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Dans la municipalité rurale de Montcalm, Paul Sabourin succède à Paul Gilmore sans opposition. Un scénario qui se répète dans la majorité des municipalités rurales bilingues du Manitoba.
Les électeurs de la municipalité rurale de Montcalm n'auront pas à choisir leur prochain préfet dans l’isoloir le 28 octobre prochain. Seul candidat en lice à la clôture des mises en candidature pour succéder au préfet sortant Paul Gilmore, le conseiller du quartier 1, Paul Sabourin, a été élu par acclamation.
Pour Paul Gilmore, cette transition s'amorce en toute confiance. Après huit ans de collaboration, il souligne que son successeur connaît très bien les grands dossiers d’infrastructure et entretient d’excellentes relations avec l'équipe municipale.
L’ancien préfet ne cache toutefois pas son attachement à la confrontation démocratique. Pour la démocratie, ça prend des élections, ça ne fait aucun doute, rappelle-t-il.
Siéger au conseil municipal, ça nous ouvre les yeux. Ce n'est pas juste pour le bien de la municipalité, c'est bien pour la personne même qui se présente parce que l’on apprend et on comprend mieux comment ça fonctionne.
En 2022, Paul Gilmore avait lui-même été reconduit sans opposition, tout comme les trois conseillers de son quartier.
Un phénomène généralisé dans les municipalités bilingues
Outre Montcalm, six autres des douze municipalités rurales bilingues du Manitoba ont vu leur préfet ou leur maire obtenir son siège par acclamation. C’est le cas à Sainte-Anne, Alexander, De Salaberry, Saint-Laurent, Ellice-Archie et Ritchot.
Seulement cinq municipalités à savoir Piney, Lorne, Grey, La Broquerie et Taché, feront l'objet d'une véritable lutte électorale à la mairie ou à la préfecture.
Pour Denys Volkov, directeur général de l’Association des municipalités du Manitoba (AMM), la proportion d'élections par acclamation varie d’un scrutin à l’autre et ne se limite pas aux zones rurales.
Si les gens sont satisfaits des personnes en poste et qu'il n'y a pas de sujets brûlants, le public est d'accord avec les candidats et il y a des acclamations, explique-t-il.
Mais s'ils ne sont pas satisfaits des candidats ou s'il y a des enjeux contestés, on a tendance à voir plus de candidats se présenter, nuance le directeur général.
M. Volkov souligne également les nouvelles pressions qui pèsent sur les élus municipaux, évoquant la montée d'un sentiment antigouvernemental et la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux, parfois amplifiée par l’intelligence artificielle.
Pourquoi si peu de candidats?
Si certains interprètent cette absence de compétition comme un indice de satisfaction de la population, l’analyste politique et ancien conseiller municipal de Calgary Brian Pincott y perçoit plutôt un signe préoccupant pour la vitalité démocratique locale.
Selon lui, la baisse de participation et le manque de candidats traduisent un sentiment de désengagement, alors que les citoyens ont l'impression que leur voix ne compte plus.
On voit que la participation est en train de baisser. Ça nous dit que les citoyens pensent que leur voix ne compte pas, indique-t-il.
Brian Pincott rappelle que le travail d’élu local, souvent exercé à temps partiel et faiblement rémunéré, demeure difficile à concilier avec une carrière professionnelle à temps plein et les obligations familiales. En milieu rural, la disponibilité exigée par les administrés est particulièrement exigeante.

Brian Pincott suggère de revaloriser la rémunération des élus ruraux ou d'augmenter le nombre de conseillers ou le soutien administratif dans les municipalités. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan
L’ambiance générale est aussi devenue plus agressive, estime-t-il, avec une hausse des attaques personnelles en ligne et pendant les assemblées publiques, ce qui décourage de nombreux citoyens de s’engager.
Les électeurs sont appelés aux urnes le 28 octobre prochain, jour du scrutin général dans l’ensemble des municipalités du Manitoba pour les postes de conseillers, de maires ou de préfets encore disputés.
L’AMM rappelle pour sa part que sa plateforme bilingue centralise les informations sur les candidats (nouvelle fenêtre) et diffusera les résultats officiels dans la soirée du 28 octobre.
Les nouveaux conseils municipaux entreront officiellement en fonction au début de novembre pour un mandat de quatre ans.


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