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GRAND ENTRETIEN - L’enseignante de lettres en classes préparatoires publie L’École des illettrés (Albin Michel), dans lequel elle décrit l’effondrement du niveau des élèves à la sortie du lycée. Elle débat du constat et des solutions pour redresser l’école avec l’auteur de Main basse sur l’Éducation nationale, qui vient de paraître en poche dans une version augmentée et actualisée .
LE FIGARO. - Dans vos livres respectifs, vous parlez de la passion pour l’école et l’enseignement. Qu’a représenté l’école pour vous deux ?
Madeleine DE JESSEY. - Mon parcours a mal débuté : en CP, mon institutrice m’a fait vivre un enfer et affirmait à mes parents qu’ils devraient me déscolariser en troisième tant j’étais « limitée intellectuellement ». J’ai ensuite eu la chance de reprendre confiance auprès de professeurs stricts mais aimants, qui avaient un réel souci du beau, de la méthode et de la précision. Ils savaient choisir des textes inspirants, qui nous élevaient l’âme. Sans eux, je n’aurais jamais intégré l’École normale supérieure.
Joachim LE FLOCH-IMAD. - Ma mère étant la seule d’une famille de 10 enfants à avoir eu le baccalauréat et mon père n’ayant pas le français pour langue maternelle, je n’étais pas destiné à intégrer une grande école parisienne. Mes parents m’ont inculqué le goût de l’effort, mais l’émancipation sociale et intellectuelle que j’ai connue…


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