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Deux groupes d'excursion en canot du camp de vacances Camp Stephens ont été évacués plus tôt cette semaine dans le Nord-Ouest ontarien. Les organisateurs d'activités de plein air se voient contraints de s'adapter à la nouvelle réalité des incendies de forêt.
Face à la réalité constante et de plus en plus fréquente des incendies de forêt et des feux de brousse dans la région, nous savons que nous devons adopter une approche différente , explique Sara MacArthur, qui supervise plusieurs programmes du YMCA, dont le Camp Stephens.
Au cours des deux derniers jours, le camp a dû évacuer deux groupes de canot – l'un composé de garçons et l'autre de filles. Au total, une vingtaine d'adolescents âgés de 16 à 17 ans et de jeunes adultes ont été retirés de la zone en raison des feux de forêt qui ravagent le parc provincial de Wabakimi. Le personnel a été informé mercredi matin que le parc allait être évacué.
Un pourvoyeur nous a très généreusement aidés à évacuer nos groupes. Nous avons ensuite pris deux hydravions avec notre matériel et nous avons fait la navette pour les sortir de cette zone.
Les participants ont d'abord été acheminés à Sioux Lookout, avant d'être récupérés par l'équipe du camp et ramenés sains et saufs sur leur île, au Camp Stephens, juste au sud de Kenora.
Des ordres d’évacuation ont été donnés pour de nombreuses régions du Nord-Ouest de l’Ontario. En fin d’après-midi vendredi, la carte d’information sur les feux de forêt (nouvelle fenêtre) de la province recensait 165 brasiers actifs dans le Nord et le Nord-Ouest.
Sara MacArthur a précisé qu’une autre expédition de trois semaines avait dû modifier son parcours initial pour bifurquer de la rivière English vers la rivière Turtle.
L'angoisse des parents
La fille de Jennifer Magierowicz complétait la deuxième semaine d’un séjour de canot d’un mois au Camp Stephens lorsque son groupe a été évacué par les airs.
En fait, je n’étais pas si surprise que ça vu la situation. Quand on regarde les cartes qui montrent l’évolution des feux en Ontario en ce moment, c’est assez effrayant, confie la mère de famille.
C’est un peu angoissant de confier ses enfants à quelqu’un d’autre, et quand un événement aussi effrayant qu’un incendie de forêt se produit, on a vraiment tendance à paniquer.
Elle précise que le groupe de sa fille est désormais de retour sur l’eau, ayant modifié son itinéraire vers la région du lac des Bois pour terminer son périple.
Un été canadien en péril?
Jennifer Magierowicz craint toutefois qu’avec la multiplication des interdictions de faire des feux, de la fumée et du smog orangé, les générations futures ne puissent plus vivre l’été canadien typique, une expérience qui lui tient particulièrement à cœur.
Ayant grandi dans le Nord de l’Ontario, c’était pour moi une expérience importante que ma fille puisse vivre. Penser que ses propres enfants n’auront peut-être pas la même chance… C’est un peu triste quand on y réfléchit de cette façon.
Bruce Erickson, professeur agrégé au département d’environnement et de géographie de l’Université du Manitoba, abonde dans ce sens. Selon lui, les camps de vacances en plein air devront impérativement s'adapter à une réalité marquée par des feux de forêt plus fréquents, plus vastes et imprévisibles.
Il va falloir se poser toute une série de questions : jusqu’où va-t-on aller, quels itinéraires alternatifs va-t-on emprunter et quels coûts va-t-on devoir supporter pour assurer la sécurité dans ces zones ? , souligne-t-il. Il ajoute que les organisations devront repenser la logistique des excursions, les trajets de repli ainsi que les délais requis pour évacuer des participants de zones isolées.
Sara MacArthur confirme que des discussions sont déjà en cours sur l’évolution nécessaire de leurs programmes en pleine nature face aux effets directs des changements climatiques.
Bien sûr, nous mettrons tout en œuvre pour garantir la sécurité de nos participants. Un aspect essentiel de la conception de nos itinéraires consiste à prévoir des points d’accès et d’évacuation tout au long du parcours, ce à quoi nous pensons en permanence, explique-t-elle. Il s’agit donc en réalité de voir comment nous adaptons notre programme aux nouvelles réalités.
Avec les information de Gavin Axelrod et Justin Fiacconi


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