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FIGAROVOX/TRIBUNE - À l’initiative du sénateur de l’Isère Damien Michallet, les élus LR de la chambre haute dénoncent l’inactivité du gouvernement face aux menaces cyber. Selon eux, les pouvoirs publics doivent se coordonner pour ériger un cadre réglementaire exigeant.
Le gouvernement ne peut plus considérer la cybersécurité comme une affaire d’experts ou comme une simple question de conformité réglementaire. Les événements récents nous le rappellent avec force : la cybersécurité est d’abord une affaire régalienne.
Si elle constitue un enjeu de souveraineté et de sécurité nationale, elle est avant tout une exigence de protection de nos concitoyens. Or, ceux-ci voient progressivement s’éroder leur confiance dans la capacité de nos administrations à protéger leurs données et, plus largement, leur vie numérique.
Les faits sont édifiants : la France est aujourd’hui le deuxième pays au monde et le premier en Europe en nombre de comptes compromis par des fuites de données. Aucun secteur n’est épargné : santé, défense, finances, télécommunications, énergie, services publics... Au premier semestre 2026, 43,4 millions de comptes français auraient ainsi été touchés. Derrière ces chiffres, ce sont des entreprises, des collectivités, des hôpitaux, des administrations et des millions de Français qui sont exposés.
Le Sénat a récemment rappelé, par la voix de Damien Michallet, l’urgence de bâtir une véritable souveraineté numérique française et européenne, reposant sur une gouvernance claire. Le piratage des données de près de 12 millions de Français détenues par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), attribué à un adolescent de 15 ans, illustre de manière saisissante notre vulnérabilité.
Se limiter à vérifier que les organisations respectent leurs obligations ne peut pas suffire. S’excuser publiquement ne saurait constituer une réponse acceptable.
Nos infrastructures essentielles, des cibles stratégiques que l’on espérait protégées, sont devenues accessibles avec une facilité déconcertante, et nos services publics ne sont même plus en capacité de détecter les attaques dont ils font l’objet. Les cyberattaques ne cherchent plus seulement à perturber ou à mettre à l’arrêt nos services : elles ciblent désormais nos données, nos capacités économiques et nos institutions. Plus inquiétant encore : ce sont les attaquants eux-mêmes qui rendent publiques les compromissions et informent les Français des fuites de données...
La situation est telle que même les géants de la Tech alertent au niveau mondial sur l’arrivée dans les prochains mois de cyberattaques beaucoup plus répandues et sophistiquées, dopées à l’IA, et appellent chaque organisation à faire de la cyberdéfense une priorité. Ces piratages à répétition sont une atteinte insupportable à la souveraineté et à la crédibilité de l’action publique.
Face à ces constats, comment pouvons-nous encore demander aux Français d’avoir confiance dans la numérisation de leurs services publics ? Comment les convaincre de continuer à transmettre leurs données les plus sensibles à l’ensemble des administrations et services publics ? Comment demander aux entreprises de s’engager dans la généralisation de la facturation électronique si l’administration est incapable de garantir un niveau de sécurité à la hauteur des enjeux ? La France ne pourra réussir sa transformation numérique que si elle repose d’abord sur une condition essentielle : la confiance. Et cette confiance ne se décrète pas. Elle s’acquiert par des actes forts, et cela doit être une volonté de l’État !
Se limiter à vérifier que les organisations respectent leurs obligations ne peut pas suffire. S’excuser publiquement ne saurait constituer une réponse acceptable. Pas davantage que chercher à se défausser de ses responsabilités : au sein du gouvernement la responsabilité est collective et doit être pleinement assumée.
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Le gouvernement dispose pourtant de toutes les cartes en main pour faire face à cette menace. Notre pays est l’un des leaders mondiaux en matière de cybersécurité et a construit, au fil des années, un écosystème particulièrement solide. Autour de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), de Cybermalveillance.gouv.fr, de la plateforme Cyber 17 et de nombreux acteurs publics et privés, nous disposons de compétences, d’expertises et de savoir-faire reconnus. Chaque jour, des attaques extrêmement sophistiquées sont détectées, contenues ou déjouées. Mais ces forces ne peuvent pleinement produire leurs effets que si elles s’inscrivent dans une stratégie claire, portée au plus haut niveau de l’État et capable de coordonner l’ensemble de l’écosystème. C’est précisément ce qui fait encore défaut.
Il faut regarder vers l’avenir, et porter collectivement la cybersécurité au rang de politique stratégique prioritaire de la nation. Cette ambition doit désormais se traduire par des décisions concrètes. D’abord un pilotage clair et coordonné. La stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, annoncée par le gouvernement le 19 janvier dernier, constitue une première étape, mais celle-ci peine à se déployer. Le gouvernement doit passer des annonces à l’exécution.
Notre groupe alerte depuis plusieurs années sur l’urgence d’une coordination nationale renforcée en matière de cybersécurité et sur la nécessité de définir enfin au sein du gouvernement un portage politique clair de ces sujets essentiels. Cela devra évidemment passer par la réorganisation des services cyber avec des moyens dédiés et des objectifs précis.
Cette stratégie passe ensuite par un cadre réglementaire lisible. La directive européenne NIS2, qui renforce les obligations de cybersécurité de milliers d’entités essentielles dans des secteurs comme la santé, l’énergie, les transports ou les infrastructures numériques, n’est toujours pas transposée en droit français. Ce texte a pourtant été adopté par le Sénat en mars 2025, examiné par la commission compétente de l’Assemblée nationale en septembre 2025, mais depuis, rien... Malgré un retard de transposition de 23 mois, le gouvernement refuse l’inscription de ce projet de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. La Commission européenne a, elle, perdu patience : face à l’inaction française, elle a engagé une procédure pour défaut de transposition, allant jusqu’à saisir la Cour de justice de l’Union européenne. Au-delà du contentieux, c’est la crédibilité de la France en matière de cybersécurité et dans les négociations européennes qui est en jeu.
Le gouvernement doit s’engager à inscrire le texte à l’Assemblée nationale pour transposer la directive. Maintenant. La même vigilance doit prévaloir face à l’intelligence artificielle. L’IA représente une formidable opportunité pour notre économie et notre société, mais elle peut également offrir aux attaquants de nouveaux moyens pour automatiser, accélérer et massifier leurs offensives. Nous devons donc anticiper ces risques plutôt que les subir.
La réglementation est nécessaire, mais elle ne peut être le seul levier de l’action. Le culte de la norme, du contrôle et de la sanction doit céder la place à une logique d’actions concrètes et d’accompagnement, qui encourage l’innovation et la création de valeur. C’est un changement de paradigme total qu’il faut engager, à la hauteur des transformations de nos sociétés.
La cybersécurité est une politique de souveraineté. Nous devons construire une véritable culture de la responsabilité cyber. La cybersécurité ne doit plus être l’affaire du seul directeur des systèmes d’information : elle doit devenir une responsabilité pleinement assumée par chaque dirigeant. État, entreprises, collectivités, citoyens : chacun a un rôle à jouer.
L’État doit montrer le chemin, les entreprises prendre leur part, les collectivités être accompagnées et l’Europe renforcer sa capacité à agir. Les hackers, eux, ne nous attendront pas. La France possède les compétences. Elle regorge de talents. Elle dispose des entreprises. Il lui faut désormais une volonté politique à la hauteur de ses capacités. Le gouvernement doit passer d’un culte de la conformité à une culture de la responsabilité. C’est maintenant qu’il faut agir.
Damien Michallet, Sénateur de l’Isère
Mathieu Darnaud, Président du Groupe Les Républicains, Sénateur de l’Ardèche
Frédérique Puissat, Vice-présidente du Groupe Les Républicains, Sénatrice de l’Isère
Pascal Allizard, Sénateur du Calvados
Jean-Claude Anglars, Sénateur de l’Aveyron
Jean Bacci, Sénateur du Var
Arnaud Bazin, Sénateur du Val-d’Oise
Bruno Belin, Sénateur de la Vienne
Nadine Bellurot, Sénatrice de l’Indre
Catherine Belrhiti, Sénatrice de Moselle
Martine Berthet, Sénatrice de Savoie
Christine Bonfanti-Dossat, Sénatrice de Lot-et-Garonne
Alexandra Borchio Fontimp, Sénatrice des Alpes-Maritimes
Valérie Boyer, Sénatrice des Bouches-du-Rhône
Max Brisson, Sénateur des Pyrénées-Atlantiques
Christian Bruyen, Sénateur de la Marne
Laurent Burgoa, Sénateur du Gard
Alain Cadec, Sénateur des Côtes-d’Armor
Christian Cambon, Sénateur du Val-de-Marne
Agnès Canayer, Sénatrice de la Seine-Maritime
Marie-Claire Carrère-Gée, Sénatrice de Paris
Anne Chain-Larché, Sénatrice de la Seine-et-Marne
Patrick Chaize, Sénateur de l’Ain
Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne
Marta de Cidrac, Sénatrice des Yvelines
Marie-Carole Ciuntu, Sénatrice du Val-de-Marne
Pierre Cuypers, Sénateur de la Seine-et-Marne
Marc-Philippe Daubresse, Sénateur du Nord
Patricia Demas, Sénatrice des Alpes-Maritimes
Chantal Deseyne, Sénatrice l’Eure-et-Loir
Sabine Drexler, Sénatrice du Haut-Rhin
Catherine Dumas, Sénatrice de Paris
Françoise Dumont, Sénatrice du Var
Jacqueline Eustache-Brinio, Sénatrice du Val-d’Oise
Agnès Evren, Sénatrice de Paris
Gilbert Favreau, Sénateur des Deux-Sèvres
Christophe-André Frassa, Sénateur des Français établis hors de France
Laurence Garnier, Sénatrice de la Loire-Atlantique
Béatrice Gosselin, Sénatrice de la Manche
Jacques Grosperrin, Sénateur du Doubs
Pascale Gruny, Sénatrice de l’Aisne
Corinne Imbert, Sénatrice de la Charente-Maritime
Lauriane Josende, Sénatrice des Pyrénées-Orientales
Else Joseph, Sénatrice des Ardennes
Roger Karoutchi, Sénateur des Hauts-de-Seine
Khalifé Khalifé, Sénateur de la Moselle
Christian Klinger, Sénateur du Haut-Rhin
Florence Lassarade, Sénatrice de la Gironde
Daniel Laurent, Sénateur de la Charente-Maritime
Christine Lavarde, Sénatrice des Hauts-de-Seine
Ronan Le Gleut, Sénateur des Français établis hors de France
Antoine Lefèvre, Sénateur de l’Aisne
Dominique de Legge, Sénateur de l’Ille-et-Vilaine
David Margueritte, Sénateur de la Manche
Pauline Martin, Sénatrice du Loiret
Thierry Meignen, Sénateur de la Seine-Saint-Denis
Marie Mercier, Sénatrice de la Saône-et-Loire
Brigitte Micouleau, Sénatrice de la Haute-Garonne
Philippe Mouiller, Sénateur des Deux-Sèvres
Laurence Muller-Bronn, Sénatrice du Bas-Rhin
Georges Naturel, Sénateur de la Nouvelle-Calédonie
Anne-Marie Nédélec, Sénatrice de la Haute-Marne
Louis Jean de Nicolaÿ, Sénateur de la Sarthe
Olivier Piccaud, Sénateur de l’Oise
Jean-Gérard Paumier, Sénateur de l’Indre-et-Loire
Cédric Perrin, Sénateur du Territoire de Belfort
Stéphane Piednoir, Sénateur du Maine-et-Loire
Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines
Jean-François Rapin, Sénateur du Pas-de-Calais
Hervé Reynaud, Sénateur de la Loire
Olivier Rietmann, Sénateur de la Haute-Saône
Bruno Rojouan, Sénateur de l’Allier
Jean-Luc Ruelle, Sénateur des Français établis hors de France
Hugues Saury, Sénateur du Loiret
Stéphane Sautarel, Sénateur du Cantal
Michel Savin, Sénateur de l’Isère
Elsa Schalck, Sénatrice du Bas-Rhin
Bruno Sido, Sénateur de la Haute-Marne
Jean Sol, Sénateur des Pyrénées-Orientales
Francis Szpiner, Sénateur de Paris
Sylvie Valente Le Hir, Sénatrice de l’Oise
Anne Ventalon, Sénatrice de l’Ardèche
Paul Vidal, Sénateur du Rhône
Jean-Pierre Vogel, Sénateur de la Sarthe
Jean-François Husson, Sénateur de la Meurthe-et-Moselle


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