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”La rentrée scolaire sera chaotique, mais elle aura lieu”

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Depuis début août, les directions d'écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ne perdent pas une seconde. Difficile, d'ailleurs, de parvenir à les solliciter pour une interview tant leur charge de travail est lourde. "À quelques jours de la rentrée et avec les différentes nouveautés, les directions sont surchargées", regrette un directeur de la province de Liège, n'ayant pu répondre à nos questions. Certains ont tout de même pu se libérer quelques instants pour un entretien téléphonique.

Le passage de 20 à 22 heures de cours pour un temps plein dans le secondaire supérieur, annoncé à l'issue du conclave budgétaire d'octobre, est un casse-tête, déplorent les directions interrogées. De nombreuses zones d'ombre subsistent à l'heure de regagner les classes.

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Le casse-tête des horaires

À Jodoigne, Pierre Baudouin, le directeur de l'Institut Saint Albert, ne s'est pratiquement pas arrêté de travailler durant l'été. "Il y a une multitude de calculs à faire pour s'assurer que les professeurs puissent avoir un horaire complet, désormais à 22 heures sans perte salariale, déplore Pierre Baudouin. L'administration ne dispose même pas du logiciel permettant de faire ce calcul. Et c'est l'une des difficultés que nous rencontrons. La rentrée aura lieu, on courbe le dos, mais en coulisses, c'est le chaos. Je n'exagère pas les termes, c'est ma dixième rentrée, je sais de quoi je parle." Ce directeur dénonce des mesures inapplicables et déplore une accumulation de circulaires parfois contradictoires. "Nous en avons reçu une dizaine durant le mois de juillet."

"Ce n'est pas aussi simple que ce que le politique veut nous dire, renchérit Valérie Collin, directrice de l'Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur de Beauraing. Nous avons repris le travail le 10 août pour préparer la rentrée, car il a beaucoup de nouveautés qu'il a fallu faire atterrir."

À l'Institut Sainte-Marie de Huy, les préparatifs furent également particulièrement compliqués. "Cette rentrée est seulement ma troisième en tant que directeur, mais il est certain que c'est la plus difficile. Nous trouvons des solutions. Mais cela s'avère compliqué. C'est très énergivore et chronophage", explique le directeur de l'établissement Sébastien Cuitte.

L'accumulation des changements à mettre en œuvre et le délai pour réaliser cette adaptation pèsent sur certaines directions. "Nous devons mettre en œuvre le tronc commun, qui n'a désormais plus de sens, je me demande ce qu'on va en faire lorsqu'il faudra l'implémenter pour la 2e et la 3e secondaire", ajoute Pierre Baudouin.

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Professeurs sans heures

Conséquence du passage de 20 à 22 heures de cours, certains professeurs ne font pas leur rentrée ce lundi. L'augmentation de la charge horaire dans le degré supérieur a contraint les directions à trouver davantage d'heures pour les professeurs nommés, ce qui s'est parfois fait aux dépens de ceux qui ne le sont pas. "Malheureusement, il y avait quatre ou cinq professeurs qui n'étaient pas nommés, de bons professeurs à qui nous n'avons pas pu redonner des heures, déplore Pierre Baudouin. Toutes les écoles sont dans la même situation. Et les enseignants qui cherchent ne trouvent pas. Nous n'avons jamais reçu autant de candidatures spontanées."

Sébastien Cuitte a également dû annoncer à certains professeurs qu'il n'avait plus d'heures de cours à leur proposer pour cette année. "Ce n'est pas facile d'annoncer à des personnes qui ont un projet de vie que nous ne pouvons pas les garder." Un volet humain qui est parfois difficile à gérer pour ces directeurs d'école. "Vous devez motiver des troupes pour la rentrée, mais vous n'avez rien de positif à leur dire", regrette Pierre Baudouin.

À Beauraing, Valérie Collin s'estime heureuse de ne pas avoir dû en arriver là. "Nous avons pu trouver des heures dans le degré inférieur grâce à un grand nombre d'inscriptions en première secondaire cette année."

Si la rentrée aura bien lieu, il l'assure, Pierre Baudouin s'interroge néanmoins pour l'avenir. "Nous subissons les conséquences de l'absence de concertation de la part de la ministre", déplore-t-il.

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