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Plusieurs papillons monarques du Manitoba portent désormais une petite balise. Celle-ci permettra de suivre avec plus de précision la migration de cette espèce menacée.
Pour la première fois, le Manitoba prend part au Project Monarch Collaboration. Ce consortium de recherche en Amérique du Nord et dans les Caraïbes suit la trajectoire de papillons monarques dans le but de mieux comprendre la migration de cette espèce vers le Mexique.
Pour la première année, le Musée-nature de la prairie prévoit d’équiper 29 papillons de balises.
Nous espérons en faire plus à l’avenir, car nous ne savons pas combien d’entre eux vont survivre, précise la conservatrice au Musée-nature de la prairie, Marika Olynyk.
Les balises collées sur les papillons fonctionnent avec un système Bluetooth. Lorsque l’un d’entre eux se trouve à proximité d’un téléphone équipé de l’application Project Monarch, sa localisation s’actualise, ce qui permet de suivre sa trajectoire.
Avec un peu de chance, nous pourrons répondre à des questions sur ce qui leur nuit durant leur cycle de vie, explique Marika Olynyk.
Elle précise que les données pourraient permettre d’en apprendre plus sur les habitats qu’ils utilisent, les endroits où ils se rendent dans le paysage et ceux où ils s’arrêtent.
Si le protocole existe déjà dans d’autres provinces canadiennes, sa mise en place au Manitoba permettra de suivre d’autres trajectoires migratoires empruntées par l’espèce. La survie dans certaines parties du Canada pourrait être très différente de celle dans d’autres parties, assure Marika Olynyk.
Une espèce en danger
Le papillon monarque apparaît sur la Liste rouge des espèces en danger de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) depuis 2022 en raison des changements climatiques et de la destruction de son habitat.
En décembre 2023, le gouvernement du Canada a inscrit le monarque comme espèce en voie de disparition.
La reproduction du monarque repose sur la présence d'asclépiade, une plante dont la présence diminue au pays.

Les chenilles de monarques se nourrissent exclusivement d'asclépiade, la plante hôte de ce papillon. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Justin Dupuis
Malheureusement, nous n’avons pas vu d'inversement [de la tendance] malgré tous les efforts de conservation, explique Marika Olynyk.
Pour accroître les efforts de conservation, il est nécessaire de comprendre davantage le cycle de vie de l'espèce. Les données issues de l’ensemble des papillons équipés de balises devraient donc permettre de comprendre les barrières à leur survie dans tout le Canada et l’Amérique du Nord.
Mieux protéger le monarque
Le Canada prépare la stratégie de rétablissement du monarque, indique Paulson Des Brisay, biologiste spécialiste des espèces en danger à Environnement et Changement climatique Canada.
Pour cela, les scientifiques ont besoin d'étoffer leur connaissance de l’espèce.
Une des informations qui nous manque, c'est celle des endroits où grandissent les chenilles de monarques au Canada, précise Paulson Des Brisay.


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