - Les accords conclus entre le PS et La France insoumise dans certaines villes ont illustré la faillite morale de la gauche et l’ont menée à des résultats mitigés, analyse l’avocat et essayiste.
Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il a publié récemment Vol au-dessus d’un nid de cocus (Fayard, 2025). Il est également président d’Avocats sans frontières.
J’ai écrit dans ma précédente chronique que la digue avait sauté. J’avais raison au-delà de toute désespérance. Je fondais notamment ma déploration sur les listes de candidats de La France insoumise ou de certains écologistes comprenant impunément des antisémites déchaînés. Nous n’en étions plus depuis longtemps à la détestation d’Israël, mais du peuple abhorré. Mélenchon, ouvertement antisémite, avait poursuivi tranquillement ses provocations. Je constatais amèrement un silence médiatique assourdissant.
Mais cette semaine, un palier supplémentaire a été franchi sans rencontrer de résistances particulières chez ces résistants professionnels autoproclamés, sans modestie excessive, que sont la presse de gauche et le monde intellectuel et artistique. Ce palier était fait de deux matériaux aussi grossiers que grotesques. Le premier fut constitué par la capitulation morale en rase campagne électorale du Parti socialiste. Après qu’Olivier Faure a assuré le dimanche soir avec solennité qu’il n’y aurait aucun accord national avec un parti désormais antisémite et infréquentable, l’on découvrait le lundi matin de très nombreux accords « techniques ». La ficelle était tellement grosse qu’elle rompit tout de suite.
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Un ancien président de la République socialiste entonna également le Chant des partisans. Las, l’on découvrit peu après qu’il avait à bas bruit donné sa bénédiction, dans son fief, à cette alliance. Durant la semaine écoulée, j’ai montré sur X, sans grande aménité, je le confesse, les condamnations solennelles pour antisémitisme des candidats socialistes prononcées sans appel contre leurs concurrents insoumis. Las, ils se soumirent pitoyablement le lundi. J’eus un mot méchant pour celui de Toulouse en déplorant qu’il n’ait pas plutôt candidaté à Laval.
Dans la réalité, force est de constater que si les socialistes ont vendu leurs âmes pour quelques municipalités, leur esprit avait depuis longtemps capitulé. C’est ainsi, par exemple, que je mets au défi de trouver une nuance entre Olivier Faure et un insoumis sur la question gazaouie. Sur le plan idéologique, le béton de la digue était déjà profondément désarmé : j’avais attiré la semaine dernière l’attention de mes lecteurs sur le communiqué d’excuses aux insoumis, aussi hallucinant qu’halluciné, de ce compagnon de route incarné par la Ligue des droits de l’homme, qui regrettait d’avoir parlé «sur le coup de l’émotion» trop vertement à ses camarades rouges. Certes, les propos de Mélenchon fleuraient l’antisémitisme, mais, à la réflexion, il ne fallait pas confondre le chef de meute et son paisible troupeau. Il est vrai que l’on ne saurait mêler sans fauter dans une même réprobation Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants Thomas Portes, Rima Hassan ou Ersilia Soudais. Sans oublier le camarade disparu Raphaël Arnault.
Un autre palier a été franchi par le chef des insoumis dans une insupportable apathie. Ainsi, pour monsieur Mélenchon, le Blanc est « moche »
Dieu qu’il est loin, le temps de la Jeune Garde et des assassins de Quentin. Je recommande également la lecture édifiante de la tribune d’Omar Youssef Souleimane dans Le Figaro, qui suggère que le parti de l’ancien trotskiste de toujours a pratiqué chez les socialistes la bonne et vieille technique du noyautage, également en vigueur chez les Frères musulmans. Ce qui n’a rien de bien surprenant. Dans mon indignation non dissimulée pour cette France non indignée, j’allais oublier le parti à la peine, faussement écologiste mais authentiquement gauchiste, de Marine Tondelier. Convenons que celui-ci a fait moins de manières. Il n’est pas dit, cependant, qu’il n’en paiera pas le prix.
Un autre palier a été franchi par le chef des insoumis dans une insupportable apathie. Ainsi, pour monsieur Mélenchon, le Blanc est « moche ». Mais pas n’importe quel Blanc : le vieux Français de la France rance, celui de l’ancien pays. Je cite ci-après cette harangue digne d’une harengère : «il a bien fallu un jour qu’un ou une se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blanc tout moche que vous êtes».
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Du racisme anti-Blanc à l’état pur, en adéquation avec son antisémitisme désormais implicitement assumé, mais nié officiellement avec perversité, dont j’avais montré il y a vingt ans dans Réflexions sur la question blanche qu’il était désormais insécable du racisme anti-Blanc pour cause de détestation de l’Occident. Mon imagination est impuissante à décrire la violence des réactions non seulement morales et intellectuelles, mais également physiques si, par hypothèse invraisemblable, un dirigeant de droite avait suggéré que les Noirs étaient laids. La France aurait été littéralement mise à feu et à sang. Et ici ? L’indifférence et le néant. Silence dans les rangs. Pas d’éditoriaux dans la presse antiraciste. Pas de pétitions d’artistes antiracistes vétilleux dans Le Monde ou Libération. Pas de moqueries pour les insoumis chez les humoristes au sens inique de l’odieux visuel public. Rien. Pour expliquer cette indifférence ignominieusement coupable, je dois évidemment brandir mon privilège rouge. Mais il y a aussi le masochisme blanc.
À ce stade de tragique déréliction, j’hésite presque à montrer la dernière braise de Mélenchon dans laquelle, dans son discours très applaudi de Lille, il apporte son soutien à la République islamique des mollahs : « L’Iran se bat ! L’Iran est en état de légitime défense ».
Ce lundi 23 mars 2026, je prends date : au regard des résultats électoraux, il est clair que le parti antisémite n’a pas fait l’objet du rejet massif qu’aurait dû entraîner sa purulence morale. La trahison éthique des partis socialiste et écologiste et la complaisance impardonnable des milieux artistiques, intellectuels et médiatiques expliquent la résilience des forces du Mal. Si rien n’est fait pour arrêter cette éducation à la haine sans freins d’une partie d’une jeunesse perméable par essence et d’une population immigrée en progression irrésistible, chauffée à blanc contre les Blancs, juifs ou non, nous courons inexorablement vers la guerre civile et raciale. Voilà, c’est écrit.


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