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Une femme originaire de Penticton, en Colombie-Britannique, détenue avec sa fille de 7 ans dans un centre de détention pour immigrants du Texas, évoque des conditions de détention « terrifiantes » et ainsi que les risques liés au fait d’avoir affaire avec le processus d’immigration des États-Unis.
Tania Warner et sa fille sont en détention depuis deux semaines après avoir été arrêtées à un poste frontalier américain lorsqu’elles retournaient chez elles à Kingsville, au Texas, le 14 mars. Elles revenaient alors de Raymondville, une localité proche de la frontière mexicaine.
Ce n’est pas la première fois qu’elles se faisaient contrôler dans l’un des postes intérieurs de l’United States Customs and Border Protection, le long des axes routiers majeurs proches de la frontière des États-Unis et du Mexique.
C’est vite devenu le pire jour de [leur] vie, raconte Tania Warner.
La mère et sa fille ont d’abord été détenues pendant cinq jours dans un centre situé à McAllen. Elles ont ensuite été placées dans un établissement situé à Dilley et y sont toujours.
Tania Warner évoque des conditions absolument terrifiantes dans le centre de McAllen. Ce n'est en aucun cas un endroit pour un enfant, dit-elle. McAllen est une chambre de privation sensorielle. Il n'y a pas de fenêtres, pas de lumière, on ne sait pas si c'est le jour ou la nuit.
Tania Warner explique que sa fille, qui a un trouble du spectre autistique, aurait développé une éruption cutanée à cause des produits chimiques utilisés dans le centre. Elle dit qu'elle a demandé de l'aide à plusieurs reprises, mais que ses demandes ont été ignorées.
Ce n'est qu'après avoir complètement craqué à propos de la sécurité de ma fille [...] que nous avons enfin été transférées ici, à Dilley.
Nous avons été arrêtées illégalement
Tania Warner vit aux États-Unis depuis cinq ans. Elle a fait une demande de carte verte et dit avoir reçu un document qui lui permet de rester sur le territoire pendant que son dossier est en traitement.
Jamais de la vie je n’aurais pensé que je serais interpellée et jetée en prison, dit-elle. J’ai un document officiel qui atteste que j’ai le droit d’être ici. [...] Nous avons été arrêtées illégalement.
Vicente Gonzalez, député démocrate du Texas, a déclaré que Tania Warner disposait d'un permis de travail valide et qu'elle ne devrait pas être en détention. Il réclame sa libération immédiate, ainsi que celle de sa fille.
La Britanno-Colombienne doit comparaître mardi pour une audience de mise en liberté sous caution. Elle pense que celle-ci pourrait être fixée à 10 000 $.
L’une des options qui s’offrent à Tania Warner est de quitter volontairement le pays, mais elle dit manquer de détails au sujet du processus. Elle évoque également le poids financier que cela représenterait.
Elle dit par ailleurs que sa vision des États-Unis a changé à cause de cette mésaventure. Elle conseille à ceux qui souhaiteraient immigrer dans ce pays de bien y réfléchir.
Tania Warner assure que la plupart des personnes qui sont détenues dans ces centres ne sont pas des criminels, mais des personnes qui sont coincées dans des processus d’immigration complexes.
Contactée par CBC/Radio-Canada, l’United States Customs and Border Protection a renvoyé la demande à la police fédérale de l’immigration (ICE). Cette dernière n'avait pas répondu lors de la publication de cet article.
Avec les informations de Shaurya Kshatri, de Jacqueline Gelineau et d'Akshay Kulkarni


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