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Damien Ernst se livre après son entartage : "Je suis en stress post-traumatique"

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Il y a une semaine, Damien Ernst était victime d'un entartage, à l'Université de Liège, alors qu'il donnait cours à des étudiants. Une scène qui a fait le tour des réseaux sociaux et qui aura fait sourire les détracteurs du très médiatique professeur. L'action a été revendiquée par un collectif se présentant comme le "Vrai Comité (Populaire) d'Éthique de l'ULiège". Le principal intéressé n'a pas bien vécu cet événement. Il a depuis porté plainte contre ses entarteurs, et est sous certificat médical.

Vous êtes sous certificat médical depuis quelques jours. Comment allez-vous ?

Je vais rester prudent, car il y a aussi toute une démarche légale en cours, parce que je ne veux plus que ça continue. Le problème, c'est que je me fais encore pas mal insulter, même ce matin. Je ne peux plus sortir de chez moi et marcher dans la rue sans me faire arrêter. Il y a énormément de soutien, mais il y a aussi des gens d'extrême gauche qui m'insultent. Comme si j'étais la cible à abattre, ce n'est pas agréable.

Damien Ernst entarté.Damien Ernst entarté. ©D.R.

Vous pensez que cet événement est une scène violente ou un acte satirique, suite à vos positionnements politiques ?

C'était violent. Il y avait de la haine dans leurs propos. C'était vraiment haineux, et je suis sous le choc. J'ai développé du stress post-traumatique, depuis lors. Je suis sous certificat médical, sans interdiction de sortie, mais ce n'est quand même pas marrant d'être une cible comme ça, de manière tellement irrationnelle.

Parvenez-vous à xpliquer pourquoi vous êtes devenu une cible pour certains dans le débat politique en Belgique ?

Je ne sais pas. Peut-être parce que je ne rentre pas dans le dogme décroissant. Non, je ne le suis pas, même si je suis spécialiste en énergie. Je travaille sur des nouvelles technologies, de l'IA, de la recherche en IA. Je travaille avec l'industrie, je travaille pour le nucléaire. Et cela dérange. On arrive à une telle dérive que ce genre de choses suffit pour se faire agresser.

On vous considère également, dans le débat public, comme étant positionné à droite. Cela peut-il expliquer un entartage ?

Mais ça ne va pas ! Travailler avec l'industrie ne fait pas forcément de moi quelqu'un de droite. Ça ne peut pas arriver à un universitaire. Ce n'est pas ça, la démocratie. Oui, je suis membre du MR, je ne le cache pas. Mais, moi, je suis dans le débat d'idées, et je suis assez pondéré dans ce débat. J'ai même écrit un livre avec Bruno Colmant qui a sa carte du PS ! Ce qui est en train de se passer, c'est n'importe quoi. Nos sociétés sont en train d'exploser. Il y a une polarisation de plus en plus grande. Je remarque aussi cette polarisation dans les universités. Il y a eu des insultes, des dégradations de bâtiments. Maintenant, c'est de la violence. C'est très difficile. On est en train d'arriver dans une société très violente. Je pense qu'il faut vraiment favoriser les échanges, l'écoute et les débats d'idées.

Un cap a été franchi, selon vous ?

Je ne pensais pas que la violence physique était possible. Les insultes, je pense que toutes les personnes qui sont dans le débat public ou qui sont connues en reçoivent, qu'elles soient de gauche ou de droite. Dès que tu es un peu connu, tu te fais insulter. Mais le problème, c'est que ces insultes, cette violence déshumanisent les gens et préparent le terrain à la violence physique. C'est malheureux, mais c'est comme ça.

Avez-vous une idée de l'identité des personnes qui vous ont attaqué ?

Je suis en congé maladie, je ne me mêle pas de l'enquête. Des photos ont circulé sur le Web, mais c'est aux mains de la police. Je ne me mêle pas de ça. J'ai porté plainte, la justice fait son travail. Ce que je peux dire, c'est que cela reste une situation qui me fait peur pour l'avenir, parce qu'il y a beaucoup de violence dans la société. Je pense qu'on ne peut plus accepter cette violence.

Vous dites avoir reçu beaucoup de soutien depuis une semaine. De tous les bords politiques ?

Oui, bien sûr. À gauche, je pense que tout le monde m'a soutenu. Certains l'ont fait plus publiquement que d'autres. Beaucoup de mandataires PS de tout premier plan m'ont fortement soutenu. J'ai reçu énormément de soutien directement de la part des partis politiques traditionnels, et énormément de soutien à l'international aussi. Je pense que, dans beaucoup de pays, on n'a pas le niveau de violence de la Belgique. On considère qu'un tel niveau de violence envers des académiques n'est pas possible. À mon avis, la vidéo a été vue plusieurs dizaines de millions de fois. Cela a choqué. J'ai certainement reçu plus d'un millier de messages de soutien.

On entend que vous êtes touché par les événements.

Je suis très touché. Je fais de l'hypertension. C'est très dur. Il faut que je récupère, que je me soigne. Vous pouvez l'écrire : je ne sais pas si j'ai encore envie de donner cours à l'Université. Ce sont quand même des conditions très stressantes pour moi d'y revenir. C'est très stressant.

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