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Le Moulin d’Auguste des Andelys (Eure) change de propriétaire. Racheté le 1er juillet 2026, la nouvelle direction assure rester dans la continuité des précédentes.
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Par Rédaction L'Impartial Publié le 24 août 2026 à 5h50
C’était inattendu : le Moulin d’Auguste aux Andelys (Eure) change de mains pour la deuxième fois en 18 mois.
Avec Les Moulins familiaux, Lionel Deloingce est désormais le nouveau propriétaire de la minoterie andelysienne depuis le 1er juillet 2026. Il assure que l’entreprise va garder la même ligne conductrice que ses prédécesseurs. « On veut garder l’histoire et les valeurs du Moulin », assure le repreneur.
Un départ précipité
Fondé en 1887, la meunerie s’était établie depuis 1953 dans la rue Dumont.
La minoterie avait déjà été vendue une première fois en février 2025. Après 22 ans à sa tête, Sébastien Dutacq avait ainsi cédé l’entreprise aux Moulins Dumée, représentée par Emmanuel Jaillant. Ce dernier y vivait et faisait jusqu’ici l’aller-retour jusqu’à l’Eure une à deux fois par semaine.
« Pour ma famille, le risque sur la route était trop grand. Il faut faire passer la vie personnelle d’abord », confie-t-il. Avec une courte période de transition d’un mois, il a laissé la place à son successeur. « Ils ont la même énergie que nous, l’avenir du Moulin (d’Auguste) est encore long ».
Un an et demi plus tard donc, Emmanuel Jaillant vend l’édifice à des acteurs plus locaux, les Moulins familiaux établis à Chars (Val-d’Oise). Créée dans le Vexin en 1903, l’entreprise familiale est toujours restée dans le même secteur.
Elle possède à l’heure actuelle cinq meuneries, chacune à moins d’une heure de route les unes des autres. L’une d’elles est normande : le Moulin Paul-Dupuis à Gournay-en-Bray (Seine-Maritime). Administrée par Lionel Deloingce depuis 2007, la minoterie des Andelys en sera donc une filiale.
Mais le Moulin d’Auguste gardera son nom actuel, « nous ne voyons pas d’intérêt à le changer », indique le patron.
Un moulin à « l’ancrage territorial fort »
Chaque moulin de la filiale a gardé sa marque et son identité au fil du temps. « Nous avons l’habitude de gérer chaque moulin selon leurs particularités », explique le meunier.
Dans le cas du Moulin d’Auguste, il soulève « l’ancrage territorial fort », et une grande proximité avec les clients. Un savoir-faire qui se marque par des farines produites de qualité et respectueuses de l’environnement.
Parmi ces farines on peut citer la bio et la fameuse Andelyse, Label Rouge (symbole de haute qualité).

L’établissement des Andelys est également connu pour son ancrage dans le Festival des pains, un groupement de meuniers qui sert d’image auprès des boulangers.
« On ne veut pas tout bouleverser », rassure Lionel Deloingce. « Nous ne voulons pas spécialement que les Moulins familiaux adhèrent à cette coopérative dans son ensemble, mais le Moulin d’Auguste n’a pas de raison d’en partir », ajoute-t-il.
« Il va bien falloir prendre le virage de l’intelligence artificielle »
Pour le moment, « on va continuer notre découverte de l’infrastructure et définir des axes de développement », détaille le gérant de l’entreprise.
Ces axes vont tourner principalement autour de l’artisanat et des nouvelles technologies : « L’artisanat, c’est dans nos compétences et dans celles de ce moulin. Mais avec les nouvelles technologies il va bien falloir s’adapter et prendre le virage de l’intelligence artificielle (IA) dans les 10 ans », argumente-t-il.
En effet, l’IA s’introduit jusque dans les productions de farine pour identifier les bons blés et aider le pilotage des moyens de production.
Le successeur de Sébastien Dutacq et d’Emmanuel Jaillant rassure : « Dans l’avenir, chaque décision qu’on devra prendre sera pesée, pour qu’elle soit la plus bénéfique à l’identité du Moulin. »
Un moulin vieillissant mais qui « marche très bien »
« Par rapport à des moulins rénovés, celui-ci est un peu vieux, mais il marche très bien. D’éventuels travaux ne sont pas urgents. C’est un peu tôt pour en envisager », expose Lionel Deloingce.
« On a eu la chance de récupérer une entreprise sur les rails, et c’est optimal », rajoute-t-il avec à l’appui d’un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros pour l’organisation andelysienne.
Un autre chiffre est parlant : celui des 6 000 tonnes de blé moulues par an. L’ancrage territorial évoqué plus tôt se traduit ainsi par un rayonnement auprès de cent boulangers.
Ce deuxième changement en un an et demi pourrait faire peur aux clients. De cette manière, la nouvelle administration a rapidement pris les devants pour les rassurer.
« Les clients l’ont parfaitement compris, ils n’ont pas à avoir peur. L’entreprise marche et on veut l’inscrire pleinement dans le paysage normand. Ils peuvent être sereins, on ne veut pas vendre dans un an », termine le nouveau responsable en plaisantant.
L’accueil réservé par les quinze salariés a été bon lui aussi. « Voir que les équipes veulent faire mieux chaque jour, et qu’ils tiennent à leur moulin, on ne demandait pas mieux », sourit le meunier.
Le départ à la retraite de la responsable administrative et financière constituera le seul vrai changement dans les équipes. Elle sera remplacée par quelqu’un issu du Moulin Paul Dupuis.
Thibault Echard
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