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TRIBUNE - À l’occasion des 250 ans de l’indépendance américaine, le maître de conférences s’appuie sur la pensée de l’historien François Furet pour éclairer les divergences profondes entre les deux grandes révolutions fondatrices du monde moderne.
Laurent Frémont est maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.
Treize années séparent la Déclaration d’indépendance du serment du Jeu de paume, et l’on est tenté d’y voir un même mouvement des Lumières passant d’une rive de l’Atlantique à l’autre. La parenté s’arrête aux mots. Sous un vocabulaire commun, les deux pays ont fait des révolutions contraires : l’Amérique a fondé une république, la France a inventé la Révolution.
François Furet passa sa vie à dissiper ce malentendu, contre une historiographie qui rangeait 1789 dans la lutte des classes et tenait la Terreur pour un produit des circonstances. L’Amérique, à ses yeux, avait réussi parce qu’elle demandait peu de choses, un gouvernement libre, tandis que la France, résolue à refaire l’homme, portait la Terreur dans son programme.
Les insurgés de Boston se lèvent en défenseurs de leur passé : sujets anglais, ils réclament contre Londres le consentement à l’impôt et l’habeas…


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