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Deux ans après la publication du rapport Don’t Look Away, la représentante pour les enfants et la protection de l’enfance de la Colombie-Britannique considère que la province « a fait d’importants progrès dans certains domaines, mais pas assez dans d’autres » et signe un nouveau rapport de suivi en protection de l’enfance, rendu public jeudi.
Le nouveau document fait état des changements apportés depuis la publication du rapport Don’t Look Away, en 2024, qui mettait en lumière les défaillances du système de protection de l’enfance de la province.
En réaction, le ministère du Développement de l’enfance et de la famille a élaboré un plan d'action pour le bien-être des enfants et des jeunes, annoncé en juin. Fruit d'une collaboration avec des ministères, des partenaires autochtones, des fournisseurs de services, des experts, entre autres, le plan prévoit notamment une coordination améliorée des services.
Le ministère a aussi mis en place un cadre de résultats qui établit une approche commune pour mesurer les progrès que fait le gouvernement notamment.
La représentante de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique, Jennifer Charlesworth, constate une amélioration, mais note qu'il y a encore du travail à faire.
Nos principales préoccupations concernent la main-d'œuvre, souligne-t-elle, il y a eu une réduction nette du nombre de travailleurs en service de protection de l’enfance, même s’il y a deux ans, nous avons dit qu’il fallait une augmentation du nombre d’effectifs pour appuyer les familles.
Un autre aspect à améliorer, d’après elle, est la prévention. Elle estime qu’il faut appuyer les familles avant que la situation devienne si critique que les services de protection doivent intervenir, notamment en matière de logement ou de sécurité alimentaire.
Elle suggère d’améliorer l'accompagnement psychologique, l'aide au logement, et le soutien en matière sécurité du revenu, enter autres. Il y a beaucoup de discussions à ce sujet, mais pas autant d'actions que nous aimerions, déplore-t-elle.
Elle estime en outre qu’il n’y a pas assez de collaboration entre les organisations et ministères impliqués en protection des enfants. Elle cite l’histoire de Colby (un pseudonyme), un garçon autochtone de 11 ans mort en 2021 et qui a été maltraité par sa famille d’accueil. Son cas a déclenché une enquête, qui a mené à la rédaction du rapport Don’t Look Away, en 2024.

Le document Don’t Look Away, publié en 2024, a mis en lumière les graves failles des services sociaux en Colombie-Britannique qui ont mené à la mort de Colby, un garçon de 11 ans maltraité par sa famille d'accueil.
Photo : Radio-Canada / Ethan Cairns
La fin tragique de Colby ne serait pas arrivée si les professionnels avaient travaillé ensemble pour appuyer la famille et le garçon. Elle explique que des travailleurs dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’enfance et de la police ont été impliqués dans son suivi, mais il n’y avait aucune réponse coordonnée.
Un système obsolète
Nous avons conçu un système de protection de l’enfance il y a des décennies, explique Mme Charlesworth. Je suis dans ce domaine depuis près de 50 ans, et c’est fondamentalement le même système avec lequel j’ai grandi il y a plusieurs années.
Nous avons un système obsolète, dit-elle. D'un point de vue autochtone, c'est sans aucun doute [un système avec] une approche très coloniale.
On constate une ingérence excessive du système de protection de l'enfance dans la vie des familles autochtones, mentionne–t-elle. Environ 68 % des enfants placés en famille d’accueil sont autochtones.
Lutter contre la discrimination, le racisme, le sexisme, l’âgisme, toutes ces choses-là ne se font pas du jour au lendemain, mais cela nécessite des actions très acharnées et persévérantes pour parvenir réellement à ce changement.
L'ancien représentant de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique, Bernard Richard, croit qu’il faut appuyer davantage les communautés autochtones.
Il souligne que le gouvernement fédéral est aussi responsable de ce soutien et considère qu’Ottawa doit développer une nouvelle législation fédérale qui donne suffisamment de ressources pour permettre aux communautés d’incorporer les pratiques historiques traditionnelles autochtones et d’impliquer les aînés dans le soin des enfants.
Avec les informations de Bismah Mughal


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