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Alors que le 4e Symposium canadien sur le syndrome post-COVID-19 s'est déroulé cette semaine à Vancouver, des experts et patients assurent que les soins virtuels sont essentiels pour la prise en charge de la COVID longue.
Il y a un peu plus de quatre ans, Christopher Drodza travaillait et était un athlète de haut niveau pour [son] âge. C’était sans compter une infection légère à la COVID-19 qui a engendré deux semaines plus tard une aggravation de ses symptômes.
Je n'arrivais pas à traverser la rue. J'avais le souffle coupé. J'avais l'impression que mon cerveau était en feu. Pendant environ un an, je n'ai pas pu lire, alors je lisais des bandes dessinées pour essayer de passer le temps.

Depuis plus de quatre ans, Christopher Drozda gère des symptômes de la Covid longue et explique que de nombreuses personnes atteintes ne peuvent plus sortir de leurs lits.
Photo : Radio-Canada
Après plusieurs passages aux urgences, faute de médecin de famille, et une prise en charge par la Post-COVID Recovery Clinic de la province, le couperet tombe : il est atteint de COVID longue.
Il explique que la télémédecine est un enjeu d'accessibilité, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques et de la COVID longue, d'autant plus quand elles vivent en zone rurale.

Quarante-six personnes qui ont contracté des symptômes de la COVID longue ont participé à l'exposition Vivre avec la COVID longue présentée au Musée de Vancouver fin 2025, début 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Victoria Kopiloff
Christopher Drozda, qui fait partie de Long COVID Web, un réseau de scientifiques, de cliniciens et de personnes ayant une expérience vécue de ce syndrome qui organise le symposium, avance que le peu de spécialistes du syndrome en Colombie-Britannique examine plus de 7500 patients.
Il s'agit d'une maladie qui cloue au lit de très nombreuses personnes. Autrement dit, elles ne se lèvent pas depuis des mois, voire des années, sauf peut-être pour un rendez-vous médical, si elles en sont capables, ou bien elles sont confinées chez elles, comme ce fut mon cas pendant les deux premières années. Sans télémédecine, il n'y a donc aucun soin possible.
Dans un communiqué, Long COVID Web explique que près de 15 % des personnes ayant eu la COVID-19 ont eu des symptômes à long terme, soit environ 3,5 millions de Canadiens.
C'est comparable à la prévalence du diabète dans ce pays, souffle Christopher Drozda.
Le Dr Hiten Naik, un médecin interniste de la Post-COVID Recovery Clinic, explique que le symposium est important pour partager les dernières recherches, créer des réseaux, et aussi impliquer les personnes ayant une expérience vécue et leur montrer que nous travaillons toujours à [trouver des financements] et à leur fournir les soins dont elles ont besoin.

Le Dr Hiten Naik, de la Post-COVID Recovery Clinic, dit qu’il est frustrant de voir les changements dans les soins liés à la COVID longue.
Photo : Radio-Canada
Dans cette clinique, tout se fait en ligne et les séances d'éducation de groupe sont animées par des professionnels paramédicaux, explique-t-il.
Nous recevons toujours de nouvelles demandes de consultation et il n'y a pas de liste d'attente. Les patients sont donc pris en charge rapidement après avoir été orientés vers notre clinique, assure le médecin.
Même si le nombre de nouvelles infections à la COVID-19 ou de nouveaux cas de COVID longue est en baisse, certaines personnes qui souffrent depuis des années en souffrent encore et ont toujours besoin de soutien.
En Colombie-Britannique, le nombre de cliniques spécialisées dans la COVID longue est limité.
Retour à l'emploi
Simon Décarie, professeur-chercheur à l'Université de Sherbrooke et codirecteur scientifique de Long COVID Web, conseille aux personnes qui ont la COVID-19 d’être vigilantes concernant leurs symptômes après deux semaines, un mois, deux mois, trois mois.
Aujourd'hui, on a des stratégies pour aider ces personnes-là, puis diminuer le risque que la situation de handicap persiste pendant plusieurs années.
L’un des enjeux majeurs est le retour à l’emploi de ces personnes en situation de handicap, assure-t-il, pendant que l'on continue les recherches pour trouver des médications qui sont efficaces.

46 personnes qui ont contracté des symptômes de la COVID longue ont participé à l'exposition Vivre avec la COVID longue présentée au Musée de Vancouver, fin 2025, début 2026.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu
Des prédictions de l’OCDE de l'impact socio-économique de la COVID longue sur les 10 prochaines années dans les grands pays, dit-il, estiment une perte de plusieurs milliards de dollars de productivité économique parce que les gens ont de la misère à retourner au travail.
Selon le Dr Hiten Naik, s’il est difficile d'obtenir des chiffres précis sur l'incidence ou la prévalence de la COVID longue, notamment à cause de la diminution des tests, il reste qu’il se peut que des personnes atteintes de COVID longue vivent sans même se rendre compte qu'elles présentent des symptômes caractéristiques.
Avec des informations de Janella Hamilton et de l’émission Phare-Ouest


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