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Un professeur de l'hôpital Bichat à Paris sanctionné pour des propos homophobes : le Conseil d'État annule le blâme

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Le Conseil d’État a annulé le blâme infligé à un professeur de l’hôpital Bichat pour ses propos homophobes et son comportement au bloc, estimant la sanction trop légère.

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Le professeur exerce au sein de l'hôpital Bichat à Paris.

Le professeur exerce au sein de l’hôpital Bichat à Paris. (©Illustration / MAM / actu Paris )

Par Rédaction Paris Publié le 24 août 2026 à 6h04

Le Conseil d’État a annulé, à la demande des ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé, le « blâme » infligé au professeur Alexandre Mignon, anesthésiste à l’hôpital Bichat à Paris, qui était fondé notamment sur des propos homophobes tenus sur le réseau social X en août 2023. Il estime que la sanction n’était pas suffisante au regard des faits reprochés à l’anesthésiste habitué des plateaux de télévision. 

Des propos rendus publics

Pour rappel, Alexandre Mignon – professeur des universités et anesthésiste employé par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) – avait été épinglé pour des tweets homophobes à l’encontre d’un jeune médecin anesthésiste qui avait lui-même rendu publics leurs échanges sur X.

Le professeur y fustigeait précisément les « fiottes », les « trans », les « fins de races » le gouvernement composé de « LGBT qui n’assument pas ». Il avait aussi publié des photomontages de la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau et avait aussi raillé l’ancienne secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa.

Cet habitué des plateaux de télévision avait par ailleurs été suspendu par son employeur à la suite d’accusations de « harcèlement » qu’il a contestées. Les deux ministres avaient donc saisi la juridiction disciplinaire compétente à l’égard des personnels enseignants et hospitaliers pour qu’une « sanction disciplinaire » soit prononcée à l’encontre du professeur.

Danse sur un tabouret à la fin d’une opération

Le 28 janvier 2025, cette juridiction lui avait finalement infligé un « blâme ». Mais Philippe Baptiste, placé à l’époque auprès d’Élisabeth Borne, et le bras droit de Catherine Vautrin à la Santé, Yannick Neuder, avaient formé un pourvoi devant la plus haute juridiction de l’ordre administratif français contre cette décision.

La sanction s’était précisément fondée sur le fait que le professeur Alexandre Mignon avait adopté des « propos » et un « comportement méconnaissant le code de la santé publique », qui impose de partager « ses connaissances et son expérience avec les étudiants et internes en médecine durant leur formation dans un esprit de compagnonnage, de considération et de respect mutuel ».

La « connotation sexuelle » des propos tenus par l’enseignant à une étudiante n’avait toutefois pas été considérée comme « établie ». Mais le praticien avait eu « quelques jours plus tard », et à l’égard de cette même étudiante et de plusieurs de ses camarades, des « propos et un comportement contraires à la recherche d’une conciliation ». Ses tweets d’une « particulière vulgarité et crudité » avaient aussi fondé la sanction : certains propos étaient « outrageants et à caractère homophobe », confirme le Conseil d’État dans un arrêt en date du 16 avril 2026 qui vient d’être rendu public.

L’anesthésiste se voyait également reprocher d’être « monté sur un tabouret pour danser » à la fin d’une intervention chirurgicale, le 26 avril 2023. Il aurait alors « mis un pied sur un respirateur » et fait « tomber de la poussière » sur le patient qui venait d’être opéré.

« Aucun danger » sur le patient

Mais l’instance disciplinaire avait considéré que ce n’était pas « une faute » puisque l’anesthésiste est « parfois amené à monter sur un tabouret pour regarder de l’autre côté du champ opératoire qui sépare l’équipe d’anesthésie et l’équipe chirurgicale ». Elle avait aussi retenu que « la journée de travail était chargée » et qu’elle « touchait à sa fin ». En tout état de cause, la poussière était tombée une fois « l’incision du patient […] refermée » : celui-ci n’avait donc couru « aucun danger ».

Mais « en statuant ainsi, alors qu’un tel comportement constituait en lui-même un manquement aux règles d’hygiène et de sécurité […], la juridiction disciplinaire a inexactement qualifié les faits de l’espèce », considère le Conseil d’État.

Des propos tenus hors temps de travail

L’intéressé faisait valoir pour sa part qu’il avait « tenu ces propos dans des circonstances d’inactivité exceptionnelles pour lui », qu’il s’en était « ultérieurement excusé » et qu’une « partie d’entre eux ont été rendus publics à l’initiative de leur destinataire ». Reste qu’en lui infligeant un simple « blâme », la « juridiction disciplinaire a – eu égard à la nature de ces faits, à leur gravité et aux devoirs qui s’attachent à la fonction […] – retenu une sanction hors de proportion avec les fautes commises », rétorquent les magistrats parisiens.

Alexandre Mignon ne peut au demeurant pas « utilement se prévaloir » d’une « interdiction temporaire d’exercer » pour « six mois » avec sursis que lui aurait déjà infligée en juin 2025 la chambre disciplinaire de première instance de l’ordre des médecins d’Île-de-France : il « n’établit ni même n’allègue qu’elle est devenue définitive », fait observer la Conseil d’État. Au final, le « blâme » dont il avait écopé a donc été annulé et la juridiction disciplinaire va devoir de nouveau se prononcer sur son sort.

/CB et RB (PressPepper)

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