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Le vote par anticipation aux élections provinciales de la Colombie-Britannique a débuté vendredi malgré l’absence d’une plateforme chiffrée du Parti conservateur.
Lors d’une mêlée de presse à la sortie du débat des chefs, mercredi dernier, Lorne Doerkson, chef du Parti conservateur, a été talonné à plusieurs reprises sur l’absence de plateforme chiffrée de son parti. Il s’était alors dit déterminé à présenter ce document avant que les électeurs n'aient l'occasion de voter.
Lors du débat, M. Doerkson avait essuyé plusieurs attaques de la part du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), David Eby, et de la cheffe des Verts, Emily Lowan, au sujet du financement de nouvelles dépenses, ou encore des économies que le parti pourrait vouloir faire.
Je vais donc vous dire que vous allez la voir très bientôt. Nous y travaillons, mais je veux que ce soit bien fait. Je veux que les calculs soient exacts, a-t-il déclaré aux journalistes quelques jours plus tard, tout en ajoutant qu’il [ne fera] aucune promesse dans ce programme électoral que le parti ne pourra pas tenir.
Pour Nicolas Schmitt, économiste et professeur émérite à l’Université Simon Fraser, l’absence d’une plateforme chiffrée et de détails est compréhensible étant donné le déclenchement soudain des élections et les remous qui ont agité le Parti conservateur.
Cependant, selon lui, cela dénote un manque d’organisation du parti et peut porter atteinte à sa crédibilité face à l’électorat et, ultimement, poser problème au parti.
Quelles hypothèses et dans quelle direction veut-il aller? On en sait en gros les grandes lignes, mais on ne sait évidemment pas les détails, et ce sont les détails qui sont les plus importants.
Je suppose qu'il y en a beaucoup comme moi qui attendent aussi ces détails avant de voter. Donc, ceux qui votent maintenant sont ceux qui ont déjà pris leur décision, ajoute-t-il.
Une question de crédibilité et de transparence
Pour lui, le parti aurait intérêt à donner cette information le plus tôt possible aux électeurs, au risque de paraître moins sérieux.
Il ajoute néanmoins que les promesses électorales du NPD, même chiffrées, peuvent manquer de crédibilité. Maintenant, reste à savoir si le Parti conservateur est un peu plus crédible ou encore moins crédible, ajoute-t-il.
De son côté, James Lawson, professeur de sciences politiques à l’Université de Victoria, a tendance à relativiser l’importance des plateformes politiques des partis.
Selon lui, le fait d’attendre à la dernière minute pour dévoiler leur plateforme peut faire partie d’une stratégie pour esquiver les attaques de la presse ou de ses opposants politiques.
M. Lawson souligne d'ailleurs qu’aux élections fédérales d’avril 2025, le Parti conservateur fédéral avait publié son programme chiffré six jours avant le scrutin du 28 avril 2025.
En outre, lors de la campagne électorale d'octobre 2024, le Parti conservateur de la Colombie-Britannique, dirigé par John Rustad, a attendu le 15 octobre 2024, soit 4 jours avant le scrutin, pour présenter son cadre financier, bien après ceux du NPD et du Parti vert.
Ce serait mieux si les partis avaient une plateforme visible, transparente. C'est évidemment mieux pour décider comment voter, dit James Lawson.


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