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Les régimes à base d'avoine ont été utilisés avec un certain succès au début du XXe siècle par le médecin diabétologue allemand, Carl von Noorden, pour prendre en charge les personnes souffrant de diabète de type 2. Mais l'arrivée des médicaments antidiabétiques hypoglycémiants oraux à la fin des années 1950 a envoyé aux oubliettes ce traitement naturel à base de céréales.
Cette approche alimentaire de la maladie est-elle pour autant obsolète ? Rien n'est moins sûr, à en croire une nouvelle étude menée sur des personnes à haut risque de diabète...
Un régime remis au goût du jour
Des chercheurs de l'Université de Bonn en Allemagne se sont demandé si la consommation de flocons d'avoine pourrait bénéficier à des patients souffrant de « syndrome métabolique », un ensemble de troubles physiologiques regroupant un surpoids, une hypertension artérielle et des taux élevés de glucose et de lipides dans le sang. Cette affection est en effet connue pour augmenter de manière significative le risque de diabète de type 2.
« Nous voulions savoir comment un régime alimentaire spécial à base d'avoine affecte les patients », explique Marie-Christine Simon, la principale auteure de l'étude. Avec son équipe, elle a recruté 32 femmes et hommes souffrant de syndrome métabolique qui ont été répartis en deux groupes de manière aléatoire.
Tous à la diète !
Dans le premier groupe, 17 volontaires ont été soumis pendant deux jours, en remplacement de leur habituel régime occidental, à un régime hypocalorique (environ 50 % de leurs calories habituelles) composé quasi exclusivement de flocons d'avoine bouillis dans l'eau (porridge) ainsi que des petites quantités de fruits et de légumes.
Dans le second (groupe témoin), les 15 participants ont suivi un régime hypocalorique sans avoine, fournissant les mêmes quantités de macronutriments (glucides, lipides, protéines) que le groupe « avoine ».
Tous les participants sont ensuite revenus à leurs habitudes alimentaires et ont été suivis sur une durée de six semaines.
Les résultats, publiés dans la revue Nature Communication, montrent que l'ensemble des volontaires de l'étude ont vu leurs paramètres biologiques s'améliorer nettement, mais que ces améliorations étaient plus prononcées dans le groupe avoine.
« Le taux de cholestérol LDL [le « mauvais » cholestérol, NDLR], particulièrement nocif, a baissé de 10 % chez eux, ce qui représente une réduction substantielle, même si elle n'est pas tout à fait comparable à l'effet des médicaments modernes [statines, NLDR], commente Marie-Christine Simon. Ils ont également perdu en moyenne deux kilos et leur tension artérielle a légèrement baissé. »
Quand on cumule les facteurs de risque cardiovasculaire, deux jours de régime à base de flocons d’avoine permettraient de rétablir certains paramètres de santé, et surtout de faire baisser durablement le « mauvais » cholestérol. © hanack, Adobe Stock
Un effet médié par le microbiote intestinal
Comment expliquer ces résultats ? Pour les chercheurs, la réponse doit être cherchée du côté du microbiote. Ils ont en effet noté que la consommation de flocons d'avoine était associée à une augmentation importante de l'abondance de certaines bactéries intestinales.
On sait que ces micro-organismes jouent un rôle décisif dans la dégradation des aliments, mais aussi qu'elles peuvent libérer de l'énergie dont se servent les cellules intestinales pour mieux remplir leurs fonctions, ainsi que des métabolites bénéfiques, notamment des composés phénoliques capables de passer dans la circulation sanguine.
Des études ont par exemple montré que l'un d'entre eux, nommé acide férulique, avait un effet positif sur le métabolisme du cholestérol. Il semblerait par ailleurs que les bactéries intestinales soient capables d'éliminer un acide aminé appelé « histidine » qui, en temps normal, favorise la résistance à l’insuline, caractéristique du diabète.
Des bénéfices qui perdurent
Plus intéressant : les effets bénéfiques de l'avoine ne disparaissaient pas à l'issue du régime. Les chercheurs notent en effet que, six semaines plus tard, ceux-ci étaient encore mesurables. En revanche, la consommation régulière pendant six semaines de petites quantités d'avoine (80 grammes par jour) n'avait aucun de ces effets bénéfiques, ce qui indique que c'est seulement quand il est consommé en grandes quantités que l'avoine diminue le taux de cholestérol.
« Un régime à base d'avoine à court terme à intervalles réguliers pourrait être un moyen bien toléré de maintenir le taux de cholestérol dans la norme et de prévenir le diabète, conclut Marie-Christine Simon. La prochaine étape consistera à déterminer si un régime intensif à base d'avoine répété toutes les six semaines a réellement un effet préventif permanent. »
À tester si vous vous sentez concerné !


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