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Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a écrit une tribune publiée le lundi 10 août dans le Journal du Dimanche. Il y déplore la gestion de l'État quant aux installations illégales.
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Par Mariane RIAUTE Publié le 11 août 2026 à 13h41
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, a écrit une tribune publiée dans le Journal du Dimanche le lundi 10 août 2026. Il y déplore « l’inertie de l’État » face aux occupations illicites de terrains en France. Dans son texte, l’édile dénonce notamment un système qu’il juge trop contraignant pour les communes, mais aussi les difficultés rencontrées par les maires pour obtenir rapidement l’expulsion des occupants et faire réparer les éventuelles dégradations. Il formule ainsi six propositions destinées à accélérer les procédures et à renforcer les moyens d’action des collectivités.
Traiter les causes plutôt que l’intitulé
« Comme chaque été, […] de nombreuses communes de France sont victimes d’occupations illégales. » Dès les premières lignes, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, donne le ton de sa tribune avec une comparaison volontairement ironique : celle d’un « mauvais feuilleton » dont les saisons s’enchaînent sans que « l’ébauche d’une chute narrative » ne puisse être vue. Une manière de dénoncer, selon lui, le caractère récurrent de ces occupations et l’absence de réponse durable à celles-ci. Le maire a d’ailleurs fait plusieurs sorties au sujet des gens du voyage ces dernières années, comme à l’été 2025 sur Actu Toulouse.
S’il précise ne pas vouloir « moquer ou mépriser » les personnes ayant choisi ce mode de vie, il critique en revanche la terminologie employée par l’administration, qui parle désormais de Citoyens français itinérants (CFI). Une manière, selon lui, de pointer une tendance très française, qui vise à se focaliser sur les intitulés plutôt que les causes des problèmes.
Un pacte républicain mis à mal
Toujours dans le JDD, Jean-Luc Moudenc estime que le traitement de cette question est « symptomatique du mal qui ronge notre pacte républicain ». Pour dérouler son propos, le maire de Toulouse use successivement des trois termes de la devise républicaine, « liberté, égalité, fraternité ». Concernant la « liberté », il estime que celle-ci ne peut pas justifier que des installations illicites dégradent des biens privés ou publics. Il associe ensuite « l’égalité » à la responsabilité de chacun à répondre de ses actes, regrettant les dommages causés sur place qui ne font pas toujours l’objet de réparations. Enfin, pour ce qui est de la « fraternité », il estime qu’elle ne justifie pas que les contribuables paient la remise en état des biens dégradés.
Les maires sont « abandonnés politiquement par l’État »
Selon lui, ces principes n’existent plus sur le terrain, les maires étant en première ligne sur ce sujet, alors même qu’ils se sentent « désarmés juridiquement et abandonnés politiquement par l’État », estime-t-il. Il dépeint un fonctionnement déséquilibré face à une administration devenue une « schématocratie ».
La paralysie des expulsions
Selon le maire de la Ville rose, cette situation trouve notamment son origine dans l’existence du Schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage (SDAHGV).
À l’échelle des départements, ce document fixe les besoins en matière d’accueil et d’habitat des gens du voyage et répartit les équipements à réaliser entre les collectivités. Il détermine également les obligations des communes et des intercommunalités en matière d’aires d’accueil et de terrains adaptés.
Selon Jean-Luc Moudenc, ce dernier impose aux intercommunalités des frais importants pour créer des équipements d’accueil. L’édile lui reproche de conditionner les possibilités d’expulsion rapide au respect des objectifs fixés aux collectivités. Des procédures qui peuvent, d’après lui, se révéler « longues et incertaines » lorsqu’une partie seulement de ces obligations est remplie. Voire sans effet, les occupants quittant parfois les lieux avant même que la décision de justice ne tombe.
Il dénonce également l’absence de prise en charge des dégradations commises, par leurs auteurs.
Six propositions mises sur la table
L’élu rappelle avoir alerté le gouvernement dès septembre 2024. Malgré cette démarche, il déplore une absence de réponse politique à la hauteur de l’enjeu.
À l’approche de l’élection présidentielle, Jean-Luc Moudenc observe toutefois un regain d’intérêt pour le sujet chez certains candidats. Il formule donc six propositions pour agir.
Voici les six mesures défendues par Jean-Luc Moudenc :
- Des mesures immédiatement exécutoires comme la saisie de véhicules ou des interdictions de séjour élargies afin de « garantir la réparation effective des dégradations, y compris environnementales » ;
- la mise en place de délais contraints encadrant la procédure judiciaire d’expulsion afin d’imposer une plus grande réactivité du juge et du préfet ;
- permettre aux communes qui disposent déjà d’une capacité d’accueil suffisante, mais que les occupants refusent d’utiliser, de recourir à une procédure d’expulsion accélérée. Et ce, même si la commune n’a pas encore rempli l’ensemble des objectifs qui lui sont fixés par le schéma départemental ;
- adapter les moyens de police et de gendarmerie à la fréquence et à l’ampleur des occupations illicites dans chaque secteur concerné ;
- donner aux intercommunalités un véritable pouvoir de décision sur le schéma départemental qu’elles financent, dans le cadre d’un co-pilotage avec l’État ;
- mettre en œuvre une politique de prévention ferme afin de limiter les grands passages « à des dimensions compatibles avec la sécurité de tous ».
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